SIXIÈME GROUPE. — PEAUX ET CUIRS
Nous, trouvons ici deux divisions bien caractérisées : le travail des grandes peaux, bœufs, veaux et chevaux effectué par les tanneurs et corroyeurs; celui des petites peaux, moutons, agneaux, chèvres et chevreaux préparées par les mégissiers, peaussiers, maroquiniers qui les mettent aussi en couleurs. Si l’on ajoute à ces quatre spécialités les fabriques de cuir vernis, les teinturiers pour ganterie et les parcheminiers, on aura les sept industries composant ce groupe. Des 426 entrepreneurs, 102 emploient plus de 10 ouvriers; 233, de 2 à 10; 91, un seul, ou travaillent sans auxiliaire.
L’opération du tannage des gros cuirs, par sa lenteur et la mise de fonds qu elle exige, ne comporte que de grands établissements. Il n’en est pas de même de la préparation des petites peaux ; aussi les 26 tanneurs recensés occupent-ils plus d’ouvriers que les 109 peaussiers, mégissiers ensemble.
En 1847, ces 426 patrons avaient fait pour 41,762,965 francs d’affaires, réduites, en 1848, à 28,01 4,000 fr. De 4,573 ouvriers, 1,819 furent congédiés.
L’industrie des peaux et cuirs est une de celles qui ont pris le plus d’extension depuis 25 ans. En 1822 les tanneurs établis dans Paris, au nombre de 30, occupant 300 ouvriers, avaient un mouvement d’affaires de 3,383,368 fr. En 1847, les 26 existants occupaient 899 ouvriers, et vendaient pour 10,232,400 fr. La préparation des petites peaux, par suite de l’habitude qui s’est généralisée de porter des gants, et de l'importance des exportations, tant des chaussures légères que des cuirs et peaux préparées, a dù suivre une progression encore plus marquée; mais nous manquons de documents pour en établir exactement le chiffre.