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Gaieté. Funambules. Délassements- Maison construite sur
Comiques. l’emplacement de la maison Fieschi.
Rue (l’An "mil rme au Marais.
d’hypothétique, fait place à l'agitation, à la vie, à la fièvre des heures les plus bruyantes de la journée. D’abord , les vastes poussées , les immenses bousculades, moitié involontaires, moitié malintentionnées, qui traversent comme des courants météoriques ces moissons humaines, et qui ébranlent, renversent même tous ces épis serrés et embrouillés les uns dans les autres: puis, s’il fait clair et serein , l’ordre qui se rétablit et la mer qui s’écoule par cinquante embouchures. Çà et là les groupes se forment, le pêle-mêle se classe, la masse se divise, et chacun s’éloigne, riant, causant, devisant, fredonnant des airs nouvellement appris, ou se livrant à des commentaires improvisés, à des critiques avec appel au feuilleton du lundi. Mais, malheur ! s'il neige, si le ciel se fond en pluie, si le verglas miroite, letumultede la sortie redouble alors: partout on a recours à l’arsenal des armes défensives, on se cuirasse de laine, de drap, de soie, sous leurs formes multiples, manteaux, burnous, talmas, écharpes, cachemires, châles, cravates, cache-nez, parapluies de toutes formes et de toutes couleurs.
Les pi iv ilégiés, après l’assaut du fiacre ardemment disputé, crient le joyeux « Fouette, cocher! » traditionnel, et la vile multitude, à défaut de fiacre
11 sera plus tard question en détail des théâtres, et de tout ce qu’offre de piquant et d’original cette partie de Paris qui touche de près ou de loin à l’art dra-
se résigne aux socques articulés , aux sabots même, et s éloigne à travers glace, brouillards, frimas ou torrents diluviens, maugréant contre l’inégalité humaine.
matique. Le boulevard du Temple donne asile à plusieurs genres de ce que nous n’osons appeler de la littérature : ainsi le Théâtre-National s’ouvre deux cents fois par an au canon, à la cavalerie, aux Turcs, aux Russes, aux Prussiens,
Autrichiens et autres hinxerlinchs, qui sont patriotiquement éreintés et battus à plate couture, toutes les fois qu’ils ont le malheur de se présenter en face des braves armées de la République et de l’Empire. Autre transfiguration : Pile de Monte- Cristo , la scène où le public venait jadis savourer des pièces en trois journées, extraites des fabuleuses épopées d Alexandre Dumas. Le théâtre Historique ou théâtre Montpensier, spéculation manquée, a offert asile à la musique, à l’opéra, que les grands seigneurs de la rue Lepelletier ou de la place
des Italiens laissaient dédaigneusement dans leurs antichambres. Puis les Folies et les Délassements, remplis encore des souvenirs de madame Saqui , la première acrobate de France, prêtent leurs planches, leurs lustres et leur rampe quelque peu enfumée concurremment aux féeries, aux métamorphoses, aux fantastiques échos, à la voix de cet enchanteur qu’on nomme le machiniste , et aux vaudevilles à tant la pièce, refusés soit par les aristocrates directeurs du Gymnase ou du théâtre de la place de la Bourse, soit par messieurs les courtiers dramatiques et entrepreneurs de succès. A côté de tout cela, les horreurs de la Gaieté : premier acte, inceste et adultère; deuxième acte, poison; troisième acte, duel et coup fourré; quatrième acte, peste noire; cinquième acte, massacre général; le tout compliqué d’un prologue accommodé au sang , et d’un épilogue puant la chair humaine, et cela, s’il vous plaît, tout à côté du fameux cabaret YEpi-scié. Ce café de l'Epi-scié n’est point un établissement vulgaire, en dépit de son enseigne qui rappelle les calembouriques réclames commerciales du bon Coing, du grand / vert, et du Cygne de la Croix, C’est là que se réunissent tous les artistes industriels dramatiques, vendeurs de billets, chevaliers
du lustre, marchands de contremarques et autres. Le café de YEpi-scié a fait la fortune de plus de dix propriétaires. Enfin les deux descendants de la Co-