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CHAPITRE XIV

- LES HALLES ET MARCHÉS

noré, Saint-Germain, (le la Madeleine, etc., sont abrités par des hangars, et divisés en quartiers pour chaque spécialité de vente ; les autres ne consistent qu’en échoppes mobiles, ou même en simples banquettes abritées au besoin d’un large parapluie; tel est par exemple, le marché de Sèvres, dans la rue de ce nom. Quelques-unes de ces succursales de la grande halle méritent une mention rapide, à cause des souvenirs qui s’attachent aux lieux qu’elles occupent actuellement. Tel est le marché de la rue du Bac, bâti sur l’emplacement de l’hôtel des Mousquetaires gris; le marché Saint-Martin, sur des terrains dépendants de l’abbaye de ce nom ; le marché de la place Maubert , qui a succédé à l’église des Carmes ; le marché Saint- Germain, construit au milieu du fameux Pré -aux -Clercs, aujourd’hui couvert par les splendides Hôtels du noble faubourg. Le marché Saint- Honoré occupe remplacement du couvent des Jacobins réformés. Ce couvent avait été bâti en 1611, par le dominicain Sébastien Michaëlis, grâce au concours et aux subsides de Henri de Gondi , archevêque de Paris; il prospéra, et se rendit célèbre par sa bibliothèque, qu’on estimait à trente mille

volumes. En 1790, l’ordre fut supprimé, et le club des Amis de la Constitution , si fameux sous le nom

Ancien marché Bonne-lSouvelle.

de club des Jacobins, y vint tenir ses séances. Les bâtiments furent démolis par la suite, et le marché

actuel date de 1810. On avait également établi un marché dans les galeries de Bonne-Nouvelle: nous y

avons déjà vu des concerts, et bientôt nous y montrerons des expositions d’objets d’art.

Ces galeries ont servi à une foule d’usages des plus disparates.

Ce mot de marché est un terme générique qui désigne encore les lieux où l’on vend spécialement telle ou telle sorte de marchandises. Ainsi, les grandes halles sont subdivisées en autant de marchés qu’il y a de spécialités différentes : marché au pain, marché aux légumes, aux pommes de terre, au beurre et aux œufs, au poisson, etc., Ces différents établissements présentent la même physionomie, le même aspect architectural , si toutefois on peut appeler architecture la routine qui a présidé à l’érection de ces hangars de planches et de maçonnerie. Le marché au pain , par exemple , est une sorte de boulangerie en plein air, où l’on offre aux consommateurs sur place le pain à quelques fractions de centimes au rabais. Dans la halle aux pommes de terre , le légume de Parmentier vient se réunir en masse pour s’écouler de là en fleuves féculents dans tous les entrepôts secondaires et dans

tous les ménages amis de l’économie. Le beurre apporté d’Isigriy ou des pâturages moins renommés de la Beauce et de la Normandie ne partage son privi-

15 Cent. LA LIVRAISON. — 36'' Litrr.

lége qu’avec les œufs. Le poisson est maître chez lui, et ne souffre pas de rivaux.

Depuis peu de temps, la boucherie possède sa halle

Aux bureaux de l'Illustration, rue de Richelieu, 60.

particulière, emménagée d’une façon digne de cette branche importante de la consommation parisienne. Le marché des Prouvaires a été institué dans le but

PARIS. TVP. DE FIRMIN DIDOT, 6fi, RUE JACOB. 20 C. par la poste.

philanthropique de rabaisser le prix de la viande, afin de rendre accessibles au plus grand nombre les déli¬

ces du bifteck et de la côtelette : on la vend à la criée. Il résulte un énorme rabais de cette concur¬

rence entre les particuliers et les revendeurs et bouchers : il serait bon peut-être d’en faire profiter les

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quartiers éloignés. Quelqu’un qui suivrait les ventes à la halle des Prouvaires pourrait faire des études curieuses sur l’anatomie du bétail, du bœuf, par

appartenant à la qualité supérieure , cent vingt et deux cents kilogrammes pour les deux autres qualités. Un autre marché où Paris va s’approvisionner pour

La \ allt c. — t ne intérieure.

son insatiable gourmandise, c’est la halle à la volaille. \ oila au moins une fondation d'une antiquité respectable ! Ue Louvre n existait pas encore; Paris ne tai¬

sait que sortir de la Cité, et déjii sur l’autre rive de la Seine, dans la I allée de Laos, les paysans des environs venaient vendre leurs poulets et leurs oies , ce

traditionnel mets de gala chez nos bons ancêtres. L’oie était tellement recherchée, qu’on lui avait fait en outre l’honneur d’un marché dédié à ses mânes.

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