LES SPECTACLES ET LES CONCERTS
Le goût des Parisiens pour la musique. — Les exécutants artistiques. — La salle Bonne-Nouvelle. - — Le bazar Bonne-Nouvelle. — Les galeries du calé de France. — Les primes de librairie. — La salle Sainte- Cécile. — Les concerts du Ménestrel. — M. Ponchard, père et fils. — Le programme des concerts. — Salles Herz., Paganini, de la Fraternité. — La salle Montesquieu. — La savate. — Arpin, le terrible Savoyard. — Ses victoires. — Sa défaite. — La paume. — Le dernier jeu de paume à Paris. — Le Diorama et le Panorama. — M. Bouton et M. Daguerre.
— L’invalide du Panorama. — Le cirque Napoléon, — Description dé l'édifice, — Les escamoteurs, — Bosco, — Son adresse, — Quelques épisodes de sa vie. — Le dompteur Charles.
Pans aime la musique, si l’on en juge par toutes ces volées d'instrumentistes et de virtuoses de valeurs diverses qui arrivent à chaque printemps, comme autant de rossignols pinson moins mélodieux. Ce qui se consomme de doubles et de triples croches, de staccati, de tours de force de bon et de mauvais aloi , non-seulement dans les trois grands théâtres consacres plus spécialement au culte d’Euterpe et de Terp- Sichore, mais aussi sur les sept ou huit scènes secondaires à flonflons, à entractes, etc., dans les cafés-
concerts, dans les salles particulières, dans les goguettes, etc., ce déluge de notes et de vocalises échappe aux statisticiens les plus infatigables.
Un grand nombre de salles, appartenant à des particuliers, sont louées aux artistes qui veulent donner en public un échantillon de leurs talents sur la vocale, ou bien sur un instrument quelconque. Nous ne redirons pas les misères de ces pauvres musiciens, lorsqu’ils veulent donner leurs séances : les démarches multipliées qui leur sont nécessaires, et le désappoin¬
tement qui leur est trop souvent réservé lorsqu’ils viennent à régler le compte de la recette et de la dépense avec les propriétaires du local, les gagistes chargés des soins de la salle et les employés de tout étage dont ils ont besoin. La description des théâtres divers qui s’ouvrent à leurs accords n’offrirait pas non plus beaucoup d’intérêt; il en a été question déjà d’ailleurs dans le chapitre de la danse à Paris. Passons seulement en revue les plus importantes.
La salle Bonne-Nouvelle. — Sur le boulevard de ce
Spectacles concerts dans la salle Bonne-Nouvelle.
nom s’élève une vaste maison, presque un palais, construite dans un style architectural, qui n’a point de modèle classique, et qui mérite d’être imité. Le rez-de-chaussée de cette maison a servi tour à tour d’exposition d’objets d’art et de tableaux vivants, de salles de vente pour des produits de toute sorte, de théâtre pour les escamoteurs, etc. Au-dessus s’étendent les galeries du vaste café de France, avec ses colonnes de fer creux, ses plafonds de fonte, ses innombrables billards et son peuple bruyant de consommateurs. Pour le dire ici en passant, comme un
trait de mœurs de notre époque, le propriétaire de cet établissement a imaginé un singulier moyen de relever la vogue de son café : il servait une prime en librairie par dessus le marché, pour chaque consommation dont le prix s’élève à un certain chiffre. C’est plus ingénieux et plus littéraire que le billard gratis, offert par quelques estaminets du pays latin, en sus de la demi-tasse ou de la chope de bière. Cette maison a servi, en outre, à abriter le Diorama de M. Bouton, qui fut victime d’un incendie, comme nous le verrons plus bas. Les vastes salles du bazar Bonne-
Nouvelle servent de nid aux oiseaux voyageurs dont nous parlions en commençant ’cet article : mais rien de particulier. Même observation sur la salle Sainte- Cécile. Un grand journal de musique, le Ménestrel, en fait le théâtre d’un certain nombre de concerts qu’il offre à ses abonnés : le menu des concerts de Sainte-Cécile ne varie guère. En général , on y entend peu de ces grandes pièces de résistance, morceaux d’opéra, variations sur ,1111 thème hérissé de difficultés, symphonies, oratorios, que l’imitation allemande inflige aux amateurs : des chansonnettes