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CHAPITRE LXI. — LE FEU ET L’EAU

là

point de vue de l’effet, niais ont été reconnus inapplicables sous le rapport de l’économie. L’usine de Belleville, qui avait été fondée pour fabriquer du gaz avec de la résine, a dû se transformer et en venir au système de la fabrication par la houille. Une usine

extra-muros, qui exploitait le procédé très - ingénieux de M. li¬

gne pour la production du gaz dit ç/az à l’eau , vient également de se décider à extraire son gaz du charbon de terre. L’éclairage au gaz d’huiles essentielles, qu’on a voulu mettre en pratique sur la place du Musée, a présenté des difficultés pour le prompt allumage, que le froid de l’hiver eût rendues plus grandes encore ; il répandait une odeur qui eût été insupportable dans les intérieurs, et produisait une l flamme fuligineuse qui obscurcissait et enfumait bien¬

tôt les réflecteurs et les verres. L’essai d’éclairage par les piles de charbon dont la place Louis XV a été le théâtre, est demeuré à l’état d’expérience de laboratoire. Son prix de revient n’a point été recherché, parce qu’il est demeuré démontré dès l’abord qu’il serait infiniment plus élevé que celui du gaz de houille. C’est donc

Ar nés et instr .ments.

à perfectionner celui -ci, bien plutôt qu’à le remplacer, que doivent tendre tous les efforts. En le purifiant avec soin, en en rendant la combustion inodore, en lui enlevant toute action sur les peintures et les dorures, les compagnies qui en exploitent la fabrication généraliseront son usage et le feront pénétrer dans l’intérieur des ha -

Sapeurs-pompiers. — Nouvel uni tonne.

bitations privées. Là ou les compagnies n’éclairent point moyennant un abonnement à forfait, mais oii elles perçoivent un droit proportionné au gaz qui a été consommé, elles établissent ce qu’elles appellent un compteur, espèce de cylindre au travers duquel jmsse le gaz. et qui est muni d’un mécanisme servant à constater la quantité qui l’a traversé. On a plus d’une fois cherché, en Angleterre, à faire de cet appareil un dernier épurateur ; si l’on arrivait sous ce

rapport à un résultat satisfaisant, le gaz ne serait plus relégué au

Armes et instruments.

dehors des portes cochères, il monterait les escaliers, traverserait les antichambres et se verrait un jours prochain peut-être, ouvrir à deux battants les porte, des salons.

Puisque nous avons intitulé notre chapitre : le Feu

et VF.au, nous devons nécessairement dire quelques mots sur ce que la grande ville consomme en combustible.

C’est environ 70,000 décastèresde bois qu’il lui faut pour se chauffer l’hiver, avec 3,500,000 hectolitres

Le sinistre.

de charbon de terre; plus le charbon de bois pour allumer ses fourneaux, qui sont nombreux sans doute, car il s’y consume, année moyenne, environ 3,000,000 d’hect. de ce combustible, et enfin 7,000,000 de cotrets. On comprend qu’avec un foyer de cette impor¬

tance, sans cesse incandescent, il y ait, de temps a autre, quelques incendies; cependant ces sinistres sont fort rares, et se bornent, le plus souvent, à des feux de cheminée, grâce au zèle intelligent et coura geux du corps des sapeuçs-pompiers.

L’établissement d’un corps organisé de sapeurspompiers remonte à la lin du dix-septième siècle. En lt>99, Louis XIV, qui avait déjà donné douze pompes a incendie à la ville de Paris, accorda à M. Duinouriez-Duperrier le privilège de construire seul, pendant vingt années, des machines semblables à celles qu’il avait rapportées de l’Allemagne et de la Hollande. — Les incendiés payaient alors les secours qu’il recevaient. En 1705, à l’époque de l’incendie de l’église du Petit-Saint-Antoine, la ville possédait 20 pompes desservies par 52 hommes de service, 10 gardiens de pompe et 10 sous-gardiens... Les pompes alors étaient déposées dans les établissements religieux, et des détachements de pompiers accompagnaient ie roi dans toutes ses résidences.

Vers 1722, on lisait sur la porte du directeur des pompes : Pompes publiques du roi, pour remédier aux incendies, sans qu’on soit tenu de payer. En outre, il y avait à 1 "Hôtel de ville des pompes qui étaient la propriété de quelques particuliers... En 1701, le nombre des hommes attachés au service des pompes publiques fut porté à 80, et l’on créa six corps de garde. L'année suivante, les pompiers portèrent leur premier casque en cuivre. En 1707, la compagnie fut portée à 108 hommes, et en 1770, son effectif était de 1 10 hommes, plus 11 surnuméraires. Il y avait une somme de 70,000 francs allouée à l’entretien du 1 corps. Seize ans plus tard, en 1780, 221 hommes coûtaient 1 10,000 francs. L’année suivante, on comptait 25 corps de garde. En 1792, les théâtres furent forcés d’avoir un service de pompiers rétribué par leur direction, et déjà à cette époque il était défendu de rien accepter des incendiés. En 1793, le corps reçut son premier drapeau , et dès lors les pompiers parurent à toutes les solennités nationales, ils eurent un code et un conseil de discipline et leu. s veuves furent assimilées à celles des défenseurs de la patrie.

Bonaparte, premier consul , réduisit le nombre des pompiers, ce qui permit d’élever le chiffre de leur solde. Les compagnies se composaient toujours de 150 hommes, mais il y avait 00 surnuméraires par compagnie, qui s’habillaient à leur frais, et qui en

Manœuvre de l’échelle à crochets.

complétaient le cadre. Au bout de deux ans de service, ces surnuméraires étaient exempts de la conscription, et faisaient partie du corps soldé par l’État. Plus tard, 1 Empereur décréta que le bataillon des sapeurs-pompiers de la ville de Paris concourrait au sei vice de sûreté publique, sous les ordres du préfet

de police, et qu’il serait soumis en tout à la discipline militaire.

Enfin, aujourd’hui , le corps des sapeurs-pompiers compte 023 sous-officiers, caporaux et soldats, 5 capitaines, 4 lieutenants, 5 sous-lieutenants, I trésorier, 2 chirurgiens et 2 adjudants. Ces 023 hommes for¬

ment 4 compagnies , qui occupent les quatre points cardinaux de la capitale. Il y a dans Paiis 37 postes de ville; chaque poste est composé tins 3 hommes nécessaires à la manœuvre d’une pompe. — Le commandant des sapeurs-pompiers de la ville de Paris est M. de la Condaminé, qui n’est que commandant parce que les statuts militaires ne permettent pas de nommer à un grade plus élevé le commandant d’un seul bataillon, et que le corps des sapeurs-pompiers ne forme qu’un seul bataillon. Toutefois, si, aux termes des règlements, les pompiers ne peuvent pas être commandés par un colonel, la France a confié à leur petit nombre la garde d'un de ses drapeaux.

Paris s’agrandit chaque année ; partout de nouvelles maisons se construisent; certains quartiers autrefois inhabités se sont transformés, comme par enchantement, en petites villes entièrement neuves; le chiffre de la population s’élève dans la même proportion que le nombre des habitations, et cependant tel est le zèle, tel est le dévouement du faible corps des sapeurs-pompiers, qu'on ne songe pas encore a augmenter son personnel ; on n’en éprouve même pas le besoin. Quel plus bel éloge pourrait-on faire de cette admirable institution ?

Qu on nous permette cependant de citer un passage de 1 avant-propos que M. le lieutenant-colonel Paulin a mis en tète de sa Théorie du Maniement de lu Pompe :

« Le corps des sapeurs-pompiers de Paris est un corps d’élite, et cela ne peut être autrement... En effet, lorsque les sapeurs arrivent dans un lieu incendié, ils sont maîtres des localités, tous les objets précieux restent à leur disposition et sous leur garde; il faut donc avant tout qu'ils soient parfaitement honnêtes; aussi existe-t-il fort peu d’exemples que des hommes de ce corps aient été punis pour infidélité.

« Ils doivent être intelligents, car leur métier ne consiste pas à agir comme de simples machines; ils doivent opérer avec discernement pour exécuter avec fruit les ordres qui leur sont donnes par leurs chefs, desquels dépend le succès des opérations dont ils sont chargés.

« Us doivent être sages, parce qu’une conduite dé¬

réglée, l’ivrognerie, la passion du jeu et la fréquentation des mauvais lieux peuvent les porter à faire plus de dépenses que leur solde ne le permettrait; qu’ils auraient alors besoin de se procurer de l’argent, et que par suite ils pourraient être tentés de soustraire les objets précieux qui se trouveraient abandonnés dans le local incendié qui leur est confié. Ils doivent être ouvriers d’art, maçons, charpentiers, couvreurs, plombiers, parce que les hommes de ces professions ont déjà l’habitude de parcourir les lieux élevés sans être effrayés, et d’agir sur ces points, et qu’ils sont d’autant plus adroits qu’ils connaissent la construction des bâtiments.

« Us doivent savoir lire et écrire, afin de pouvoir s’instruire sur les théories qui leur sont données dans les livres et pouvoir faire au besoin un rapport sur ce qu’ils ont remarqué dans un incendie.

« Ils doivent avoir une taille moyenne, parce que c’est dans cette classe d’hommes qu’on trouve une constitution robuste et en même temps agile, qui leur permet de faire de la gymnastique et de pouvoir agir ainsi avec peu de danger dans des opérations oii leur vie serait compromise s’ils n’avaient l’habitude de travailler sur des points élevés, isolés, et qui présentent peu de sécurité.

« Quand des sous-officiers de l’armée s’enrôlent dans les sapeurs-pompiers, ils ne sont reçus dans le corps «pie comme simples soldats, nul ne pouvant y être admis avec son grade, car il faut que les sousofficiers qui dirigent les sapeurs dans un incendie aient exercé comme simples soldats pour avoir les connaissances requises du métier.

« Les officiers qui y arrivent des autres corps sont choisis de préférence dans le génie et dans l’artillerie. »

Les appareils ou ustensiles dont se servent les pompiers pour éteindre les incendies sont tellement connus ou si exactement représentés dans les gravures ci-jointes, qu’il serait inutile d’en donner ici une description détaillée. Il en est un cependant qui, bien i\W illustre, mérite néanmoins une courte explication. Nous voulons parler de l’appareil Paulin.

Manœuvre du sac de sauvetage.

Jusqu’à ces dernières années, les feux de cave avaient été très-difficiles à éteindre et très- meurtriers, les sapeurs-pompiers ne pouvant pénétrer dans une cave oii un incendie s’était manifesté, sans s’exposer à être asphyxiés par la fumée. Grâce à la sollicitude paternelle de leur commandant, ces dangers n’exis-

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