Scène de prestidigitation, par Bosco
De ses honoraires, il soutient généreusement ses camarades , et ne s’en trouve pas moins possesseur d’une somme de dix ou douze mille roubles au mo¬
ment de quitter la Sibérie, lors de l’échange des prisonniers français et russes qui eut lieu en avril 1814.
Dès lors , sa destinée est décidée. Rentré dans-la vie civile et privée, il se met à courir, armé de sa baguette magique, toutes les capitales de l’Europe, et dans toutes recueille depuis les témoignages et les tributs non équivoques de la sympathique curiosité des peuples et des rois eux-mêmes qui l’applaudissent. le complimentent en le comblant de présents, et se laissent dérider par lui comme les plus simples des mortels.
Z L'innocente sorcellerie de Bosco, de Robert Boudin, de Philippe et consorts, se trouve fort à sa place dans notre siècle; aujourd’hui que les magiciens se font voir, aux grands applaudissements du public, pour 2 ou 3 francs d’entrée, ils peuvent sans crainte se perfectionner dans leur art, et ne redoutent plus sa terrible accusation de pacte diabolique. Aussi ne laissent-ils plus rien à désirer comme adresse, dextérité et éloquence.
Terminons par le roi des animaux , le lion, captif dans la cage de fer des ménageries ambulantes, en compagnie de ses dompteurs, et de ses sujets également prisonniers . Le Jardin des plantes ne suffit pas à l’amour effréné que les Parisiens témoignent de tout temps aux bêtes fauves; ils veulent voir des éléphants savants, des lions apprivoisés, des tigres dépouillés de leur férocité native; ils se plaisent à voir braver les dangers de la vie sauvage par un homme qui risque sa vie pour les divertir. Les jeux de gladiateurs pourraient obtenir un succès réel auprès de ces gens qui sont néanmoins de bons et paisibles citoyens.
Aussi les badauds de Paris contemplent avec admiration M. Charles, qui se couche sur un oreiller formé de panthères et de jeunes lions, qui joue avec les hyènes et les onces. Les accidents sont bien rares et près que impossibles; c’est un avis qu’il est bon de donner aux amateurs désireux de voirie cornac un peu dévoré
par sa bête. Un de ces derniers disait qu’il aimait mieux donner sa tête à un tigre qu’il avait (‘levé que sa main à un chien qu’il ne connaissait pas.
TABLEAU DE PAKIS.