‹ Tableau de Paris (volume 2)Chapitre 173 sur 230 · CHAPITRE XXIX. — i E I ONG DE LA SEINE (Suite · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX. — i E I ONG DE LA SEINE (Suite

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Son mari fait le ménage.

Fn chemin pour le Louvre.

Comme on travaille au Louvre.

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Un talent original.

Discussion entre deux représentants de l’art au dix-neuvième siècle.

Il se nourrit d’espérances.

15 Cent. LA LIVRAISON. — 73e KT 74e Liyr.

Aux bureaux de l’Illustration, rue de Richelieu 60.

PARIS. TVP. DE FIRMIN DIPOT, 56, RCE JACOn,

20 C. par la poste,

Nous ne savons pas si l’anecdote est authentique; mais nous avons connu un jeune homme qui ob¬

Un peintre à effet.

tint, en réponse à sa demande d’un emploi dans l’administration des télégraphes, la commande d’un buste en marbre.

Il est certain que ce marchandage de copie est pratiqué non-seulement par des femmes, mais aussi par les hommes, soit parce que ceux qui ont obtenu des commandes n’ont pas assez de talent pour les exécuter, soit parce qu’ils en ont trop à faire! Ces mortels privilégiés donnent ordinairement la moitié du prix qui leur revient à un artiste mourant de faim, qui accepte toujours les conditions qu’on lui impose.

Au reste, toutes les dames peintres ne jouissent pas de copies du Gouvernement. Jülles ont d’ordinaire atteint un âge voisin de la maturité quand le Pactole budgétaire vient à couler pour elles. Mais celles qui n’ont pas de travaux en auront tôt ou tard, vous pouvez y compter.

Rien de paresseux, le plus souvent, comme ces surnuméraires féminins qui arrivent d’ordinaire chaque matin au Louvre sous le prétexte d’étudier, et qui y passent leur journée entière. Quand elles ne sont pas horriblement laides, elles trouvent assez fréquemment parmi les peintres mâles un professeur complaisant. Il n’en faut point conclure que les relations qui s’établissent alors entre les deux artistes fassent toujours naître des liaisons sentimentales ou passionnées. En général, les peintres, même les plus jeunes, éprouvent pour leurs confrères féminins une répugnance qu’entretient chez eux le culte du beau.

Il s'est glissé un autre abus dans la distribution des copies. Beaucoup de gens se sont fait copistes de profession. Quand ils exercent ce métier pour le compte d'amateurs qui les payent, nous n’avons rien à dire ; mais nous regrettons de voir l’État accorder des travaux à des artistes, sont-ce des artistes? qui ont passé l'âge de l’étude, et qui par conséquent ne peuvent, sous aucun prétexte raisonnable , avoir droit à des travaux qui, nous le répétons, doivent être considérés

existence précaire et presque toujours laborieuse, les dégoûts, les déceptions cuisantes qui marquent chacun de ses pas dans une carrière difficile, rendraient ce mode de secours utile s’il était employé avec discernement. Mais jusqu’à présent , nous devons le dire , cette influence occulte et souveraine que le sexe le plus faible trouve toujours le moyen d’exercer, alors même que les grâces féminines, ce qui est le plus ordinaire , manquent absolument , lui a fait attribuer une part importante dans la distribution de ces travaux. En outre, les femmes artistes, malgré l’incapacité notoire qui distingue la plupart d’entre elles , ont presque toujours, on ne le sait que trop , les copies largement payées. Nous nous sommes souvent demandé, sans pouvoir trouver une solution possible à ce problème, ce que le Gouvernement pouvait faire des travaux de ces dames, et à quel usage il faisait servir les grotesques peintures dont elles le gratifient.

La veuve d’un employé de province sollicitait, nous ignorons dans quel but, auprès du ministre de l'intérieur; comme ses prétentions étaient appuyées par un personnage influent, elle reçut bientôt une lettre du ministre, qui faisait droit à sa demande, en lui commandant la copie de Jésus elle z Marthe et Marie, de Paul Véronèse.

La dame n’eut pas plutôt reçu cette lettre, qu’elle courut à Paris, arriva jusqu’au ministre , auquel elle apprit l’erreur qu’il venait de commettre.

« Prenez toujours, reprit l’homme d’Ëtat.

« — Mais, monsieur le ministre, je ne sais pas peindre; je n’ai jamais touché une brosse de ma vie.

« — Prenez toujours la copie. Vous la ferez faire par un autre, en vous arrangeant de façon à en tirer bénéfice. » La solliciteuse suivit le conseil.

Fxécute les commandes.

comme des encouragements pour les jeunes talents. Les artistes ne vont pas seulement au Louvre pour y exécuter des travaux commandés par l’État. Outre ceux qui copient pour le compte des amateurs et des marchands, un grand nombre fréquentent les galeries dans le but unique et désintéressé d’y faire des études. A l’époque de l’insurrection romantique, la grande galerie présentait un spectacle curieux et pittoresque, grâce à l’anarchie des costumes de rapins. Aujourd’hui, les temps sont bien changés. Les peintres ont pris, sauf quelques exceptions, le parti sage de ressembler à tout le monde, et, si l’on rencontre çà et là des feutres pointus, ils ombragent d’ordinaire des barbes grisonnantes. Ce sont ces vieux rapins dont f la verte jeunesse florissait de 1830 à 1833.

11 n’y a plus de rapins, et M. Mauzaisse de l’Institut pourrait traverser maintenant toutes les salles du Louvre un jour d’étude, sans être exposé à entendre une voix railleuse et stridente s’écrier, comme autrefois en le voyant :

« Je veux manger de l’académicien. »

(Historique.)

Quoi qu’il en soit, le Musée du Louvre n’en demeure pas moins la meilleure école, le cours le plus éloquent qu’il soit au monde pour les beaux-arts. Si quelques-uns de scs habitués, se figurant être artistes, ne parviennent à y trouver que le ridicule, il en est d’autres qui, comprenant profondément les chefs-d’œuvre qu’ils viennent chaque jour admirer, savent y trouver les nobles inspirations qui les conduisent à la gloire. Tous nos grands peintres contemporains , et notre siècle en comptera aussi de célèbres, ont vu leur talent se développer dans cette galerie unique, et, s’ils n’ont pu égaler leurs maîtres, ils ont au moins trouvé dans l'étude de leurs chefs-d’œuvre le désir de les suivre

A besoin d’une commande.

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