LE SAGE, LE CONQUÉRANT
César, cardinal d’Estrées, a consacré ce globe céleste ou toutes les étoiles du firmament et les planètes sont placées au lieu même où elles étaient à la naissance de ce fameux monarque, afin de conserver à l’éternité une image fixe de cette heureuse disposition sous laquelle la France a reçu le plus grand présent que le ciel ait jamais fait à la terre, m. dc. lxxxiii.
L inscription du globe terrestre contient aussi des éloges qui ne sont pas moins hyperboliques.
Plusieurs projets relatifs au déplacement de la Bibliothèque ont été successivement présentés. Napoléon, en arrêtant la réunion des palais du Louvre et des I uileries, avait décrété que la ligne transversale qui devait relier ces deux bâtiments, contiendrait la Bibliothèque impériale. Il esta regretter que ce changement n’ait pas eu lieu. Le local actuel de la Biblio-
l’i-ojet d’entrée pour la chambre de Thoutmès m, à la Bibliotlu que impcria’e
protégeaient avaient été abattus; quelques jours encore, et probablement il disparaissait à jamais. Il n’y a\ait donc pas de temps a perdre. Sous l’empire de ces considérations, malgré tous les obstacles, toutes les difficultés, tous les dangers qu’il prévoyait, notre courageux voyageur, poussé par un généreux patriotisme, se mit à 1 œuvre dès le jour même de son arrivée à Karnac, et parvint à doter l’initiative française
de ce reste incomparable, convoité depuis longtemps déjà par plusieurs savants étrangers, qui n’attendaient qu’une occasion favorable pour en prendre possession.
Dans la crainte de ne pouvoir complètement s’en emparer de prime abord, il commença par prendre avec du papier un estampage de tous les bas-reliefs; ensuite il fit élever, au moyen de briques crues, des murs d’épaulemertt destinés à soutenir les parois chancelantes, et à fournir des points d’appui aux leviers, seule machine qu’il put employer en cette circonstance. Ces préparatifs achevés, il fit glisser, l’une après l’autre, le long d'un mur incliné, construit à cet effet, toutes les pierres de l’édifice pour en entreprendre le sciage, opération sans laquelle il n’y avait pas à espérer de les enlever, à cause de leur poids énorme. Quinze Arabes avaient de la peine à en mettre une en mouvement ; l’architrave seule présentait près de cinq mètres de longueur sur un de largeur, et les deux traves qui courbaient la salle n’avaient pas de moins colossales dimensions. Le sciage fut exécuté avec toutes les précautions possibles et en même temps avec une remarquable promptitude; on était même déjà fort avancé quand Al. Prisse apprit que le gouverneur de la province venait à Luxor, dans le but de présider un conseil d’administration. Loin de se décourager, il redoubla au contraire d’activité et de prudence pour achever au plus vite et dérober ses opérations à la surveillance de Sélim-Pacha. Les ouvriers travaillaient la nuit à la clarté des tlambeaux; et M. Prisse, tout en dirigeant les travaux, était contraint de passer une partie de son temps auprès du gouverneur, afin de prévenir toute dénonciation. Enfin, après dix-sept nuits de périls et de fatigues indicibles, toutes les pierres se trouvèrent sciées , disposées dans des caisses et transportées dans la tente du voyageur.
Cependant le gouverneur ne tarda pas à être instruit de ce qui s’était passé; il fit enjoindre à M. Prisse de restituer sur-le-champ tout ce qu’il avail enlevé, et de quitter suile-champ les ruines dc Karbau. Des soldats furent même envoyés pour lui ravir ce qu’il avait si péniblement acquis ; mais notre intrépide compatriote sut, dans cette conjoncture, montrer une fermeté, un calme plein de courage, qui en imposèrent au gouverneur. Il fit respecter l'inviolabilité de son domicile, et Sélim-Pacha dut se borner, pour le moment, à mettre devant la tente des gardes (pii devaient s’opposer à la translation des caisses jusqu’au Nil. Après un mois d’expectative, il fallut néanmoins capituler. Quelques cadeaux eurent facilement raison de l’obstination du gouverneur. Les vingt -sept caisses furent immédiatement transportées au Nil et dirigées sur Alexandrie, où elles arrivèrent sans obstacles, grâce aux soins du zélé voyageur, tout heureux d’un succès aussi important pour la science et pour l’histoire.
La Chambre des liais a été édifiée sous le quatrième roi de la dix-huitième dynastie, Thoutmès III, qui vivait environ dix-sept cent cinquante ans avant Jésus-Christ. Ce Thoutmès, quoique moins connu que Hésnstris (RhamsèsII), fut cependant un grand prince. Les portraits qui restent de lui s'accordent ii lui attribuer un noble visage; il a le front haut, le nez aquilin, les lèvres peu saillantes, et n'accuse aucune trace de la race éthiopienne, à laquelle s était allié Aménophis Ier, le chef de la dix-hui¬
tième dynastie, dant la
Il fit la guerre avec éclat, et, peupaix, il encouragea les arts, qui furent flo¬
rissants sous son règne délivrée du joug des
. Il releva l'Égypte, à peine Pasteurs , et il eut la plus