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C.ostun.es des élèves de l’École polytechnique

Il existe néanmoins encore des grades parmi les élèves. Ces grades s’obtiennent selon le rang de chacun : les deux premiers de chaque promotion sont sergents-majors, les douze qui suivent, sergents. Il peut y en avoir un nombre plus considérable quand les salles sont plus nombreuses. Les sergents-majors et sergents portent des signes distinctifs analogues a ceux de même grade dans l’armée. Ces sous-officiers sont les intermédiaires naturels entre l’autorité et les

élèves. Ils perdent leur grade s’ils perdent leur rang dans la promotion. Cette mesure entretient l’émulation, et tourne au profit des études.

Il en est de même de ce qui se passe à la sortie : les premiers choisissent dans toutes les places mises à la disposition de l’École. Les carrières préférées changent et varient selon les temps. Sous l’Empire, les élèves choisissaient les carrières militaires préférablement aux carrières civiles ; aujourd’hui c’est le contraire. Voici , en général, l’ordre des choix qu’on remarque actuellement : mines, ponts et chaussées, constructions maritimes, état-major, génie militaire, artillerie, marine, artillerie de marine, tabacs. Cet ordre est parfois interverti ; mais c’est une exception ii la règle, qu’il faut attribuer à des convenances personnelles ou à des goûts particuliers.

Ils est deux catégories d’élèves malheureux dont nous devons dire quelques mots : I" ceux qui, sortis dans les derniers rangs et trouvant toutes les positions prises, n’emportent de l'École que le titre honorable d’élève et un utile brevet de capacité; 2° ceux qui, sans une excuse suffisante, comme maladie, etc., n’ayant pas satisfait aux exigences des examens de fin de première année et de sortie, ne sont jugés dignes ni du titre d’élève, ni du brevet de capacité. Le nom pittoresque que l’École donne à ces derniers, et qui leur reste, est celui de fruits secs.

fl y aurait peut-être un curieux chapitre à faire sur la vie intime dès élèves, sur leur esprit, leurs jeux caractéristiques, les absorptions fréquentes, les rares bascules, Va fête du jour de l’an, où les nouveaux cessent d’être conscrits et ne sont pas encore anciens , la position de problèmes insolubles, le bal des fruits secs avant les derniers examens, etc. Mais ce n’est point par ce petit côté de la vie des élèves de l’École qu’il faut les juger, pas plus qu’on ne juge les artistes par les plaisanteries de l’atelier. L’étude constante, la discipline sévère, le travail assidu , la dignité personnelle, la conduite régulière, voilà le bon, le grand côté de la vie des élèves. C’est par là qu’ils arrivent, en cultivant leur intelligence, en se formant aux solides vertus sociales, à soutenir dignement la réputation de cette brillante et féconde École polytechnique que l’Empereur, dans son style énergique, nommait sa Poule aux œufs d’or.

L’École polytechnique, placée dans les attributions du ministre de la guerre, fournit des officiers aux corps d’état-major, d’artillerie, du génie, aux poudres et salpêtres; elle fournit aussi des officiers au génie maritime, à la marine et au corps des ingénieurs hydrographes qui dépendent du ministre de la marine; des ingénieurs aux mines et aux ponts et chaussées, qui s’y recrutent exclusivement; à l’administration des tabacs et à celle des lignes télégraphiques; enfin, accidentellement, à l’infanterie et à la cavalerie.

Chaque année sept à huit cents candidats se présentent à cette école; les promotions ne sont guère que de cent vingt à cent cinquante élèves , sur lesquels, par suite des non-valeurs, il ne sort environ chaque année que cent à cent vingt ingénieurs ou officiers.

La durée des études est de deux ans. Nul n’est admis à l'école que par voie de concours. Le concours est ouvert chaque année dans les principales villes auxquelles les arrondissements d’examen sont affectés.

Pour être admis au concours il faut être Français ou naturalisé, et avoir eu plus de seize ans et moins de vingt ans au 1er janvier de l’année courante. Cependant les militaires des corps réguliers peuvent se présenter aux examens jusqu a Page de vingt-cinq ans non accomplis.

Les connaissances exigées pour l'admission à l’école sont :

lu L’arithmétique complète, comprenant la théorie des proportions, des progressions, des logarithmes, et l’usage des tables; l'exposition du système métrique ;

2“ La géométrie élémentaire eu entier, comprc-

Cour intérieure de l’École polytechnique.

sés en trois classes; les plus instruits des élèves servaient de professeurs aux autres : c’est là le premier exemple en Europe de l’enseignement mutuel; ces professeurs recevaient une gratification fixe, ainsi que vingt autres élèves; quant aux autres, leur gratification était proportionnée au nombre des dessins à l’éclielle qu’ils avaient exécutés.

Pour l'enseignement , il n’était rien moins que supérieur, car il descendait jusqu’aux éléments de géométrie.

En 1791, l'Assemblée nationale apporta quelques

modifications dans l’organisation de l’école des ponts et chaussées : les élèves furent choisis à la suite d’un concours et tous appointés.

Enfin, en 1804 , deux décrets impériaux réglementèrent l’organisation intérieure de l’École des ponts et chaussées par des dispositions qui déterminent encore actuellement l’état légal de l’école.

Nous allons donc nous borner à résumer ici le décret d’organisation du 13 octobre 1831, qui lia fait qu’apporter des changements sans grande importance à l’état de choses préexistant.

L’enseignement de l’école a pour objet spécial les routes, les chemins de fer, les canaux, les rivières et fleuves, les ports maritimes, et en général tout ce qui se rapporte aux voies de communication par terre et par eau, ainsi que les irrigations, les dessèchements, etc.

Il comprend les connaissances de mécanique, d’architecture civile, de minéralogie, de généalogie, d’agriculture, d’administration, de droit administratif et d’économie politique, qui sont le plus particulièrement nécessaires aux ingénieurs.

Les élèves de l’École des ponts et chaussées sont exclusivement recrutés parmi ceux de l’École polytechnique; cependant un certain nombre d’élèves externes peut être admis, par décision du ministre, à suivre les cours intérieurs de l’École.

Le personnel de 1 École se compose d’un inspecteur général, directeur de 1 École, et d’un ingénieur en chef, chargé de la direction des études et des détails de l’administration, et qui prend le titre d inspecteur de l’École.

En outre, un professeur pour chaque partie importante de l'enseignement, un chef des travaux graphiques, un maître de dessin, un maître de langue anglaise, un maître de langue allemande; ce qui fait un total de dix professeurs altachés à l’École, et qui sont tous nommés par le ministre des travaux publics, dans les attributions duquel est placée l’École des ponts et chaussées.

Au moins deux fois tous les mois se réunit le conseil de l’École pour délibérer sur les questions intéressant l’état des élèves , et en particulier sur les propositions de retard, d’avancement ou d’exclusion définitive de l’École. Il se compose du directeur et de l’inspecteur des deux inspecteurs généraux et des professeurs sous la présidence du ministre des travaux publics.

Le conseil arrête aussi les listes de classements de fin d’année et de sortie, discute et soumet à l’approbation du ministre les programmes des cours , et donne son avis sur toutes les questions qui peuvent lui être déférées par l’administration de l’École ou par le ministre. Le système d’instruction de l’École

liant toutes les propriétés des triangles sphériques;

3° L’algèbre, comprenant la résolution des équations indéterminées du premier degré ; la théorie des exposants fractionnaires et des exponentielles, la dénombration de la formule du binôme de Newton, dans le cas des exposants entiers et positifs; la composition générale des équations; la règle des signes de Descartes ; la détermination des racines commensurables, celle des racines égales ; la résolution des équations numériques par approximation; 1 éliminations dos inconnues entre deux équations d’un degré quelconque à deux inconnues;

A" La trigonométrie rectiligne, et l'usage des tables de Lewis ;

,1° La statique démontrée d’une manière synthétique, comprenant : la composition et la décomposition des forces; la composition et l’équilibre des forces qui agissent dans un même plan , suivant des directions quelconques ; la composition et l'équilibre des forces parallèles; la détermination du centre de gravité du triangle et celle du centre de gravité de la pyramide; l’équilibre des machines simples; le levier, la poulie, le plan incliné, le coin, le treuil, lavis et les moufles;

6° La discussion complète des lignes représentées par les équations du premier et du second degré de deux inconnues, et les propriétés principales des sections coniques;

7° Un exemple de résolution de triangle rectiligne est proposé à chacun des candidats pour constater qu’il sait se servir de tables de logarithmes. Les calculs sont faits avec les tables à sept décimales.

8° Les candidats traduisent, sous les yeux de l’examinateur, un passage d’un auteur latin de la force de ceux qu’on explique en rhétorique, et traitent, par écrit, en français, un sujet de composition donné;

9° Ils copient enfin une académie, en partie ombrée au crayon, qui leur est présentée par l’examinateur.

Comme nous le disions plus haut, les élèves ont le droit, suivant leur rang de sortie, de choisir le service public où ils désirent entrer; cependant les candidats qui ont été admis étant au service ne peuvent entrer que dans l’armée , à moins qu’ils n’aient achevé leur temps de service, dans lequel comptent les deux années d’école.

Chaque élève paye une pension annuelle de 1 ,000 fr. et subvient en outre aux frais de son habillement uniforme, ainsi que des liv res et autres objets necessaires à ces études.

Après l’École polytechnique, nous devons nécessairement citer l’Ecole des ponts et chaussées et celle des mines, qui font suite eu quelque sorte à celle que nous venons de décrire.

École des ponts et chaussées. — La fondation du

corps des ponts et chaussées remonte à l’année 1719, époque à laquelle furent commissionnés un inspecteur général, un architecte premier ingénieur, trois inspecteurs et vingt et un ingénieurs des ponts et chaussées pour le service des généralités et des pays d’élection.

En 1 7 44 , la décision ayant été prise de procéder à la levée des plans et cartes de toutes les routes, grands chemins et chemins de communication du j royaume, l’emploi d’un grand nombre de géographes,

Salle de dessin à l’École polytechnique.

de dessinateurs et d’agents inférieurs de différents ordres que ce travail exigeait, rendit nécessaire l’établissement d'une sorte d’école ou l’enseignement rendit tous les agents capables d’exécuter un travail d’ensemble tout en les réunissant sôus l’autorité d’un seul chef. Alors fut institué le bureau des dessinateurs et le dépôt des plans, première origine de l'École des ponts et chaussées , qui ne prit ce titre qu’en 1736, et eut comme premier directeur M. Peyronnet. Le nombre des élèves fut fixé à soixante, et celui des surnuméraires à dix. Les élèves étaient divi¬

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