CHAPITRE XXIII. — LE LONG DE LA SEINE (Suite
Chape pour la procession.
Chasuble pour l’olliee.
vail, de couleur et d’harmonie.
La chape se rattache par une large agrafe dorée et émaillée.
Ces ornements sont d’une grande souplesse et d’une véritable magnificence.
L’église métropolitaine , la plus vaste de Paris, n’abrite pas ordinairement sous son immense nef un grand nombre de fidèles et cela se conçoit: dans les jouis ordinaires elle n’est que l'églis ■ d’une paroisse. Mais dans les circonstances exceptionnelles, lorsqu’il s'agit d’assister à une cérémonie nationale ou d’entendre un grand prédicateur, elle est envahie par la foule. Le père dominicain Lacordaire fait chaque année à Notre-Dame des conférences qui sont tellement suivies, qu’il est quelquefois difficile de trouver une place dans ce gigantesque vaisseau, oii se sont pressées depuis des siècles tant de générations catholiques.
Il y a une vingtaine d’années le livre de Victor Hugo, Notrr- Dame de Paris, avait mis à la mode les pèlerinages littéraires à la basilique. Les romantiques d’alors étaient conduits dans ce vaste édifice, non par un sentiment religieux, mais par une passion naissante pour le moyen âge.
On n’a pas encore oublié les enthousiasmes de parti pris et les savantes dissertations sur l'architecture ogivale. Le sommet des
Conférences du P. Lacordaire, à Notre-Dame.
tours était la dernière étape de cette sentimentale promenade à travers le passé. On planait sur Paris moderne en regrettant le Paris gothique. Nous sommes bien loin déjà de cette mode ridicule, qui heureusement n’a vécu qu’un jour, comme les vers des poètes de ce temps-là.
« Grâce aux travaux qu’on vient d’accomplir , dit un écrivain consciencieux , M. Théophile Lavallée, la vieille cathédrale , débarrassée de tous ses entours, s’élève aujourd’hui tout isolée à la pointe de la Cité, comme autrefois l’autel de Ji piter quelle a remplacé. Cependant on ne saurait affirmer que ces changements n’ont pas ôté au monument quelque chose de son caractère imposant et sévère : les vieilles églises gothiques s’accommodent mal de nos grai lles rues, de nos grandes places, de notre grand jour, et elle ne sont jamais plus majestueuses que lorsqu’on les voit pressées, serrées avec amour, par un troupeau d’humbles maisons qui semblent se fourrer sous leurs ailes.
Mais nous ne sommes plus au temps où le cloître, ceint de murailles et fermé de portes, renfeimait les écoles épiscopales et les maisons des chanoines. A la place du cloître est maintenant une rue; à la place de l’archevêché, une promenade. »