‹ Tableau de Paris (volume 2)Chapitre 222 sur 230 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

LE LONG DE LA SEINE (Suite).

dante et variée qui règne autour de ces sujets : les groupes d’albâtre, les vases de métal, les niches où des amours se jouent parmi les fleurs, les fruits mûrs et succulents perdus çà et là au milieu des lambris. Quoique le plafond soit infiniment plus 1 iche que la salle elle-même, cette dernière renferme quelques ornements dignes de remarque. Je citerai seulement quatre statues le général Foy. Mirabeau, Iiailly et Malesherbes : ce sont, comme on voit, des illustrations parlementaires.

Non loin du salon de la Paix se trouvait la salle des Pas-Perdus, où l'on remarquait, d’abord, une Pal-

las en bronze, statue imitée de l’antique, et belle de cette beauté correcte et austère qui distingue les travaux des sculpteurs d’autrefois. Ajoutons à cela les deux reproductions des bas-reliefs de Laocoon , d ’Arria et Pœlus; nous aurons une idée à peu près complète de a parure de cette salle. Pourquoi mettre ces deux sujets essentiellement mythologiques dans le sanctuaire des lois-? Voici une explication ingénieuse qui tend à les faire considérer comme des allégories, et qui, par conséquent, justifie leur présence : elle est due à un membre de l’ancienne opposition. Le Laocoon, disait-il, c’est l’image frappante

de la corruption enlaçant de ses mille anneaux et de ses impures étreintes le député récalcitrant, y compris ses deux fils, emblème du népotisme, et dont l’un sera sous-préfet, l’autre receveur des finances. Quant à l’autre groupe, il continue l’allégorie et la complète. Arria enfonce le poignard dans son sein, et dit à son époux : « Non dolet. » C’est la conscience expirante qui crie à l'homme politique déjà plus d’à moitié enchaîné et enlacé, mais essayant encore de se débattre : « Ami le mal n’est pas si grand. » Pætus prend le poignard d’Arria : le député succombe et s’exécute enfin ; il n’a plus de conscience.

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