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CHAPITRE LVIII. — LES BIBLIOTHÈQUES ET LES ARCHIVES

viron 1 m. 35 c., les douze arceaux restants sont occupés par des corps de bibliothèque adossés les uns aux autres, et par vingt-quatre bouches de chaleur ayant l’aspect de cheminées élégantes.

Il y a six tables dans chacune de deux galeries longitudinales, et une table dans chacune des deux autres. Chaque table est destinée à recevoir trentequatre lecteurs. Les ais centrais sont les seules parties en bois blanc. On les a peints en vert. Le reste est en chêne sculpté, ainsi que toutes les chaises.

11 nous reste à dire que les deux sal es de lecture, celle des manuscrits et celle des imprimés, sont parquetées, et que de becs de gaz, sortant du milieu des tables, éclaireront les séances du soir. Les salles du rez-de-chaussée ont 7 mètres de hauteur. La salle du premier étage a environ 10 mètres d élévation et 78 mètres 10 centimètres de longueur de parquet. Chaque galerie a 5 mètres 50 centimètres de largeur de parquet. Les arceaux extrêmes ont 8 mètres 42 centimètres d’ouverture ; les autres n’en ont que la moitié.

Pour les autres bibliothèques de Paris, nous avons déjà parlé successivement de chacune d’elles ; nous sommes entrés tour à tour aux bibliothèques de l’Arsenal, de la Ville et Mazarine.

En outre de ces grands établissements publics, les Tuileries, le Sénat et le Corps législatif, les ministères, 1 Institut, le conseil d’Ëtat , la cour de cassation, l’ordre des avocats, les Invalides, la Bourse, l’Observatoire, les écoles spéciales, etc., ont leurs bibliothèques particulières, (pie les membres de ces différents corps peuvent consulter, et qui d’ailleurs sont gracieusement ouvertes aux savants et aux littérateurs de tous les pays.

Il est difficile d’avoir un inventaire exact des richesses de nos bibliothèques. Voici toutefois un état approximatif qui est comme le plus précis.

Voltaire puisa quelques-uns de ses matériaux pour le Siècle de Louis XI V, et Raynal pour son Histoire des Indes.

Plus tard, en 1782, un travail fait par ordre du gouvernement procura la liste de douze cent vingtcinq archives ou dépôts de titres existants alors dans les généralités, élections, villes, communes, corporations ou châteaux. Mais il était réservé aux hommes savants qui parurent aux premiers jours de la révolution de protéger ces précieux dépôts lorsque les grandes corporations furent supprimées , et de créer nos archives nationales.

Dès le 7 août 1790, l’assemblée constituante avait ordonné la réunion des dépôts et chartriers existants ii Paris. Deux mois après, elle décrétait l’organisation et le régime des Archives nationales ; enfin, le 27 décembre 1791, elle ordonnait qu’il fût fait un inventaire général, et elle défendait qu’aucune expédition pût être délivrée sans la signature de l’archiviste, en déclarant que les pièces déposées aux

regardé

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720,000 90,000 1 10,000 250,000 45,000 80,000 40,000 co.ooo

Biblioth. impériale .

— Mazarine .

— de Sainte-Geneviève.. . .

— de l’Arsenal .

— de la ville .

— de l’Institut .

— du Corps législatif. . . .

— delà liste civile, au Louvre.

Soit, ensemble, environ 100,000 manuscrits et 1,500,000 imprimés.

Archives impériales. — Jadis les archives suivaient les rois à la guerre et dans leurs voyages, et nous devons la perte d’un grand nombre de documents historiques à cette déplorable coutume. Dès la fin du douzième siècle , les monastères et les cathédrales avaient adopté l’usage de réunir et de conserver tous les actes qui pouvaient offrir quelque utilité, et l’on vit même les particuliers \ déposer souvent leurs papiers, ou les faire transcrire sur les registres de ces établissements pour y recourir au besoin. C’est de lii que nous sont venues nos principales chroniques , telle que celle de saint Denis, et nos premiers historiens, comme Grégoire de Tours, etc.

Jusqu’au seizième siècle , toutes les pièces recueillies étaient écrites en latin ou en langue romane. François Ie1’, voulant répandre l’usage de la langue française, ordonna, en 1540, que les actes publics fussent écrits en langue française; mais il n’y avait point encore d’autres archives que celles qui furent conservées jusqu’en 1582 à la Sainte-Chapelle. Ce ne fut que sous Louis XIV que les archives commencèrent réellement à s’organiser , grâce aux travaux de Baluze, qui recueillit les Capitulaires, mit en ordre les manuscrits, et créa, en 1688, le dépôt de la guerre. Les archives du Louvre ne datent que de 1716, et nous savons que, sous le règne de Louis XV, un bâtiment fut élevé à Versailles pour la centralisation des archives de la guerre et de la marine. C’est là que

Salle des Archives de la cour (les comptes.

lacés qu’en vertu

archives ne pouvaient en être d’un décret.

La Convention nationale prit également soin des archives, dont elle régla l’administration le 10 octobre

1792. Elle réunit au Louvre les dépôts énoncés dans le décret du 7 août 1790, et les divisa, le 3 novembre

1793, en deux sections formant les archives domaniales et judiciaires de la République. Peu de jours après, elle ordonna d’y rassembler les livres, parchemins et manuscrits qui seraient donnés librement, et elle décréta que les titres, minutes et registres de la police municipale, contentieuse et correctionnelle de Paris, seraient réunis à la section judiciaire des archives nationales , qui devinrent dès lors le dépôt central de toute la France.

Les opérations relatives au triage et au classement des titres occupèrent particulièrement le Directoire, qui créa à cet effet un bureau spécial placé d’abord dans les attributions du ministère de la justice, puis dans celles du ministère des finances ; mais ce bu¬

reau fut supprimé sous le Consulat par Bonaparte , qui déjà, le 8 prairial an vu t (28 mai 1799), avait rendu un arrêté relatif à une nouvelle organisation des archives nationales.

La République et l’Empire avaient enrichi ce vaste dépôt des documents historiques et des pièces enlevées des pays conquis par les armées françaises. Ainsi on put longtemps consulter les archives du Piémont, celles de divers pays du Nord, et surtout les archives pontificales, qui jusqu’alors avaient été secrètes. Malheureusement l’inconstance de la victoire obligea plus tard la France à des restitutions pénibles, et l’année 1815 nous vit enlever tout ce qui nous était venu de l’étranger.

L’administration des archives a presque toujours été sous la dépendance du ministère de l’intérieur. Cependant sous le règne de Louis-Philippe elle a quelque temps été dans les attributions du ministère du commerce et des travaux publics. Elle était divisée en six sections : législative, administrative, historique, topographique, domaniale et judiciaire. Pendant quelques années, de 1831 à 1836, celte dernière section a été placée dans le ressoit du ministère de la justice. Aujourd hui ces six sections n’en forment plus que trois : historique, administrative et législative et judiciaire, et l’administration des archives est sous la dépendance du ministère d’État.

Après avoir successivement occupé les bâtiments du Louvre et du palais du corps législatif (la section judiciaire restant au palais de justice), les archives nationales ont enfin été établies à l’ancien hôtel Suubise, qu’elle occupent encore. Hâtons nous de dire que Napoléon avait reconnu jadis l’insuffisance de ce monument, et, par décret du 21 mars 1812, signé au palais de l’Élysée, il ordonna qu’on construisit entre le pont d’iéna et le pont de la Concorde, sur le quai de la rive gauche de la Seine, un édifice destiné à recevoir toutes les archives de l’Empire et devant contenir un emplacement de 100 mètres cubes. Cet établissement, que les circonstances n’ont pas permis d’exécuter, devait être conçu de manière à pouvoir être doublé, si cela était nécessaire, et entièrement construit en pierre et en fer.

Depuis la création des archives nationales, ce riche dépôt a été administré par quelques hommes distingués, parmi lesquels nous citerons le député Camus, d’abord nommé archiviste le ! ï août 1789, pu s confirmé dans ses fonctions, sous le titre de garde, par le premier consul, le 24 juillet 1800; le docte et laborieux Daunou, qui succéda le 45 décembre 1804 à Camus, mort par accident, fut mis à la retraite sous la Restauration et replacé à la tête des archives le 13 août 1830, avec le titre de garde général; enfin, le savant Letronne, membre de l’Institut, nommé le 5 août 1840, moitié 14 décembre 1848.

D’après un recensement qui a été terminé le 10 février 1852, les archives impériales renferment en ce moment deux cent trente-huit mille cinq cent treize cartons, liasses, registres, portefeuilles, volumes , plans et cartes, divisés en trois sections, placées, ainsi que les autres parties du service , sous la direction d’un garde général, nommé par l’empereur sur la proposition du ministre de l’intérieur, de l’agriculture et du commerce. Un diplôme original de l’an 625 est le titre le plus ancien qu’elles possèdent. Les versements de chaque ministère viennent augmenter chaque jour, dans une proportion considérable, les archives impériales.

La plupart des établissements administratifs ont aussi leurs archives ; nous citerons entre autres la Cour des comptes, qui en possède une collection trèsétendue, occupant, dans les bâtiments du quai d’Orsav, une salle d’une construction remarquable.

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