‹ Tableau de Paris (volume 2)Chapitre 98 sur 230 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

LES flALLES ET MARCHÉS (Suite),

dans ses compartiments. Le Limousin, le Normand, le Franc-Comtois, le Flamand, les sobres chevaux des départements montagneux et parfois de petits chevaux corses, hauts à peine comme de grandes chèvres, tels sont les hôtes du boulevard de l’Hôpital. Le cheval du Nedj, dont la généalogie authentique remonte à Salomon ; le barbe, rapide comme le vent du désert; la cavale, fille du Niémen, et le pur-sang britannique, croisé et confectionné depuis trente ou quarante générations, trouvent un asile plus digne d’eux dans les écuries des grands marchands et les haras des grands éleveurs.

Nous n’avons pas à parler des prodiges obtenus par la patience des écuyers et des dresseurs de chevaux, travaillant en quelque sorte sur commande et d’après les injonctions impérieuses , quoique éphémères, d'une mode qui varie à chaque instant. T<5ur à tour, sur les ordres de l’inconstante déesse, ils ont produit des chevaux trapus et ramassés, et des cho¬

quées en fait de chevaux et tellement rabougries en fait d’hommes, que les équivalents se trouvent à peine

dans la fantastique légende de Lènore , les morts vont vite. Il faut soi-même être un fantôme pour pouvoir chevaucher sur les ombres de coursiers qui remportent au Champ de Mars les prix des tinés à l 'amélioration des races chevalines.

A l’extrémité du boulevard, tout à côté de la grande remise, il existe un pavillon isolé et plus remarquable (pie les autres, c’est le bureau du commissaire - priseur. Là se réunissent le plus volontiers dupes et fripons , car c’est le théâtre de la vente à l’encan des chevaux et voitures dont les maîtres ont fait un voyage pédestre vers les hauteurs de Cliehy. Cette vente ressemble a toutes celles cpii se font par le ministère des commissairespriseurs : elle rentre dans un autre chapitre plus spécial.

Il ne reste donc à donner que quelques détails historiques. Te premier marché aux Chevaux fut établi

vaux élancés, longs, hauts sur les jambes; des bêtes grasses et florissantes, et de vrais squelettes animés.

( licvat normand.

Aujourd’hui siutout l’habileté des entraîneurs tient du prodige. Ils ont obtenu des espèces tellement cf lan-

Tournelles, oii périt Henri lance qu’il reçut dans un tournoi de la main du comte deMontgommery. Plus tard, Henri IV délogea les chevaux pour établir, sur le même lieu, des manufactures qui sont devenues, sous son successeur, la Place-Royale. Le marché fut installé provisoirement au boulevard actuel des Capucines. En 1642 , François Barajon, valet de chambre et apothicaire du roi, obtint le privilège d’établir un marché aux chevaux dans le faubourg Saint-Victor, au lieu appelé anciennement la Folie Eschalard. C’est, à peu près, le marché actuel.

Le même emplacement servait , avant la Révolution ,

11, frappé d’un coup de

réunissaient en ces lieux depuis le 1e' mai jusqu a la Toussaint, et tiraient à l’oiseau certains jours de la semaine. Vers 1760, un pavillon fut construit pour servir de bureau à un inspecteur spécial, et le marché demeura stationnaire jusqu’aux premières années de la Restauration. Paris, à cette époque, y fit des réparations et des accroissements considérables, un terrain fut acquis et clos de murs pour remiser les voitures ; on établit des places fixes et des compartiments pour chaque cheval ; des arbres furent plantés, afin de les garantir de la chaleur et des insectes. Tel est, de nos jours encore, l’aspect du marché aux Chevaux.

La ville retire par chaque tête de cheval une rétribution de cinquante centimes.

aux exercices des chevaliers de l’arc, qui avaient pour colonel le duc de Montmorency-Luxembourg; ils se

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