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CHAPITRE LV. — LES ÉCOLES

comptable, un conservateur et un bibliothécaire.

Comme on le voit, on s’était laissé entraîner peu à peu bien loin du but primitif de l’institution; l’enseignement oral et théorique avait remplacé complètement renseignement de visu par les machines et par les démonstrations.

Les machines, n’étant plus utilisées pour l’enseignement, avaient été de nouveau négligées; quelques-unes seulement demeuraient exposées, les autres étaient enfouies dans les salles, sans ordre ni soin; on était presque remonté au temps d’aftreux désordre stigmatisé par Alquier; eu vain les collections s’étaient-elles enrichies d’objets acquis ou reçus en dons, tels que les machines de la galerie du duc d Orléans, les machines conservées à 1 Institut , le cabinet d’horlogerie de F. Berthoud, les cabinets de physique du célèbre Charles et de l’abbé Nollet, enfin les épures de Vaucanson, et les dessins et planches relatifs aux arts. A voir le public rare et comme perdu qui visitait les galeries du Conservatoire sans pouvoir s’y instruire, on aurait cru qu’une dévastation nouvelle avait détruit cette belle collection ; la bibliothèque seule attirait encore de laborieux visiteurs.

Il ne fallait cependant, pour réparer le mal, qu’un peu d’argent et une volonté ferme; maintenant, grâce aux ressources des crédits obtenus, et grâce surtout aux soins persévérants de M. Morin, directeur actuel du Conservatoire, et à ceux du conseil de perfectionnement, celte apparence de ruine a enfin

disparu ; les richesses enfouies dans les caves et dans les greniers sont exhumées, et, bien qu'il reste beaucoup à faire , déjà l’on trouve beaucoup à admirer. Chaque machine porte un numéro d’ordre et une indication sommaire suffisante pour en faire comprendre l’usage et l’utilité. I n catalogue raisonné et méthodique est commencé, et, lorsqu’il sera terminé et livré au publie, il servira de guide certain à travers les applications pratiques que notre siècle d’industrie a su faire en si grand nombre de la science et de la théorie; ce livre en main, il sera curieux d’observer ce cercle restreint que l’esprit humain parcourt à la suite de toute idée en industrie comme en poésie, en morale comme en politique , et cette étude pleine d’instruction pourra prévenir bien des illusions.

Qu'on examine, par exemple, parmi les instruments que possède le Conservatoire, la pompe à spirale ou héliçoïdale de Wetmann, inventée en 1750; c’est un instrument si simple à la fois et si ingénieux ,

I que les effets n’en ont été dépassés par aucune des I pompes à piston ou à soufflet inventées depuis, et

SiVlt: de dessin,

de haut enseignement, ayant pour but l’application des sciences aux arts et à l’industrie, furent confiés

Salle des machines agricoles.

I à des savants de premier ordre, constitués en con- I seil de perfectionnement; on leur adjoignit un agent

lumineux rapport d’Alquier, dont l’impression fut ordonnée, se prononça contre cet ajournement funeste, et l’opinion publique, éclairée par ce rapport, força enfin les Cinq-Cents à revenir sur leur première résolution. Une nouvelle commission fut nommée ; le rapport, dressé par l’abbé Grégoire, fut déposé le 17 floréal an VI; le 26 du même mois, l’ab- : baye Saint-Martin était affectée à l’é- ! tablissement du Conservatoire des arts et métiers, et le 22 prairial suivant celte résolution, adoptée par le conseil des Anciens sur le rapport de Lebrun, devenait loi de l’État. L’administration de , cette époque procédait alors avec la même lenteur que l’on a reprochée à toutes celles qui l’ont suivie; aussi les : bâtiments de l’abbaye Saint-Martin ne j furent-ils livrés que le 12 germinal an VII aux membres du Conservatoire, J.-D.

| Leroy, Conté, Molard et Beuvelot, dessinateur, qui tous avaient été membres des commissions antérieures. Ce n’était i encore qu’un commencement de satisfaction donné aux amis des sciences et ■ des arts, mais du moins devait-il avoir > pour effet d’empêcher de voir une seconde fois les diverses parties d’une machine précieuse, inventée par Pascal, tellement dispersées, qu'on eut beaucoup de peine à en rassembler les pièces principales.

Les machines, bien qu’expliquées par des démonstrateurs, ne constituant pas un enseignement dont Futilité fût en rapport, soit avec les sommes dépensées, soit avec le but du gouvernement, M. de Champagny, ministre de l’intérieur, y joignit, en 1806, une école pour les enfants de la classe ouvrière, choisis sur la présentation des maires et des préfets.

Ne se contentant pas de l’enseignement de l’arithmétique, de la géométrie élémentaire, des nouveaux systèmes de poids et mesures, des sciences mécaniques et du dessin d’ornement, machines et architecture , le ministre Chaptal, à son tour, créa, en 1810, une école de filature. Puis à la suite des embarras et des revers de toutes sortes sous lesquels Napoléon devait succomber , cet enseignement ayant faibli, il fut question un moment de déplacer le Conservatoire : le déplacer, c’était l’anéantir. Napoléon le sauva en décidant, par un décret du U mai 1813, que le Conservatoire garderait provisoirement le local où il était établi. De 18 U à 1817, heureux de ne pas mourir,

, le Conservatoire végéta dans l’indifférence ; en i 1817, le directeur reçut l’aide d’un sous-directeur I et d’un conseil de perfectionnement ; mais ce n’est

! réellement qu’en 1839 et en 1813 que l’enseignement y prit un développement important. Dix cours

qu’on sera forcé de revenir son emploi, vû son utilité.

Nous voudrions pouvoir conduire nos lecteurs dans toutes les salles du Conservatoire, leur montrer les unes après les autres, dans leur ordre logique ou chronologique, toutes ces inventions diverses, en leur exnlionant tour à tour ces instruments de nhvsinue

dont nulle part on ne trouve une plus complète collection; le cabinet d’optique, où les amusants effets constatés par la science reposent l'esprit en charmant les yeux; la galerie d'horlogerie, si riche, et que recommandent les noms à jamais illustres des Berthoud, des Breauet et des Leroy ; la belle collection des nouveaux

poids et mesures, paisible conquête de la révolution de 1789, rendue plus intéressante encore par la comparaison des poids et mesures des autres peuples; puis l;i galerie des instruments aratoires, devant laquelle nous nous arrêterions d’autant plus que la se trouve peut-être la solution de tontes les difficn'tés nnM tiques

(iraml amphithéâtre des cours publies pour les ouvriers.

du moment. Nous terminerions cette revue par l’étude sérieuse des modèles de géométrie descriptive nouvellement classés.

Mais cet examen si long, si intéressant, à la suite duquel chacun choisirait un sujet particulier d’étude analogue à ses goûts, à ses occupations et à ses espérances d’avenir, serait insuffisant s’il n’était fécondé

par les leçons orales de géométrie appliquée, de mécanique, de physique, de chimie, d’économie politique, de législation industrielle, d’agriculture et de céramique, données par les habiles savants que TÉtat charge de vulgariser la science, dans l’amphithéâtre à peine assez grand pour contenir la foule industrieuse qui se presse sur les gradins auxquels on parvient par

deux entrées différentes ; au bas des gradins se tient le professeur, dont la voix, écoutée avec un religieux silence, arrive claire et distincte à tous les points de cette vaste salle chauffée l’hiver par un puissant calorifère : ce professeur est placé près d’une table sur laquelle il dispose tous les instruments nécessaires à ses démonstrations, et autour de laquelle quelques

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