I.o Triomphe ( 1810), côté de Paris
/ nomphe a tous les defauts du Départ pour l’armée , mais il n'en a pas la verve et la distinction. Ce Napoléon en peignoir, tenant un sabre romain, est, surtout d’un assez triste effet.
Im Résistance nous offre un jeune homme tout nu, tenant un coutelas à la main. Il est, entre son père et sa femme qui porte sur son sein un enfant mort. Ce jeune homme, il faut bien le dire, représente moins la résistance que l’immobilité. Au-dessus de lui est le Génie de l’Avenir. Ce génie est coiffé d'une touffe immense. La Résistance est le plus faible des quatre groupes.
Le quatrième groupe est intitulé la Paix. Le tauioau saute au milieu des moissons, pendant que la femme du soldat laboureur allaite son enfant plein de tic. I n homme nu, coiffe d un casque romain et qui
représente le soldat français, remet l’épée dans le fourreau d’un air assez maussade. Evidemment ce guerrier n'est pas satisfait d’une paix qui repose sur les traités de 1815 ; il songe aux limites du Rhin à jamais perdues. La figure endormie de Minerve domine le groupe.
Telles sont les quatre grandes compositions principales du gigantesque édifice. En considérant h* but populaire que l’art avait à y réaliser, il faut bien reconnaître que ce but est à peu près manqué. On a sacrifie la vérité, et c’est à peine si l’on a rencontré cette poésie artificielle qui charme les esprits délicats. La sculpture n’est française que dans la frise et les bas-reliefs, encadrés et tout simplement posés sur les parois nues comme des tableaux accrochés dans un salon. Ces bas-reliefs, qui sont en général remarqua¬
bles, représentent les funérailles de Marceau, la bataille d’Aboukir, la prise d’Alexandrie, le passage du pont d’Arcole, la bataille de Jemmapes et celle d’Austerlitz.
Ces bas-reliefs sont surtout la part des grosses épaulettes: on a également voulu faire la part du soldat. Les t ympans des petits arcs, extérieurement et intérieurement,, furent destinés à recevoir quatre groupes où serait glorifiée l'armée dans ses quatre grandes divisions : infanterie, cavalerie, artillerie, marine. Cette idée était heureuse, mais assez difficile à exécuter. Placer huit figures d’hommes dans des espaces si rétrécis, et les rendre assez significatives pour que non-seulement on reconnût en elles les quatre grandes divisions d’armes dont nous venons de parler, mais encore pour que dans le même groupe l’infanterie légère fût opposée à