‹ Tableau de Paris (volume 2)Chapitre 60 sur 230 · ECOLE 1)E DROIT · texte numérisé non relu

ECOLE 1)E DROIT

ou moins de succès. Les cinq professeurs qui l’écoutent ont le droit de l’interroger, non-seulement sur

deux, émules, d’abord sur un sujet de droit romain, ensuite sur un sujet de droit civil français. C’est ce

Un étudiant de dixième année.

Comme on lait son droit.

didat disserte , professe et enseigne comme s’il occupait déjà une chaire, répétant ainsi le rôle qu'il aspire à remplir au sérieux plus tard , et donnant la mesure de sa science, de sa méthode, de son aptitude oratoire.

Les compositions écrites roulent , l’une sur une question de droit français, l’autre sur une de droit romain : les questions de droit romain doivent être traitées en latin .

Les leçons publiques portent sur une matière de droit français : elles doivent durer trois quarts d’heure , et ont lieu deux jours consécutifs. Le sujet n’en est communiqué au candidat que vingt-quatre heures avant la première des deux leçons.

Aussitôt après les épreuves de candidature , les juges du concours désignent au scrutin parmi les concurrents trois candidats pour chaque chaire ou suppléance, lesquels seuls peuvent être admis aux épreuves définitives. Les professeurs suppléants qui prennent part au concours sont admis de droit à subir ces épreuves. Le nombre des candidats du dernier concours s’est donc trouvé réduit par ce premier scrutin, de quarante-trois à seize, eu égard à ce que quatre professeurs suppléants concouraient aux chaires vacantes. Sans cette disposition récemment introduite par M. de Salvandy dans le règlement du concours, le j nombre des candidats définitifs eût été seulement de douze.

Les épreuves spéciales cl définitives consistent :

Pour une chaire, en une composition écrite et une leçon publique sur un sujet tiré de la matière de renseignement auquel le candidat aspire ;

Pour une suppléance, en une composition écrite sur une matière de droit publie, et une leçon publique sur une matière de droit romain.

Le sujet des leçons n’est tiré au sort que quatre heures avant la séance.

Vient enfin l’épreuve de l’ argumentation : c’est peut-être la plus redoutable de toutes.

duel à trois qui décide en dernier ressort des résultats de cette longue lutte. Lesjoandidats, que distingue la chausse rouge du docteur rejetée sur leur toge noire montent en chaire, et se bombardent mutuellement à coups de citations, de commentaires, de positions, de textes, de syllogismes et de gloses. On peut croire qu’ils ne se ménagent pas réciproquement dans cette joute dont un tel honneur est le prix , et ne négligent aucune ressource d’érudition ni d’éloquence pour écraser leurs adversaires respectifs sous le poids assez lourd, il en faut convenir, de leur bagage scolastique, les foudroyer par les éclairs de leur dialectique acérée, et leur ôter des mains la palme disputée par tant d’ambitions , de veilles et de prodigieux efforts. Tous sont savants, tous aptes à sortir vainqueurs de cette épreuve définitive. Malheur, non point a 1 ignorant (il n’en est point dans ce cercle étroit où le vrai mérite seul figure), mais au timide, au faible, à celui qui n’a point l’art éminent de mettre en relief ses connaissances théoriques ; qui n’est point prompt à la riposte, et ne possède point, pareille à un arsenal toujours ouvert, une mémoire imperturbable, où puiser, renouveler sans cesse, et improviser au besoin des projectiles à l'adresse de ses ennemis , c’est-à-dire de ses émules, ce qui est momentanément synonyme !

Aujourd’hui que l’École est, grâce à Dieu, purgée des us et de la langue barbare des siècles passés, les juges sont guidés dans leur appréciation par des idées plus libérales. La publicité des épreuves, les précautions minutieuses qui les entourent ne contribuent pas moins que le choix des juges à donner aux concurrents pleine et entière sécurité.

Un étudiant qui arrive.

les sujets qu’il a spécialement traités, mais sur chacune des matières juridiques qu’il a dù étudier dans le cours de trois années.

Ils usent rarement d’une grande sévérité dans cette dernière et solennelle épreuve, les quatre examens précédemment subis pouvant être considérés comme une garantie suffisante de l ins truction acquise par le récipiendaire. 11 a eu d’ailleurs amplement le temps de se préparer et d’approfondir les sujets qui lui sont échus, en sorte qu’à moins d’une lourde maladresse ou d’un insigne mauvais vouloir, il doit se tirer avec succès du développement de sa thèse. Aussi la passe-t-il généralement à boules blanches, ou au moins de cette couleur mixte; qui, sans annoncer un triomphe, n’implique pas non plus un revers. Il a donc rarement sujet de maudire ses juges; la Faculté lui décerne un beau parchemin revêtu de la griffe suprême du grand maître de l’Université, et l’heureuse France compte un avocat de plus !

Une épreuve autrement sévère et redoutable est celle qui s’ouvre par la voie du concours pour les chaires vacantes des Facultés de droit. Il ne s’agit plus là d’un examen d’élèves ; ce sont des maîtres, des docteurs éprouvés par de longs et sérieux travaux, qui combattent, non plus pour un titre, mais poulies premières fonctions de l’enseignement ; la chaire amplement rétribuée et justement considérée du professeur de droit , inamovible comme les magistrats auxquels ses leçons apprennent à tenir les balances de la justice.

Les épreuves de candidature sont deux compositions écrites et deux leçons publiques sur des sujets tirés au sort, et dans lesquelles le can-

Cliacun des trois candidats inscrits pour une chaire argumente publiquement et oralement contre ses

15 Cent, LA LIVRAISON. — 23' Livr.

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