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CHAPITRE II. — ENTRE LES CHAMPS-ÉLYSÉES ET LES BOULEVARDS

Quelques mois plus tard, on éleva sur le piédestal monarchique la statue colossale de la Liberté, et la place Louis XV devint la place de la Révolution.

En 1800, un arrêté des consuls ordonna que des colonnes triomphales seraient élevées dans tous les départements de la France, et qu’une colonne nationale serait érigée à Paris, sur la place de la Révolution. La statue de la Liberté disparut donc. On éleva alors, Lucien Bonaparte étant ministre de l’intérieur, une vaste charpente, couverte d’une toile peinte représentant la colonne projetée. On voyait autour de la base de cette colonne tous les départements représentés par des figures qui se tenaient fraternellement par la main. Ni la colonne de Paris, ni celles des départements ne furent construites; seulement la place de la Révolution se métamorphosa en place de la Concorde.

Dans les premiers jours d’avril , elle reprit son premier nom de place Louis XV. La Restauration fit

construire en l’honneur du roi martyr une statue de Louis XVI , qui disparut, sans être achevée , à la révolution de 1830. Ce fut en 1830 qu’on éleva à la place de la statue de Bouchardon, de la statue de la Liberté de Lemot, de la colonne idéale du premier consul, du monument expiatoire, l’obélisque de Louqsor, que son grand âge et son caractère neutre mettront, il faut l’espérer , à l’abri des révolutions.

Le Garde-Meuble de la couronne, qui décore la partie septentrionale de la’place , et où sont aujourd’hui les bureaux du Ministère de la marine, est également l’œuvre de l’architecte Gabriel. Cet édifice, de quarante-huit toises de face , présente un corps principal , terminé à ses extrémités par deux pavillons formant avant-corps, un soubassement en bossages percé de portes aux avant-corps, et, dans le milieu , de onze arcades qui éclairent une galerie, supportant une ordonnance corinthienne, composée de douze colonnes et d’un entablement couronné par une balus¬

trade. Les deux pavillons des extrémités terminent la galerie du rez-de-chaussée et celle du premier étage, et représentent, au-dessus du soubassement, quatre colonnes corinthiennes, qui supportent des frontons dont les tympans sont ornés de bas-reliefs. Aux deux côtés de chacun de ces frontons s’élèvent des trophées.

L’autre bâtiment, placé sur la même ligne au delà de la rue Royale , est absolument semblable au premier,

« On entrait à ce monument, dit Dulaure , par l’arcade du milieu de la façade; un escalier, orné de bustes, de termes et de statues antiques, conduisait dans plusieurs salles. La première était consacrée aux armures étrangères et françaises : on y voyait celle que portait François Ier lorsqu’il fut fait prisonnier à la bataille de Pavie ; elle était ornée de bas-reliefs ciselés d’après les dessins de Jules Romain ; on y voyait celle dont était revêtu Henri II lorsqu’il fut blessé à

Vue prise de !a terrasse du bord de l’eau.

mort par Montgommery ; celles de Henri III , de Henri IV, de Louis XIII, de Louis XIV : cette dernière était un présent que la république de Venise fit à ce roi. Les gravures, précieusement exécutées , représentaient douze villes de Flandre prises par ce monarque. Plusieurs autres armures ornaient cette salle. On y remarquait deux épées de Henri IV, celle du roi Casimir, et surtout l’épée du saint-père le pape Paul IV : sa poignée dorée était chargée des attributs de la papauté : les clefs, la tiare, etc.

Au milieu de cette salle étaient deux petits canons montés sur leur affût, damasquinés en argent, offerts, en 1 68-4, à Louis XIV par les ambassadeurs du roi de Siam. Ces canons ont servi à la prise de la Bastille. Parmi plusieurs autres espèces d’armes anciennes se trouvait une collection de fusils, de pistolets , épées, lances, cottes d’armes, masses d’armes, de différents peuples et de différents temps.

La salle suivante contenait des tapisseries : vingtdeux pièces, que François Ier acheta vingt-deux mille écus des ouvriers flamands, représentaient les batail¬

les de Scipion , exécutées d’après les dessins de Jules Romain; huit pièces, dont les sujets étaient l’histoire de Josué, les amours de Psyché, en cent six aunes, les actes des Apôtres, en dix pièces, d’après les dessins de Raphaël , et formant cinquante-trois aunes. Ensuite se trouvaient une grande quantité de tapisseries que Louis XIV avait fait fabriquer a la manufacture des Gobelins , d’après les dessins de le Brun , Coypel père et fils, Jouvenet, Oudry et de Troys.

Dans la troisième salle, on voyait une quantité considérable d’objets précieux, tels que vases, hanaps, coupes d’agate, de cristal de roche ; des présents envoyés au roi par des princes orientaux; des ustensiles du culte, etc. ; le tout contenu dans onze armoires. Une d’elles offrait la chapelle d'or du cardinal de Richelieu, dont toutes les pièces étaient d’or massif et enrichies de gros diamants. On remarquait, parmi ces précieux objets, deux chandeliers d’église entièrement en or, émaillés, enrichis de deux mille cinq cent seize diamants, et qu’on a estimés valoir 200,000 livres. On comptait sur le burettes, pareille¬

ment d’or émaillé, douze cent soixante-deux diamants

La croix, de 20 pouces 9 lignes de hauteur, portait un Christ en or massif, dont la couronne et la draperie étaient garnies de diamants.

Les Heures du cardinal de Richelieu faisaient partie de sa chapelle. Ce volume, manuscrit sur vélin, mérite d’être décrit. La couverture, en maroquin, était entourée de lames d’or; sur une de ses faces, on voyait un médaillon en or émaillé, offrant la figure de ce cardinal, qui, à l’instar des empereurs romains, tenait en main le globe du monde. Quatre anges venaient, des quatre coins, poser des couronnes de fleurs sur sa tête. Ce médaillon, encadré de fleurs, portait cette inscription : Cadaf.

Sur l’autre face de ce volume était aussi un médaillon représentant un cœur enflammé, croisé par ces quatre lettres D. N. A. R. liées en chiffres, avec cette inscription dans la guirlande :

Solus , seJ non unus.

Laissons aux curieux le soin d’expliquer ces ins-

criptions mystérieuses, (le trouver le mot u< <(S énigmes.

Une autre armoire contenait une partie des présents qu’en 1740 fit à Louis XV Saïd Méhémet, ambassadeur de la Porte. Ces présents consistaient en un caparaçon de drap écarlate, brodé d or, d argent et de soie, et enrichi de perles ; en une selle de velours cramoisi, brodée en or et en argent, chargée d émeraudes, de diamants et de rubis ; en deux sangles d’un tissu (l’or, ornées de perles, et en un poitrail accompagné d’une pomme d’or, avec des ornements d or émaillé de diverses couleurs, et enrichis de diamants, dont trois avaient été arrachés.

Le reste de ces présents se composait d’étriers , de pistolets, de fusils et de leurs fourreaux ; d'une têtière garnie d’or émaillé, dont on avait enlevé deux diamants; d’une giberne d’or émaillé, garnie de pierres précieuses, dont on avait soustrait deux rubis, d’une poire à poudre , d’une masse d’armes de cristal de roche, ornée d’émeraudes, de rubis, dont on en avait arraché deux ; d’un carquois de velours vert , enrichi d'or, de perles, de diamants, de rubis, d émeraudes, dont on avait enlevé deux perles; un carquois plus petit avec une chaîne (l’or, où manquait une émeraude ; six sabres, un riche poignard enrichi de pierres précieuses, auquel manquaient trois diamants ; un autre poignard, à lame quadrangulaire ; plusieurs poignards, des couteaux, et surtout de riches pantoufles.

Dans une autre armoire étaient les présents du dey de Tunis; moins précieux que les précédents, ils se composaient des harnais d’un cheval et des vêtements d’un Levantin. On y remarquait huit pièces de gaze d’or et cinq paires de pantoufles.

L’armoire destinée aux présents offerts a Louis X\ I par Tipoo-Saïb contenait une ceinture très-riche , ornée d'or, de rubis, d’émeraudes et de diamants; un sabre qu’on avait dépouillé de sept fleurons principaux, de trois émeraudes et de trois rubis ; un autre sabre dont on avait soustrait sept rubis; un étui turc et sa garniture, un bouclier rond en cuivre doré ; un sac plein de galons d’or, trois aunes de gaze d’or, onze pièces de soie brochée d’or et sept paires de pantoufles.

En 1790, le même prince indien fit présent à Louis XVI d’une aigrette composée de cent huit émeraudes, soixante-quatorze rubis et quarante-sept diamants ; d’un collier à quatre rangs , composé de cent quatre perles et de vingt-quatre diamants.

L’objet le plus estimé de cette salle était la nef d'or, ouvrage de l’orfévfe Balni, et qu’on servait à la table du roi, dans les grandes solennités. Cette nef, portée par quatre sirènes, était ornée de plusieurs diamants, et pesait cent six marcs. En 1791 , elle fut estimée à trois cent mille livres.

Dans les diverses pièces du Garde-Meuble, ainsi que dans l’escalier et la galerie, se trouvaient un grand nombre de figures en bronze, en marbre, la plupart modernes et quelques-unes antiques.

Il s’y trouvait aussi quatre-vingt-huit tableaux , dont sept à huit avaient du mérite.

A tant de riches et stériles superfluités , (|ui honorent plus ceux qui les ont exécutées que ceux qui les ont possédées, nous devons joindre les diamants de la couronne, renfermés dans une commode d’une des salles du Garde-Meuble. L’Assemblée nationale législative, par son décret du 20 mai 1761 , ordonna qu’il serait fait un rapport sur ces diamants et sur les objets contenus dans cet édifice , et nomma une commission qui en fut chargée. »

Il n’y a pas mal d’observations curieuses à faire dans une promenade sur les carrés , les triangles, les losanges et autres figures géométriques représentées par ce bitume que découpe la chaussée des voitures; et cela sans contempler les jardinets, les fontaines avec leurs divinités marines, leurs sirènes et leurs tritons barbus, leurs eaux jaillissantes et leurs coupes gracieuses; sans compter les réclames monumentales taillées en plein marbre et scellées sur le sol, sans même écouter le roulement continuel des voitures et

le bourdonnement humain qui vous entoure. Supposez qu’on s’occupe des préparatifs d une fête publique : voyez-vous cette foule oisive, qui contemple , bouche béante, les ouvriers s’occupant d’enguirlander de verres multicolores, de charpenter en corbeilles de fleurs les fontaines et les colonnes, d’aligner les ifs lumineux, ou de maçonner les rochers et les grottes destinées à supporter quelque gigantesque Neptune?

Il est aisé de reconnaître que la loi de Sixte-Quint , défendant de donner d’intempestifs conseils, a cessé d’être en vigueur ; et Dieu sait quelle pluie , quelle grêle, quel feu mêlé et croisé de remarques, de réflexions , d’avis officieux , de paroles de toute sorte ! Ajoutez les exclamations , l’impatience des uns , entravés par leur travail , le flegme et l’imperturbabilité des autres; entremêlez cela de l’inévitable sergent de ville , et vous aurez un tableau comme il s’en rencontre à tous les pas dans Paris. Voulez-vous une autre récréation? Considérez, un jour de vent, l’aspect des promeneuses, les mille plis , les mille formes que Borée impose à leurs vêtements flottants : étudiez ces variétés nouvelles de draperie et de plastique , et contemplez, on vous le recommande , toutes les espèces imaginables de pattes d’animaux, de colonnes , de piliers, de socles, de fûts, que la nature a départis aux Parisiennes, sous prétexte de jambes et de pieds. Si vous aimez mieux les cohues bien serrées, attendez un jour de fête , et les groupes disparates , les types étranges, se pressant, se ruant, s’enchevêtrant, se heurtant, vous feront voir leurs innombrables combinaisons, et entendre leurs bruits les plus singuliers, les plus complexes, les plus impossibles à rendre par l’orthographe ou la musique. Quel spectacle , quand la Madeleine brille de toute la splendeur des feux électriques ; quand les girandoles de lumière, se reflétant sur les pétales des fleurs, garnissent les coupes des fontaines , quand on découvre partout pyramides triangulaires aux lampions éclatants, guirlandes de fleurs aux couleurs diverses, mâts parés de drapeaux et de trophées ! Quel coup d’œil merveilleux que cet océan de têtes, bigarré, varié, ondoyant , balancé par un flux et un reflux sans fin 1 Voilà des foules , des foules pittoresques, dignes d’exercer la plume et le pinceau , et non des masses sombres et lugubres, comme ces troupeaux d’êtres humains, tout de noir habillés, que la baguette du policeman contient et fait mouvoir dans Hege.nlstreet ou dans Piccadilly.

C’est là fort imparfaitement esquisser l’ensemble des tableaux réservés à l’appréciation fine, délicate et profondément sentie du Parisien de Paris, de l’être prixilégié qui naît , vit et meurt au milieu des enchantements de la grande ville, ou, pour mieux dire, des merveilles du monde entier. Simple badaud créé et mis au monde sur les rives babillardesde la Garonne, ou près des quais de r|uelque autre fleuve bien commerçant, vous ne verrez là qu’une cohue, qu’un mélange, qu’un chaos, dont il vous tardera de sortir. Mais le vrai . le ( lassique, l’intelligent flâneur, le flâneur par vocation, y découvre bien autre chose qu’un grouillement informe d’êtres humains, venus tous à la queue les uns des autres comme les moutons de Panurge , se coudoyant, s’écrasant les pieds , se pressant, s’étouffant pour leur plaisir. Pour lui, la moindre querelle entre messieurs de la police et quelque curieux peu tolérant est une bonne fortune : il se précipite avec joie ; si une femme se trouve mal , et si par bonheur un cheval vient à tomber, une roue à se briser, vous êtes sûr de le trouver au premier rang du cercle , tout allègre d’avoir son petit fait- Paris à raconter. Pas d’inconnus pour lui parmi tant d’étrangers : un couple fortement accentué a 1 anglaise passe près de lui, et il rit en soimême du meilleur cœur, songeant à la dernière charge de Levassor, qui parodie si bien nos voisins insulaires. La vue d’un Allemand lui rappelle Ifl. de Malpruck, chanté dernièrement avec un délicieux fumet germanique, et il retrouve par-ci par-là raisonnablement de Français et Françaises dont l’histoire lui est assez connue pour motiver son hilarité. Un visage, une toilette, une voiture , un rien, suffit pour alimenter ses souve¬

nirs et ses études de mœurs : il renouvelle, et toujours plus enchanté, connaissance avec le bas bien tire de cette dame, la gracieuse cheville et le joli brodequin de cette autre , avec le talma de ce monsieur, avec les épaulettes civiques de son voisin le sous-lieutenant, et les galons de son recommandé l’élève de l’École polytechnique. Parisien de Paris , être heureux ! demeure dans ton élément , et ne va pas demander au reste de l’univers des spectacles nouveaux qu’il ne saurait t’offrir ! Qu’as-tu besoin de voir la mer et ses navires? N’as-tu pas là la Seine et ses canots? Que te feraient les montagnes et les déserts , à toi qui possèdes Montmartre et Saint-Denis, et par-dessus tout la merveille des merveilles , la place de la Concorde avec l’obélisque de Louqsor !

Le provincial débarqué sur la place de la Concorde s’empresse de donner son coup d’œil, pour l’acquit de sa conscience et de ses notes de voyage , aux belles perspectives qui l’entourent; il se livre ensuite à l’examen approfondi des nudités de bronze et des draperies de pierre, spectacle peu connu encore dans les départements, oii l’art de la statuaire n’offre de spécimens que quelques grands bonshommes de la localité, exécutés par commande , pour servir , au choix, de pendant à quelque chose , de borne ou de fontaine. Neptune, Amphitrite, Thétis, les Néréides et les Tritons , leurs vastes nappes d’eau jaillissantes, les airs penchés des déesses et les barbes pendantes des dieux , obtiennent le premier tribut de son admiration; on le voit même s’indigner quand une sirène se trouve outrageusement avantagée d’une belle barbe de glaçons en stalactites, ou quand le givre insolent vient poudrer à frimas la tête vénérable du souverain des mers. Après vient le tour des deux coursiers éternellement cabrés à l’entrée des Tuileries; puis il faut bien prendre quelque note sur ces villes de France, allégories aux puissantes mamelles, comme la Liberté peinte par Barbier; il faut bien se demander pourquoi Lille est assise sur des canons et Marseille sur un ballot de laine. Mais l’Obélisque, l’Obélisque obtient la préférence ; l’Obélisque, avec ses quatre faces chargées d’indéchiffrables rébus, dont l’illustration égyptienne â oublié de donner la clef à ses abonnés de France. Quelques touristes modestes se contentent d’une explication sur la manière dont le monolithe a voyagé depuis ses déserts jusqu’au milieu des colonnes rostrales de la place de la Concorde ; d’autres veulent traduire l’inscription latine et l’augmenter d’une physiologie de M. Lebas; quelques-uns s’enquièrent des procédés mécaniques biéroglyphiquemént incrustés sitr le piédestal. Mais qu’il y en a d’intrigués par ces mystérieux ibis, par ces lignes et ces ronds, par ces cartouches et ces Croix ansées , creusées à vif dans le granit! Feu ChanlpolliOil doit tressaillir souvent , s’il entend quelque lointain écho de Ces conjectures prodigieuses ^ de ces suppositions propres à faire jaunir de colère le moindre Égyptien de l’Académie des inscriptions et belles-lettres! Nous avons ouï, entre autres, une dissertation tellement incroyable, que son auteur devait être , sans nul doute , un candidat à l’Institut, ou tout au moins à la rédaction du J mm al pour rire. Il avait entrepris, d’après l’inspection du monument, de démontrer que le canard, oui, le canard, autrement appelé entre-filets, fait-Paris, nouvelle des sciences, etc., avait pris naissance sur les bords du Nil, fleuve fameux par le canard de ses débordements. Selon ce monsieur, les divers faits de l’histoire d Egypte se trouvaient là incrustés , avec la figure ilu volatile de basse-cour, pour indiquer le degré de croyance qu’ils méritaient. Sous la rubrique générale de canard , étaient compris les serpents de mer , les escargots sympathiques, et autres réclames du royaume des Pharaons. Le commentateur termina par cette phrase triomphante : « Oui , Hérodote fut le Constitutionnel de l’Égypte; et l’obélisque ici présent était et demeure encore le Charivari monumental, le Tintamarre granitique d’une époque où le canard était immortel , où l’imprimerie n’avait pas donné encore à cet oiseau la fécondité dont il jouit de nos jours. »

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