CHAPITRE XII. — LES THEATRES
pes empruntés à leurs ouvrages, et des scènes quis ont considérées comme leurs chefsd’œuvre. Et si l’on peutadresserquelques reproches pour le choix de certains sujets, et même pour l’exécution de certaines parties, l’ensemble n’en est pas moins satisfaisant, et vraiment l'on a parfaitement réussi à faire remarquer l’entrée du théâtre au milieu des grandes constructionsqui semblent l’écraser.
L’intérieur de la salle présente une disposition assez peu favorable pour le parterre :
les galeries d’avant - scène sont tellement en saillie, que les spectateurs placés sur les derniers bancs du rez-de- chaussée semblent engloutis dans une
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Ttéûtre-I.yrique. — Plafond de la salle. Décoration composée et exécutée par MM. Séclian, Diéterie et Despléchin.
sorte d’antre à peu près invisible. A part cela, les décorations sont dignes de celles qui embellissent ht façade. Le plafond , de forme ovale, représente Apollon, la tète lumineuse , entraîné par son char au sein de l’Olympe étoilé :
il est entouré des Muses et d’une foule de Génies, copiés pour la plupart du fameux tableau du Guide, le Soleil et les Heures. Nous n’insisterons pas sur les autres détails, et nous n’entrerons pas dans le détail des statues, des fresques, des ornements de toute sorte. Le rideau est assez remarquable : c’est une draperie relevée par le milieu, et laissant découvrir le frontispice d’un palais magnifique
la s loges des avant-scènes, dans tous les théâtres, sont la place privilégiée par excellence. On voit sous
Salle du Théâtre-Lyrique.
leurs abris, tout resplendisants du feu des dorures et de l’éclat mat de la soie et du velours, s’asseoir tour
à tour les puissances politiques et gouvernementales qui veulent bien honorer la représentation de leur pré-
Hamlet et Ophélia. — Sculpture de la façade.
de cuivre au feu de ce que le gamin se plaît à nommer des clarinettes de cinq pieds. Mais que les amateurs de
Détail de la décoration des avant-scènes.
c’est encore là une scène qui a eu ses vicissitudes. D’abord destiné à des exercices équestres, ce fut un Cirque, et, qui plus est, un Cirque-Olympique. Là prit naissance la gloire de Franconi. A cette gloire, issue du claquement des chambrières et du piafement des chevaux , succéda l’épopée impériale des lauriers et des guerriers. De malheureux cabotins, doués d'une ressemblance plus ou moins factice avec Napoléon, avec l'infortuné Labédoyère et le brillant Joachim Murat, furent chargés de reproduire tous les soirs, au parfum de la poudre, au bruissement des balles, au grondement des canons, cette merveilleuse légende de sang et de combats que les armées françaises promené-
sence (style officiel). On y découvre aussi des puissances plus durables, sinon plus encensées, celle de la fortune et de la beauté. Les architectes du Théâtre-Lyrique ont voulu faire de leurs loges d’avant-scène autant de riches et élégants boudoirs : tentures en velours cerise ou grenat, lustres en miniature, glaces, tableaux, fauteuils splendides, rideaux discrets, rien n’y manque de ce qu’une belle dame désirerait dans le sanctuaire de sa toilette, et, ce qui souvent n’est que l’accessoire, de vastes et beaux salons accompagnent ces délicieux réduits : asiles ouverts aux locataires fortunés qui cherchent
entr’actes. Le reste de l’amphithéâtre n’a pas été, comme on pourrait le craindre, sacrifié au luxe des places aris¬
Fragment de ia décoration des premières loges.
tocratiques. Chose rare et inouïe! on peut voir de tous les points toute la scène, sinon tout le public: leparadis lui-même n’est pas aveuglé par le rayonnement gigantesque d’un lustre unique; en sacrifiant une vingtaine de places, on a pu avoir deux lustres plus petits, (pii ne privent personne du spectacle. En un mot, la création d’Alexandre Dumas, sans avoir les proportions gigantesques en rapport avec les drames qu’avait rêvés sans doute son imagination , est un assez joli bijou ; et l’on doit louer les auteurs d’avoir si bien triomphé des difficultés qu’il semblait presque impossible de surmonter.
Nous avons déjà parlé du Théâtre-National, voisin du Théâtre-Lyrique, et de ses victoires patriotiques:
rent pendant vingt-cinq ans à travers l’Europe, sur les traces du Petit Caporal , du père la Violette, de la Jambe de Bois, et autres héros populaires sur les boulevards autant que dans les corps de garde. Mais l’heure du Waterloo du Cirque sonna à son tour : il advint que l’argent fit défaut, et à mesure que la caisse baissait, on voyait également baisser la complaisance des Cosaques, Valaques, Croates et autres kaiuserlichs à vingt-cinq sous par soirée. Les concerts monstres de M. Berlioz et de la société de l’Orphéon succédèrent aux concerts du canon et de la mousqueterie, et le feu de deux mille instruments
Le Cid et Chimène. — Sculpture de la façade.
dans les distractions du lansquenet ou de tout autre jeu un moyen de ne pas s’apercevoir de la durée des
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