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CHAPITRE LXV. — STATISTIQUE INDUSTRIELLE DE PARIS

l'ensemble des transactions que pour un septième, et ne compte que 62,531 travailleurs contre 344, 8 13 que fournissent les neuf autres arrondissements.

Les 342,530 ouvriers employés par les 64,816 entrepreneurs se composent de 204,925 hommes, 112,891 femmes, 24,714 enfants ou jeunes gens audessous de 16 ans.

Sur ce nombre, d’après la déclaration des patrons, 8,141 individus seulement appartiendraient à la population mobile. La commission voit dans la faiblesse de ce chiffre une erreur évidente résultant de l’indifférence des patrons sur le domicile réel des ouvriers qu’ils occupent, avec lesquels d’ailleurs, dans beaucoup d’industries, celles du bâtiment, par exemple, ils n’ont que des rapports passagers, et le plus souvent indirects.

Si, par ouvriers mobiles, on désigne seulement ceux qui viennent de certains départements travailler pendant la belle saison au bâtiment, et qui s’en retournent au pays chaque hiver, je ne crois pas que le chiffre donné par la commission soit aussi éloigné de la réalité qu’elle parait le craindre. En effet, d’un état officiel, indiquant les ouvriers existants chaque mois dans les garnis pendant cinq années, il résulte que la plus forte différence entre les mois de janvier et février, et de juin et juillet, n’a été qu’une seule année de 9,288 : pour les quatre autres, la moyenne est de 7,300. Mais il existe une autre, classe d’ouvriers mobiles : ce sont les étrangers à Paris et même à la France, qui, attirés par l’espoir d’un travail mieux rétribué, et sans tenir compte de la plus grande cherté des loyers et des subsistances, viennent dans cette ville pour y stationner plus ou moins longtemps, enfin les ouvriers qui font leur tour de France pour se perfectionner, et qui font en général un séjour assez long à Paris. 11 est sinon impossible, du moins trèsdifficile, de préciser le chiffre de cette partie de la population : les individus dont elle se compose n’ont en général rien d’arrêté sur le temps de leur séjour, subordonné à la facilité qu’ils ont de trouver du travail, et aux impressions les plus subites; ils sont d’ailleurs indiqués par les logeurs comme sédentaires, dès qu’ils habitent chez eux depuis quelques mois. Ce que l’on peut affirmer hardiment, c’est que le nombre des travailleurs étrangers à la capitale, et n’y résidant que temporairement, est assez élevé, et qu’ils contribuent à porter une fatale perturbation dans le taux de certains salaires : d’abord par leur influence désordonnée, quand l’industrie prend une certaine activité; ensuite par le bas prix auquel ils offrent leur concours dès quelle se ralentit, plutôt que de se décider à faire un long trajet pour retourner dans leur pays, et abandonner la vie si pleine d’émotions et si attrayante de cette grande cité. Du reste, les incertitudes de la commission à cet égard prouvent la difficulté d’arriver à la précision désirable.

Les 24,714 enfants ou jeunes gens se composent de 16,863 garçons, dont 1,249 au-dessous de 12 ans, et de 7,851 filles, dont 859 ont moins de 12 ans. Sur ce chiffre total, 19,114 sont apprenties; les autres travaillent dans les manufactures qui occupent à peu près seules des enfants payés à la journée, quelquefois par les ouvriers eux-mêmes, dont ces enfants sont les auxiliaires.

Sur 204,925 hommes, 740 fils ou parents des patrons ne reçoivent pas de salaire; 9,123 sont payés au mois, à l’année, et suivant des stipulations diverses ; 195,062 sont rétribués à la journée ou à la tâche; 1 17,064 à la journée; 77,998 à la tâche, et gagnent une moyenne appréciable, par journée de travail, de 3 fr. 80 cent. : le minimum est de 50 cent., le maximum de 35 fr.

27,453 hommes ont un salaire inférieur à 3 fr. ; 157,216 de 3 à 5 ; 10,393 ont plus de 5 fr. Les salaires tout à fait bas sont exceptionnels; attribués soit à des jeunes gens qui, venant de finir leur apprentissage, le complètent sous le titre d’obligés, soit à des vieillards trop faibles pour un travail suivi, soit enfin à des hommes ayant d’autres occupations ou ressources.

et pour lesquels ce salaire n’est qu’un accessoire.

Sur 112,891 femmes, 7,108 sont filles, femmes ou parentes des patrons, et ne reçoivent pas de salaire ; 4,157 sont payées a la semaine, au mois ou à l’année; 35,085 sont payées à la journée ; 65,541 aux pièces : c’est donc 101,626 recevant un salaire appréciable par journée de travail. La moyenne en est de 1 fr. 63 c.; le minimum 15c.; le maximum 20 fr. — 950 femmes gagnent par jour moins de 60 c.; 100,500, de 60 c. à 3 fr. ; 626 plus de 3 fr.

Comme chez les hommes, les salaires tout à fait bas sont exceptionnels et gagnés par des femmes travaillant à façon, plus ou moins dérangées par les soins de leur ménage, ou pour lesquelles ce travail n’est qu’un accessoire. Ainsi, le minimum mentionné de 15 c. est le gain de deux femmes infirmes, âgées, inscrites au bureau de charité.

Les enfants employés dans les manufactures gagnent de 50 c. à 1 fr. 25 c. par jour dans les filatures de coton; de 75 c. à 1 fr. 75 c. dans celles de laine; de 80 c. a 1 fr. 20 c. dans les fabriques de tissus, de châles et papiers peints.

Nous reviendrons plus loin sur la question des salaires et sur les variations qu’ils ont éprouvées depuis trente à quarante ans.

Les apprentis sont dans des conditions particulières qui varient à 1 infini, tant pour la durée des engagements que pour la nourriture, le logement, les sommes payées par les parents ou les gratifications que les maîtres s’engagent à donner au bout d’un certain temps. Il y a des engagements conditionnels depuis quinze jours jusqu’à quelques mois. Les engagements définitifs sont de l année jusqu’à 9; la généralité est de 2 à 5 ans; un cinquième seulement des apprentis est lié par des engagements écrits. Les contestations auxquelles donne lieu le contrat sont portées devant le conseil des prud’hommes.

Le nombre des apprentis étant de 19,114, sur une population ouvrière de 342,530, ce serait un apprenti pour 16 ouvriers, 92 p. 100 des deux sexes. Mais 56 industries, occupant 19,078 individus, n’en comprenant aucun, les 19,114 recensés sont à répartir sur 269 industries employant 325,452 travailleurs; c’est un apprenti sur 17. Les groupes qui en comprennent le plus sont les métaux précieux, un sur 8; la boissellerie et l’alimentation, un sur 10.

Dans les professions distinctes, la pâtisserie compte 660 apprentis sur 1 ,696 garçons. Les ciseleurs, graveurs, guillocheurs, brunisseuses, ont un apprenti sur 3 ouvriers; les couturières et ouvrières en dentelles, un sur 4 1/2; dans la bijouterie fine, I sur 5 1/2. Tandis que chez les constructeurs de machines, il n’y a guère qu’un apprenti par 58 ouvriers ; chez les fondeurs, clicheurs, 1 sur 65.

Il y a des professions qui se recrutent presque exclusivement d’ouvriers venant des départements et de l’étranger, ou appartenant à d’autres professions ayant avec elles une grande analogie : ainsi les constructeurs de machine se recrutent parmi les ouvriers en fer et en cuivre, pris dans d’aulres professions; la pâtisserie forme la plus grande partie des ouvriers boulangers et des cuisiniers. Dans quelques états, les pressiers d’imprimerie, par exemple, les ouvriers ne souffrent pas d’apprentis.

Les renseignements demandés sur le degré d’instruction et le mode de logement des ouvriers n’ont pu être obtenus que pour une partie d’entre eux. De 169,431 hommes sur lesquels on s’est expliqué, 147,311 savaient lire et écrire, 22,120 étaient étrangers à ces deux connaissances. Pour les femmes, on a été renseigné sur 86,616; 68,219 savaient lire et écrire, 18,399 étaient dénuées de toute instruçtion.

Quant au mode de logement, les renseignements s’appliquent à 167,094 hommes sur 204,185, et à 87,204 femmes sur 105,795; 122,922 hommes étaient dans leurs meubles, 9,861 habitaient chez leurs parents ou patrons; 34,301 logeaient en garni; 68,691 femmes étaientdans leurs meubles ; 14,355 chez leurs parents ou patrons, 4,158 en garni. 3,160 de ces der¬

niers appartiennent aux deux groupes des vêtements et fils et tissus.

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