‹ Tableau de ParisChapitre 17 sur 257 · CHAPITRE XLII. — LE LONG DE LA SEINE (Suite · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII. — LE LONG DE LA SEINE (Suite

aigles et des drapeaux. La partie matérielle de la cérémonie était prévue d’avance : on avait fixé l’ordre dans lequel se grouperaient les différents corps de cette armée de quatre-vingt mille hommes, députés par nos quatre cent mille soldats et nos trois millions de gardes nationaux (du moins, ces derniers ont failli être compris sur le programme) ; on avait disposé d avance les drapeaux , de manière à les faire passer au Président , à mesure que chaque chef de corps viendrait le prendre de sa main. Rien de saillant ne s’est offert dans l’exécution de cette partie du programme. Le Président et son cortège, arrivant dans le Champ de Mars, ont pris place sur l’estrade dont il a été question ; et les chefs de corps désignés, c’est-à-dire deux généraux , dix-neuf colonels , et trois autres officiers d’armes différentes , ont reçu successivement leurs drapeaux dans un ordre correspondant à celui du défilé , et sont venus se ranger à droite et à gauche de l’estrade. Un discours a été prononcé par le chef de l’État.

Immédiatement commença la bénédiction des aigles et des drapeaux. Un coup de canon annonça le commencement du service divin ; un second coup , l 'élévation. A ce moment, les tambours battirent aux champs, les trompettes sonnèrent la marche, les troupes présentèrent les armes. Pendant l'office divin, l’orchestre militaire exécutait des morceaux de musique religieuse. A l’issue de la messe, la bénédiction devait être donnée aux drapeaux , suivant les rites adoptés par l’Église. Cette partie de la fête avait un caractère plus original que le reste : rarement le Champ de Mars avait vu une pareille intimité entre l’Église et l’État. On avait construit pour la circonstance un monument tout spécial.

La chapelle, ouverte sur toutes les faces, avait 18 mètres de large sur 25 de hauteur ; elle était peinte en blanc , rehaussée d’or, soutenue par huit colonnes cannelées avec chapiteaux corinthiens. Sur les quatre pans, quatre immenses vélariums de velours cramoisi, brodés et drapés d’or , un dais d’une magnificence inouïe au-dessus de l’autel, et un drap d’or courant sur toute la surface, complétaient la décoration de la chapelle. C’est sur ce palier élevé que se groupaient les colonels de chaque régiment , avec leurs aigles, pour recevoir la bénédiction , qui leur était donnée par Mgr l’archevêque de Paris.

Sur les huit colonnes de la chapelle s’élevaient huit statues allégoriques de Rulhières, et un dôme entièrement doré; sur 1 escalier s’échelonnaient symétriquement des vases d’église, des cassolettes, des candélabres et des jardinières.

Les marches conduisant au palier de l’autel étaient au nombre de cinquante. Une immense croix latine surmontait le dôme doré, et donnait un grand caractère à l’ensemble de l’édifice.

Le nombre des ecclésiastiques et des membres des corporations religieuses qui assistaient à cette cérémonie a été de plus de huit cents, dont plusieurs cardinaux et plusieurs évêques.

La foule, venue de tous les points de Paris, grossie la veille et dans la matinée par les innombrables convois-monstres des chemins de fer qui avaient momentanément dépeuplé la banlieue, la foule avait inondé les tertres, les talus, les tribunes publiques, les hauteurs voisines et jusqu’aux toits des maisons. Dès huit heures du matin, l’océan de têtes s’étendait à perte de vue, et la fête ne commençait qu’à midi. Heureux les invités officiels et les nobles étrangers, en grand nombre d’ailleurs, auxquels l’hospitalité française accordait des places d’honneur !

Indépendamment des tribunes réservées, de chaque côté du Champ de Mars, sur le haut des tertres, s’élevaient des constructions de différentes formes, établies aux frais des particuliers, et qui ne contenaient pas moins de quarante mille personnes. Les billets, dont le prix avait été fixé à 5 fr., se vendirent 50 fr., 100 fr., et jusqu’à 150 fr.

L’aspect que présentaient sous un ciel admirable la variété des uniformes et les parures des dames était

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éblouissant, et. offrait un coup d’œil grandiose. Les sénateurs, les conseillers d’État, les magistrats, portaient tous le costume officiel.

Cette cérémonie, que n’avait d’ailleurs attristée aucun funeste événement, fut signalée par une institution nouvelle, la Médaille militaire. Cette médaille représente d’un côté l’effigie de Louis-Napoléon, et de l’autre, dans un médaillon doré, la devise : « Valeur et discipline. » L’aigle qui la surmonte est également doré : elle donne droit, d’après le décret de fondation, en date du 22 janvier 1852, à une pension de cent francs, qui se confond avec le traitement de la Légion d’honneur. Quant aux drapeaux, ils sont, à peu de chose près, les mêmes que ceux de l’Empire.

La fête du 10 mai 1852 rappelle la distribution des aigles en 1805, trois jours après le sacre de l’empereur Napoléon. Une autre solennité moins connue eut lieu également dans le Champ de Mars, dix ans après, dans un intervalle entre les désastres qui précipitèrent la chute de l’Empire : ce fut un banquet offert par la garde impériale aux garnisons de Paris et de Lyon et à deux bataillons postés aux Tuileries , formant un effectif de 1,200 officiers et de 12,000 soldats. Le général Pelet fut chargé, trois jours à l’avance seulement, de l’organisation de la fête. Il choisit pour salle du festin l’École militaire, destinée aux officiers, et le Champ de Mars pour les soldats. Il suffira de dire que, malgré tant de précipitation,

cette fête excita un enthousiasme véritable. Bon nombre de dames furent admises à circuler autour des tables que le génie avait dressées pour les soldats, et qui avaient été servies, moyennant deux francs par tète, par un marchand de vin et un restaurateur du Gros-Caillou. La carte des officiers avait été fixée à vingt francs. Moyennant cette somme, Véry fit des prodiges. Le banquet se termina par une promenade et par une manifestation improvisée des convives au pied de cette même colonne Vendôme que , dans quelques mois, les étrangers vainqueurs allaient décapiter.

Si maintenant nous voulions, quittant les splendeurs militaires, énumérer et décrire les réjouissances politiques, constitutionnelles, allégoriques, républicaines et autres, qui se sont succédé, comme un véritable chaos, dans l’enceinte du Champ de Mars, un volume ne suffirait pas pour renfermer les programmes et les procès-verbaux dus à l'imaginative de nos divers gouvernements. Heureusement pour nous qu’il suffira de deux ou trois descriptions sommaires pour donner une idée complète des nombreuses fêtes qui ont eu lieu depuis soixante ans sur ce terrain consacré : en effet, les plans des ordonnateurs ne brillent guère par l’invention. Rien ne ressemble plus à une revue qu’une distribution de drapeaux; et il est difficile de trouver des différences notables entre les sept ou huit fêtes de fédération et les cinq ou six proclamations de constitutions dont nos vieillards se

Aux bureaux do l’Illustration, rue de Richelieu 60.

souviennent encore. Quant aux cérémonies allégoriques, il est certain que le programme varie bien peu, et qu’on emploie les mêmes décorations et les mêmes moyens, qu’il s’agisse de la Victoire ou de l 'Être suprême, de la Jeunesse ou de la Vieillesse, de V Immortalité ou de la République , de V Agriculture ou de la Vertu. Commençons donc par le commencement, et, d’après un témoin oculaire, parlons de la fête de la Fédération, le 1 1 juillet 1790, jour anniversaire de la prise de la Rastille.

« La cérémonie avait été fixée au 14 juillet 1790 : la Fayette, en sa qualité de commandant de la garde parisienne, fut chargé du soin de la tête et nommé chef de la Fédération. On avait projeté de creuser le Champ de Mars, et de transporter la terre sur les côtés, afin d’en faire un vaste et magnifique amphithéâtre ; mais le jour décisif approchait, et déjà l’on voyait arriver de toutes parts les fédérés des provinces , que les bourgeois se disputaient l’honneur de recevoir et d’héberger dans leurs maisons. En dépit du travail incessant de douze mille ouvriers, cette tâche immense avançait avec une telle lenteur, qu’il y avait lieu de craindre qu’on ne pût avoir terminé à l’époque fixée. Dans cette extrémité, les districts invitent, au nom de la patrie, les bons citoyens à aider les ouvriers. Cette invitation électrise tous les cœurs : les femmes propagent l’enthousiasme. Aussitôt on voit sortir de tous les quartiers de la grande cité les citoyens marchant deux à deux. Des séminaristes, des écoliers, des militaires, des manœuvres , des chartreux vieillis dans la solitude, courent au Champ de Mars, une pelle sur le dos. Là, tous les citoyens sont mêlés, confondus, et forment un atelier immense et agité. La courtisane se trouve à côté de la chaste jeune fille qu’elle respecte; le capucin traîne la brouette avec le chevalier de Saint-Louis, le portefaix avec l’élégant du Palais Royal ; la robuste harengère travaille à côté de la délicate femme à la mode: et ces travailleurs improvisés forment un total de quatre-vingt mille personnes de tout sexe, de tout âge, de tout rang. Les hommes déposent leurs montres, les habits qui les gênent, les dames leurs bijoux, au premier endroit venu, sans précaution, sans surveillance: et rien n’est détourné et enlevé ; on eût dit que les malfaiteurs eux-mêmes respectaient cet élan extraordinaire d’enthousiasme et de patriotisme.

Des tavernes ambulantes, des boutiques portatives augmentent encore la variété du tableau. On entend un bruit confus de cris, de chants, de tambours, auxquels se mêlent la voix des travailleurs qui s’appellent ou s’encouragent. L’âme était profondément émue en contemplant un peuple qui semblait renaître aux doux sentiments de la fraternité primitive. Les groupes ne se séparaient qu’à neuf heures du soir, pour revenir reprendre le lendemain matin leurs patriotiques travaux.

Enfin le 14 arriva. Pendant que les fédérés, partant de la place de la Bastille, se rendaient aux Tuileries, la foule des spectateurs formaient une haie compacte sur le chemin qui conduit du palais des rois à un pont élevé à la hâte, en face du champ de la Fédération (ce pont provisoire a été remplacé depuis par le pont d’Iéna). Le cortège arriva enfin et prit place, se composant, non-seulement des députés des provinces, mais encore de l’Assemblée nationale , de la municipalité de Paris et des corps constitués : un amphithéâtre magnifique, disposé dans le fond, était destiné aux autorités nationales. On avait préparé pour le roi, la reine et le président, trois sièges pareils, à côté l’un de l’autre, et semés de fleurs de lis d’or. La reine s’assit derrière Louis XVI, sur un balcon qui portait aussi les dames de la cour. Les ministres se trouvaient à quelque distance du roi, et les députés étaient rangés des deux côtés. Quatre cent mille spectateurs remplissaient les amphithéâtres latéraux. Au centre s’élevait le magnifique autel de la Patrie. Trois cents prêtres, revêtus d’aubes blanches et d’écharpes tricolores, entouraient les marches et devaient servir la messe. L’arrivée des fédérés dura trois

PARIS- TYP. DE FIRMIN D1DOT, 56, RUE JACOB. 20 G. pa* la poste.

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heures : le temps était sombre et la pluie tombait par torrents.

Enfin la cérémonie commence. Comme par un coup de théâtre, le ciel se découvre, et illumine de son brillant éclat cette scène imposante. L’évêque d’Autun commence la messe; les chœurs accompagnent la voix du pontife, et le canon y mêle son bruit solennel: le saint sacrifice s’achève ! La Fayette descend alors de cheval et va recevoir les ordres du roi, qui lui donne la formule du serment. Le général la transmet à Pautel. Dans ce moment toutes les bannières s’agitent, tous les sabres étincellent. Le général, l’armée, le président, les députés crient: « Je le jure! » Leroi, debout, la main élevée sur l’autel, dit : «Moi, roi des Français, je jure d’employer le pouvoir que m’a délégué l’acte constitutionnel de l'État à maintenir la constitution décrétée par l’Assemblée nationale et acceptée par moi. »

Dans ce moment, la reine, entraînée par l’émotion générale, saisit dans ses bras l'auguste enfant héritier du trône , et , du haut du balcon oii elle est placée, le montre à la nation assemblée. Ce mouvement inattendu est salué de mille cris de : «Vive le roi ! vive la reine !

vive le dauphin! » Les fêtes, qui durèrent plusieurs jours, et l’accord qui régnait dans Paris semblaient annoncer que les haines étaient éteintes. Cette joie, ce bonheur furent de courte durée. Les fédérés quittèrent la capitale et la lutte recommença. »

J'ai donné , sauf quelques modifications, cette espèce de programme contemporain avec son ton d’enthousiasme et ses réflexions philosophiques imitées de Jean- Jacques: c’est une sorte de monument qui donne l’idée, non-seulement de la fête, mais encore des sentiments et des idées de ceux qui en furent témoins. Les derniers mots , « la lutte recommença, » peuvent s’appliquer, avec plus de justesse encore, aux réjouissances révolutionnaires qui suivirent la Fédération: ces diverses réjouissances furent à peine un temps d’arrêt sensible au milieu de la dévorante activité des hommes et de la rapidité prestigieuse des événements à cette mémorable époque. La terrible année 1793 vit plusieurs fêtes se succéder dans l’enceinte du Champ de Mars ou Champ de la Réunion : les principales furent l'inauguration d’une constitution nouvelle et la fête des Victoires, le 10 nivôse ou 30 décembre, en l’honneur de la prise de Toulon. Le grand artiste révolutionnaire , David , directeur des fêtes nationales, fut chargé de toutes les deux. Sur ses dessins on éleva un temple de l’Immortalité au milieu du Champ de Mars : les quatorze armées de la République furent représentées par quatorze chars , dont chacun portait douze soldats blessés. Le char de la Victoire orné de drapeaux conquis sur les puissances coalisées, fermait la marche: on exécuta les hymnes à la Victoire, composés par Marie-Joseph Chénier.

Ces deux cérémonies eurent un entr’aote sanglant: nous voulons parler du supplice de Bailly. Personne ne regrettera de ne pas trouver ici une nouvelle édition des tristes détails du supplice de cet homme de bien , victime de la fureur aveugle des partis , qui fut massacré en face de ce même Champ de Mars où il avait présidé aux fêtes de deux fédérations.

La fête de Y Être suprême, décrétée et célébrée au plus fort de la Terreur, eut un caractère aussi grandiose et plus original (pie celles dont il a été déjà question. Une montagne factice et une haute colonne,

avec des degrés tournants , s’élevaient au milieu du Champ de Mars : c’est de là que Robespierre, grand prêtre de cette divinité dont il avait fait mettre l’existence à l’ordre du jour, vint déposer sur l’autel de la patrie les offrandes philosophiques de la nation française : des fleurs et des épis. L'arc de triomphe sous lequel passa la Convention était orné de bas-reliefs, œuvre de David , et représentant des sujets allégoriques :1e Dix Ami/, la République, le Règne de la Philosophie, le Triomphe de la Sagesse. La cérémo¬

Distributiott des drapeaux !e 3 novembre 1804.

nie fut terminée par un discours du pontife républicain; on remarqua ces paroles : « Citoyens, livronsnous tout entiers, aujourd’hui, à l’allégresse que nous inspire ce beau jour. Demain nous combattrons encore les vices et les tyrans? » Le ton de supériorité de Robespierre, son affectation à se distinguer de ses collègues, et enfin cette dernière menace qui reculait indéfiniment la cessation de la Terreur, contribuèrent beaucoup à accélérer sa chute. On remarqua, parmi les spectateurs de la fête, les élèves de l’école de Mars: cette école, établie à Sablonville, était compo-

Le Champ de Mai en 1815.

sée de jeunes gens appelés de tous les points de la France pour s’instruire à la hâte dans l’art de la guerre, et voler à la défense des frontières. On accusait Robespierre de les avoir réunis pour s’en faire une sorte de garde qui lui permît de continuer à exercer sa sanglante dictature ; mais les élèves de l’École de Mars ne furent pas étrangers à la révolution qui le renversa. Nous avons déjà donné une image de leur uniforme, composé d’après les dessins de David.

Rien ne mérite notre attention dans les fêtes postérieures dont le Champ de Mars a été le théâtre. Parmi lescérémonies presque annuelles qui s’y sont succédé, nous citerons la distribution des drapeaux le 3 nonovembre 1804, le Champ de Mai, en 1813, et la distribution des drapeaux et étendards aux troupes de *a garde nationale et de la ligne , le 27 mars et le

2 mai 1831, sous les auspices du vieux la Fayette > le héros de la première fédération.

Au mois de juin 1837, à l’occasion des fêtes données par la ville de Paris pour célébrer le mariage du duc d’Orléans, le Champ de Mars fut choisi pour représenter le simulacre de la prise de la citadelle d’Anveis. Des fortifications en terre avaient été préparées dans ce but et devaient être attaquées dans la nuit du jeudi 13 juin. Cette brillante soirée fut marquée par des malheurs. Des précautions avaient été prises par l’autorité militaire (“t par la police, afin que ni les feux de l’attaque ni ceux de la défense n’entraînassent aucun danger: et, en effet, la petite guerre se termina sans le moindre accident. Mais tout à coup des cris partis de différents points vinrent répandre l’effroi parmi la foule qui remplissait le Champ de Mars: elle s’ébranla dans toutes les directions, et se précipita sur les issues peu nombreuses , qui furent aussitôt encombrées par cette immense population.

A l’approche des grilles, vingttrois individus des deux sexes perdirent la vie: un grand nombre furent plus ou moins dangereusement blessés.

Il me reste, pour en finir avec toutes ces solennités officielles, à parler de la fête du 21 mai 1848, en l’honneur de la résurrection de la République. Je procéderai comme j’ai fait pour la Fédération : je citerai les paroles contemporaines d’un témoin bien informé, et, en l’abrégeant et en le modifiant, je lui laisserai son tour épigrammatique, se phrase satirique et frondeuse. Ce sera un grain da sel et de médisance pour relever un peu la fadeur et l’insipidité inévitable de toutes ces pompes et de toutes ces splendeurs.

« A l’entrée du Champ de Mars, du côté du pont d’Iéna, s’élèvent deux pyramides de forme triangulaire, partant d’une large base circulaire. Ces pyramides sont inachevées à leur sommet, et la charpente de la base de celle de gauche n’est pas recouverte des décors qui devaient la masquer et qui gisent là inutilement entassés. Trois statues en plâtre de quatorze pieds de hauteur sont adossées à chacune des pyramides. Autour de celle de gauche on voit la figure de la France, appuyée sur une table oii sont inscrits ces mots : Abolition de la peine de mort, suffrage universel , liberté de la presse; l’Italie , avec la coiffure de Cybèlc, tenant une épée nue sur son épaule et une tiare dans l'autre main, et la blonde et romantique Allemagne appuyée sur une lyre. Autour de la pyramide de droite sont la Liberté, appuyée sur une massue et tenant en main des fers brisés; l’Égalité, qu’on ne reconnaîtrait pas aux pampres et aux grappes de raisin de sa coiffure, mais que désigne le niveau placé dans une de ses mains; enfin la Fraternité, qui, n’ayant rien à tenir, étend une de ses mains ouverte et pose l'autre sur sa poitrine. Ces diverses statues improvisées sont en général d un aspect satisfaisant. Sur les faces de cette dernière pyramide, on lit les inscriptions suivantes: La liberté consacre la justice pour règle, les droits d'autrui pour borne , la nature pour principe et la loi pour sauvegarde . — Im nation règne , la loi gouverne ; la loi est le niveau rigide de l’égalité. Le peuple est souverain, ses mandataires administrent. — Unissez-vous les uns les autres; aimez votre prochain comme vous-même. Chacun pour tous, tous pour chacun. Neuf pavillons des peuples libres (*t bannières à bordure dorée sont suspendus à

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