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CINQUIÈME GROUPE. — FILS ET TISSUS

Les grands établissements où s’élaborent les fils et tissus tendent chaque jour à s’éloigner de Paris. Ainsi les filatures de coton, qui existaient au nombre de 44 en 1813, en faisant mouvoir environ 125,000 broches, et occupant 4,000 ouvriers des deux sexes, après s’être élevées au chiffre de 67 en 1823, n était plus, en 4847, qu’au nombre de 42, mettant en mouvement 56,020 broches, et n’employant plus que 1,032 individus. D’autres industries, telles que la fabrication des gazes et baréges, celles des couvertures, ont plus ou moins perdu de leur importance ; d’autres même ont quitté cette ville. Les fabricants de châles et de quelques tissus font effectuer une partie des façons hors des murs ; les derniers apprêts seuls sont donnés dans l’intérieur, par des sous-entrepreneurs qui

PARIS. TYP. DE FIRMIN DIDOT, 56, RUE JACOB. 20 C. par la poste.

constituent autant de divisions de la fabrication générale. Enfin la bonneterie, incapable de lutter contre la concurrence des campagnes et le nouveau métier circulaire plus généralement employé au dehors, va toujours diminuant : elle ne se maintient que par suite de la persistance des ouvriers possesseurs d un métier souvent transmis de père en fils. Beaucoup d’entre eux sont concierges ou possèdent quelque autre ressource, et ils acceptent toutes les réductions de salaires plutôt que de se déplacer ou de changer de profession. Depuis dix ans le prix des façons a diminué de 50 pour 100. Sur un chiffre total de 262 entrepreneurs, 156 travaillent seuls ou avec un ouvrier, le plus souvent leur fils ou parent.

La division du travail devient encore plus marquée dans ce groupe que dans le précédent ; aussi renfermet-il -43 industries, dont la plupart ne sont que les accessoires ou les subdivisions de 5 à 6 grandes fabrications. Deux d’entre elles ne font pas pour 100,000 fr. d’affaires. Ainsi les broderies forment quatre spécialités distinctes, indépendamment des dessinateurs recensés à part, et de la confection des canevas qui leur sont nécessaires. Six a sept industries coopèrent dans Paris à la fabrication des châles et à celle des tissus.

Le nombre des entrepreneurs est de 3,799, dont 698 occupent plus de 10 ouvriers; 1,244, de 2 à 10; 1,857, 1 ouvrier ou travaillent seuls. Parmi les premiers on trouve 226 fabricants de passementerie, 77 de broderie, 43 de bonneterie, 13 de châles et 33 frangeuses de châles.

Les transactions, qui s’étaient élevées en 1817 à 103,818,111 fr., sont tombées, en 1818, à 15,782,971. Des 36,685 ouvriers, 19,152 ont été congédiés.

La plus importante de ces industries est la passementerie, qui se divise en sept branches, dont chacune confectionne des articles différents. Considérée dans son ensemble, elle comprend 999 patrons, 9,191 ouvriers, pour 28,101,937 fr. d’affaires. L’une de ses subdivisions, la fabrication des bretelles et jarretières, fait seule pour 1 millions.

La fabrique de châles vient ensuite; elle compte 226 patrons, 2,190 ouvriers, sans parler de ceux qu’elle occupe «à l’extérieur, et fabrique pour 9,898,180 fr. La réduction quelle a éprouvée en 1848 a été de 61 pour 100.

Les entrepreneurs de broderie proprement dite, au nombre de 520, occupant dans Paris 3,961 ouvriers, produisent pour 6 millions, dans lesquels ne sont pas compris les travaux qu’ils font exécuter sur dessins envoyés de Paris dans plusieurs départements de l’est, et dans deux cantons de la Suisse.

Une spécialité distincte, celle des bourses et sacs en broderies ou en filet, occupe 90 patrons, 900 ouvriers, et fabrique pour 1,670,560 fr., dont la plus grande partie est expédiée dans les départements et à l’étranger.

La fabrication des tissus pour gilets atteint le chiffre de 3,801,130 fr. ; celle pour robes, meubles et boutons, celui de 3,895,750 fr.

La bonneterie, malgré sa décadence, compte encore 262 patrons, 2,650 ouvriers, et produit pour 4,754,7 17 fr. Cette industrie est très-divisée, elle comprend une vingtaine de spécialités distinctes, soit parla nature des objets confectionnés, soit par la matière employée, soie, fil, coton et laine.

Les seuls dessinateurs de fabrique et pour broderie forment un personnel de 139 patrons et 979 ouvriers, qui reçoivent en salaires près de 2 millions.

Les 5e et 6e arrondissements entrent dans le chiffre total des affaires pour les trois cinquièmes.

Sur les 36,685 travailleurs, il y a 21,87 4 femmes et 1,156 jeunes filles. Ici, comme dans la confection des vêtements, la possibilité de travailler à domicile a multiplié l’exécution à façon par de petits entrepreneurs; elle permet la coopération de beaucoup de femmes, pour lesquelles cette occupation n’est qu’un accessoire plus ou moins fructueux.

Ainsi, parmi les brodeuses et confectionneuses d’ou¬

vrages en tapisserie, il y a un certain nombre de dames et de jeunes personnes appartenant à des familles bien posées qui demandent à leur aiguille un supplément de ressources, tenant moins à l’élévation du salaire qu’aux égards, et quelquefois à la discrétion des entrepreneurs avec lesquels elles sont en rapport.

Les industries de ce groupe sont de celles qui expédient le plus en province et à l’étranger, oii plusieurs de ses produits sont compris dans la dénomination générale d’articles de Paris.

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