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De là les formes contournées, fantasques, les agencements disgracieux, l'exécution flasque et molle qui amenèrent la décadence de 1 ornement sous Louis XVI. De là aussi l'introduction d'ouvriers allemands, hollandais, anglais, dans nos manufactures, où 1 on comptait alors dix étrangers contre un français.

L'École parvint rapidement à un haut degré de prospérité. En 1 (b8, le îoi lui fait don de trois maisons; deux ans après, il lui accorde par lettres patentes la propriété de 1 amphithéâtre Saint-Cothe, où elle existe encore aujourd'hui. Le roi lui accorde également des maîtrisés et apprentissages pour les grands prix et accessit dans les six corps de métiers de Paris.

Les princes, la noblesse, le clergé, les corporations, s’empressent à l'envi de concourir, par des fondations perpétuelles ou annuelles, à cette oeuvre d utilité et de patriotisme. En entrant chez un maître pour y apprendre un métier, chaque apprenti était tenu de verser 3 francs à la caisse de l’École, dont les revenus s élevèrent bientôt de à 50,000 francs. Les artistes payèrent aussi leur tribut . Les premiers peintres firent des modèles gratis; les plus célèbres musiciens donnèrent des concerts à l'Opéra au profit de l'École. La distribution solennelle des prix eut lieu pendant plusieurs années aux Tuileries, dans la galerie de Diane, sous la présidence d’un ministre.

Toute la fabrication de Paris ne tarda pas à se ressentir d’une telle impulsion.

Le travail délicat des objets de luxe, leur Uni précieux, attirèrent dans la capitale for des provinces et de l’étranger. C’est de cette époque que date la différence que l'on remarque entre le mauvais goût de 1 invention, c est-à-dire de la partie artiste, et 1 admirable adresse de la main-d’œuvre. On pourrait suivre les progrès de la pratique patiente , consciencieuse et adroite des artisans français , dans la marche progressive et toujours ascendante de l’École gratuite de dessin et de géomé trie, dirigée d’abord pai M. Bachelier, peintre, et complétée depuis par l’ouverture des classes du soir, par la création d'une école de sculpture, par l’introduction de l'étude de la plante vivante et de la bosse, par le cours historique d'ornement dessiné et démontré au tableau, par l'extension des classes d’adultes et des concours, etc. , etc.

L'Ecole et toutes les branches de Son enseignement ont sans cesse répondu aux vœux de l'industrie ; souvent même elles les ont devancés. Ainsi, pour n’en citer qu’un seul exemple, l’ornement, qui joue

un si grand rôle dans nos sociétés modernes, pour l’architecture comme pour le reste, y a pris une grande

Porte d’entrée de l’École des chartes, rue du Chaume.

importance et y est l’objet d’un encouragement spécial. On l’a vu, s’inspirant de l’antique, ramener, sous le

Salle des cours de l'école des chartes.

crayon de l’architecte Percier, le goût des formes simples, pures, un peu arides , qui dominèrent dans la

fabrication des meubles, des bijoux, etc., sous l’Empire et une partie de la Restauration.

Après 1830, la paix et l’affluence des étrangers à Paris rendirent l’ornement français cosmopolite. On imita le moyen âge, la renaissance, le moresque. Pûis l’art déborda des palais dans la rue. Les maisons neuves se couvrirent de broderies , de sculptures , et ce nouvel essor, totrt en embellissant la ville, créa une carrière lucrative à une foule de jeunes ornementâtes dont l’École était devenue la pépinière.

C’est par le bon goût du dessin , du choix des ornements, que les étoffes, les bijoux, l’orfèvrerie, la porcelaine, les tapisseries françaises, ont victorieusement soutenu la concurrence des étrangers sur tous les marchés de l'Europe , et l’École peut à bon droit revendiquer sa part de cette supériorité nationale.

Nous devons citer aussi l’École gratuite de dessin ouverte rue Dupuytren et où ne sont admis que les jeunes filles. Les éloges que nous avons adressés à l’École de la rue de l'Ecole de Médecine peuvent s’appliquer aussi à celle de la rue Dupuytren quant au but de cette institution et à l'incontestable habileté misé dans sa direction. Pour le monument , il ne mérite aucune description, c’est, une école, rien de plus.

Ceo te des Chartes. — L’origine de cette École est toute moderne, presque contemporaine; elle date du réveil des travaux historiques et archéologiques en France. En 1817, M. Raynouard, l’auteur des Templiers , se promenait en compagnie de M. l’abbé de (Moniesquiou , ancien ministre de l’intérieur de Louis XVIU.

Il lui parla d’un projet qui Consistait à renouveler en quelque sorte laïquement la congrégation de Saint-Maur, en faisant élever aux frais de l'État, dans une maison appartenant à l'État et dont lès professeurs seraient payés par l’État, un certain nombre de jeunes gens destinés à devenir des bénédictins civils, ainsi les nommait M. Raynouard, qui offrait même d’accepter les fonctions gratuites de directeur de cette École.

La proposition plut beaucoup à l’abbé de Moniesquiou, qui soumit à Louis XVIII le plan exposé par M. Raynouard.

Le roi, dont la fondation d'un pareil établissement caressant les affections littéraires et les prétentions archéologiques, reçut avec plaisir la communication de son ancien ministre et répondit qu'il y réfléchirait.

Lé roi réfléchit pendant quatre ans. Ce ne fut. que le 2 mars 1821 que parut dans le Moniteur une ordonnance qui , « dans le but de ranimer un

genre d’études indispensables à

la gloire de

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