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CHAPITRE XLII

LE LONG DE LA SEINE (Suite)

une corde qui va d’une pyramide à l’autre, et servent à compléter une sorte de portique aérien qui marque l’entrée du Champ de Mars. La bannière du milieu porte ces deux vers de Béranger :

Fête du :>.l mai. — Statue île l’iîgalité.

Peuples, formez une sian le alliance, lit donnez-vous la main

Un peu plus loin, comme deux sentinelles avancées de ce vaste camp, se dressent ou plutôt gisent sur le

Fête du 2 1 mai . — Statue de la Marine.

sol deux autres figures de dix-huit pieds de haut: l’Agriculture et le Commerce. Ces statues sans piédestaux, et simplement disposées à terre sur la char¬

pente qui leur sert de support, font assez mauvaise ligure et attestent la précipitation et le desordre qui ont régné dans les préparatifs de la fête, et dont on retrouve a chaque pas la preuve.

A partir de là, une immense et large avenue est marquée au milieu du Champ de Mars jusqu’à l'École militaire par une double rangée de piédestaux surmontes de trépieds, en style des décors de mélodrames : ces trépieds portent un réchaud devant servir à i illumination du soir. Une tente en coutil , de même forme que les piédestaux, leur sert d’antichambre et en masque 1 intérieur réservé a^ différents usages qui ne sont pas le côté poétique de la fêle. La décence peut applaudir à cette combinaison , mais l’ajustement n’y trouve pas son compte : cela fait paraître tous les trépieds en dehors du centre de leurs bases. Entre chacun des piédestaux sont figurées des bannières en verres de couleur pourjl’illumination du soir.

Fête du 21 mai. — Statue de la République.

Une autre ligne de trophées en verres de couleur se dessine au pourtour du Champ de Mars avec des poteaux surmontés d’oriflammes tricolores. Enfin une troisième ligne de poteaux, portant des girandoles également destinées à l'illumination, est placée des deux côtés entre la ligne la plus extérieure et la rangée intérieure des piédestaux. L’ensemble de la disposition constitue donc six rangées de décorations qui, à la nuit, quand tous les feux brillèrent, purent être d’un effet assez agréable, mais qui, dans le jour, étaient un peu maigres et comme perdus dans un si grand espace.

Ce qui appelle l’attention dès l’abord, c’est la statue colossale de la République placée au milieu du Champ de Mars, sur un piédestal très-élevé. Cette statue, par M. Clesingcr, est coiffée du bonnet phrygien, tient de la main gauche des couronnes de chêne qu’elle prend sur un autel, et pèse dans sa main droite une épée et une brandie d’olivier, comme si (die of¬

frait au monde la paix ou la guerre. Le piédestal qui la porte est flanqué sur ses quatre faces de lions, par M. Barye, utilisés pour la circonstance.

Deux statues représentant l’armée de terre et l’ar¬

rête du 21 mai. — Statue de la Liberté.

niée de mer font face à l’École militaire , et répètent de ce côté la disposition que nous avons déjà signalée à l’autre extrémité du Champ de Mars. Elles sont également dépourvues de piédestaux.

Fêle du 21 mai. — Stalue du Commerce.

La partie la plus brillante de la fête, ç’a été le cortège. A part les théories à l’instar de la Grèce, de jeunes tilles qui avaient reçu leur blanche toilette et

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