‹ Tableau de Paris (volume 2)Chapitre 219 sur 230 · CHAPITRE XXXVII. — LE LONG · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVII. — LE LONG

HE LA SEINE (Suite).

> ue extérieure du palais de la Legiou d’iiouutur.

le quai, se termine par une partie demi-circulaire et deux corps de bâtiments contigus. On regrette que cette façade ne réponde ni par sa décoration ni par son élévation au reste du monument.

Ce palais, qui avait porté le nom d’hôtel de Salin jusqu’en 1802, devint le palais de la Légion d’honneur et l’habitation du grand chancelier de l’ordre, dont l’inauguration fut célébrée le 14 juillet 1802. Cette décoration dut être le prix des talents dans toutes les classes de la société et des services en tous genres rendus à l’État.

Lorsque la loi d’institution fut proposée au tribunat, plusieurs membres ne virent, dans le projet, qu’une première tentative de Bonaparte contre l’égalité sociale. Quelques citoyens refusèrent cette décoration à cause du serment exigé des récipiendaires. Un membre de l'Institut, M. Anquetil-Duperron , un juge à la Cour de cassation, crurent ne devoir point l’accepter, et, malgré la modicité de leurs fortunes, renoncèrent à leurs fonctions. Quelques autres suivirent cet exemple.

A la chute de l’Empire, le nombre des légionnaires , officiers , commandeurs, grands officiers, grands aigles, n’excédait pas 28,700.

D’après l’état des membres de la Légion d’honneur joint au budget de 1848, voici quel était le nombre des personnes décorées à l’époque du 1er janvier 1847 :

89 grands-croix, dont 7 étaient sans traitement. 221 grands officiers, dont 43 étaient sans traitement. 804 commandeurs , dont 235 étaient sans traitement. 4,531 officiers, dont 2,185 étaient sans traitement. 41,610 chevaliers , dont 25,702 étaient sans traitement.

Ensemble 50.255 membres de l’ordre, dont 22,083 étaient rétribués, et 28,172 ne l’étaient pas.

Sur les 82 grandscroix payés , 5 tou chaient le traitement de 20,000 fr., 1 touchait 15,000 fr., 35 recevaient 5,000 fr., 24 touchaient 2,000 fr., 12 touchaient 1,000 fr., et 5 ne touchaient que 250 fr., c’est-à-dire que la plupart n’étaient payés que comme grands officiers, commandeurs, officiers et chevaliers seulement.

Des 178 grands officiers, 64 touchaient 5,000 fr. , quatre-vingts 1,000 fr., et trente-trois 250 fr.

Des 2,185 officiers payés, 700 touchaient 1,000 fr. et le reste 250 francs.

Des 1 8,908 chevaliers payés, 1 recevait 1 ,500 fr. comme le plus ancien chevalier de l’ordre, et tous les autres touchaient le traitement constitutif de 250 fr.

Enfin, les légionnaires étaient portés au budget de 1848 pour la somme de 7,337,698 francs.

Ce tableau comparé à la population actuelle de la France, déduction faite des femmes et des enfants, on trouve que les 50,000 légionnaires représentent un décoré sur 350 hommes faits ou vieillards.

La maison de Saint-Denis, la maison de la rue Barbette, dépendent de la Légion d’honneur. Nous nous occuperons en leur lieu de ces établissements.

Quelques changements ont eu lieu dans 1 organisa¬

cicrs, à deux cents; celui des grands-croix, à quatrevingts. Le nombre des grands officiers, commandeurs et officiers dépassant les limites fixées , il ne sera fait momentanément, dans ces divers grades, qu’une nomination ou promotion sur deux vacances.

La décoration de la Légion d’honneur est, comme sous l’Empire, une étoile à cinq rayons doubles, surmontée d’une couronne.

Le centre de l’étoile, entouré de branches de chêne et de lauriers; présente d’un côté l’effigie de Napoléon avec cet exergue, Napoléon, empereur des Français, et de l’autre côté, l’aigle avec la devise Honneur et Patrie.

En temps de paix, pour être admis dans la Légion d’honneur , il faut avoir exercé pendant vingt ans, avec distinction, des fonctions civiles ou militaires.

Nul ne peut être admis dans la Légion d honneur qu’avec le premier grade de chevalier.

Pour être nommé à un grade supérieur, il est indispensable d’avoir passé dans le grade inférieur.

En temps de paix, comme en temps de guerre, les services extraordinaires, dans les fonctions civiles ou militaires , les sciences et les arts , peuvent dispenser

tion et la composition de l’ordre de la Légion d’hond’honneur depuis l’établissement du gouvernement actuel. Ils sont assez importants pour que nous transcrivions ici les articles saillants du nouveau décret organique de l’ordre publié en date du 16 mars 1852.

La Légion d’honneur est instituée pour récompenser les services civils et militaires.

Le Président de la République est chef souverain et grand maître de l’ordre.

La Légion d’honneur est composée de chevaliers , d’officiers, de commandeurs, de grands officiers et de grands-croix.

Les membres de l’ordre sont à vie.

Le nombre des chevaliers n’est pas limité; néanmoins, comme ce nombre est aujourd’hui trop considérable, il ne sera fait dans le civil qu’une promotion sur deux extinctions jusqu’en 1856.

Le nombre des officiers est fixé à quatre mille; celui des commandeurs, à mille; celui des grands offi-

de ces conditions, mais sous la réserve expresse de ne franchir aucun grade.

Sauf ces cas exceptionnels , il n’y aura de nominations et promotions qu’au 1er janvier et au 15 août.

Dans le mois qui précède chacune de ces époques, le grand chancelier arrêtera, en conseil de l’ordre , le tableau des vacances, et prendra les ordres du chef de l’État pour la répartition à faire entre les différents ministères.

Sur l’avis que le grand chancelier leur donnera, les ministres lui adresseront les listes des personnes qu’ils jugeront avoir mérité cette distinction.

De la réunion de ces listes, le grand chancelier formera un corps de décrets qu’il soumettra à l’approbation du chef de l’État.

Les grands-croix et les grands officiers prêtent serment entre les mains du chef de l’État, et reçoivent de lui leur décoration.

Le grand chancelier désigne, pour procéder aux

réceptions des chevaliers, officiers et commandeurs , un membre de l’ordre d’un grade au moins égal à celui du récipiendaire.

L’officier chargé de la réception d’un militaire, après avoir reçu son serment, le frappe du plat de l’épée sur chaque épaule, et , en lui remettant son brevet ainsi que sa décoration, au nom du Président de la République, lui donne l’accolade.

11 ne pourra être porté cumulativement avec l’ordre de la Légion d’honneur aucun ordre étranger, sans l’autorisation du chef de l’Etal, transmise par le grand chancelier.

Tous les officiers , sous-officiers et soldats de terre et de mer en activité de service, nommés ou promus dans l’ordre de la Légion d’honneur postérieurement au décret du 22 janvier 1 852, recevront , selon leur grade dans la Légion, l’allocation annuelle suivante : Les légionnaires, 250 fr. ; les officiers, 500 fr.; les commandeurs, 4,000 f. ; les grands officiers, 2,000 fr.; les grands-croix, 3,000 fr.

La valeur des décorations sera imputée sur la première annuité.

Les mêmes pensions sont accordés à tous les officiers de terre et de mer, membres de la Légion d’honneur, mis en retraite après le 22 janvier 1352.

La qualité de membre de la Légion d’honneur se perd par les mêmes causes que celles qui font perdre la qualité de citoyen français.

L’administration de l’ordre est confiée à un grand chancelier qui travaille directement avec le chef de l’État. Un secrétaire général, nommé par le Président de République, est attaché à la grande chancellerie ; il a la signature, en cas d’absence ou de maladie du grand chancelier, et le représente.

Un conseil de l’ordre est établi près du grand chancelier, qui le réunit tous les mois.

Le conseil de l’ordre se compose : du grand chancelier, président ; du secrétaire général, vice-president; de dix membres de l’ordre. Les membres du conseil sont nommés par le Président de laRépublique.

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