CHAPITRE LX
— LE MUNT-0E-P1ETE.
en 1834, et 20,453,204 fr., maximum en 1844. Ce chiffre, après avoir légèrement décru dans les années 1845 et 46, s’est relevé en 1847 à 19,941,250 : mais en 1848 il est retombé à 17,615,090. Aussi l’administration, craignant à cette époque d’être débordée par les demandes, limita à 100 fr. le maximum de ses prêts, et fut dès lors en mesure de suffire largement aux besoins des classes nécessiteuses, car à la fin de l’exercice, elle avait en caisse près de 3 millions. En 1849, le montant des billets atteignit 18,343,300 fr. et en 1851, dernier exercice dont les comptes aient été publiés, il ne dépassa pas 14,505,140 fr., qui, avec les cautionnements de 1,044,000 fr., ne lui constituaient qu’un capital disponible de 15,548,000 fr. , suffisant pour ses besoins actuels, bien que depuis 1849, elle ait cessé de fixer une limite à ses avances.
La confiance qu inspire le mont-de-piété repose sur la triple garantie des hospices, des nantissements en magasins, et de la compagnie des commissaires-pri¬
seurs , responsable de ses appréciations : elle est I telle, que, de 1831 a 1846, il a pu emprunter constamment a 2 .j et 3 pour 100, selon que ses billets étaient à six mois ou un an de date. En 1847 et 48, le taux de l’intérêt s’est , il est vrai , élevé à 4 et 4| pour 100; mais il était encore bien inférieur à celui exigé des autres emprunteurs. En 1849, il était redescendu à 3, et n’a été reporté momentanément à 3 et 4, en 4850, que par suite de remboursements considérables effectués par la caisse, aux successions de plusieurs des prêteurs les plus anciens et les plus importants. Le mont-de-piété dut alors faire, par l’élévation de 1 intérêt, un appel à des capitalistes autres que ceux qui lui confiaient ordinairement leur argent. En 1851, le taux de l’intérêt était déjà revenu à 3 et 3 il est actuellement de 3 pour 100, et 1 administration ne délivre plus de billets qu’à un an de date.
Un tableau inséré dans le compterendu de 1846 lait connaître les professions des prêteurs. Sur
19,796,000 fr. remis contre billets, près de 13 millions ont été fournis par des rentiers ou propriétaires, 4,668,000 fr. par des commerçants; 856,000 fr. pailles ouvriers, le surplus par des employés ou des membres de professions libérales. Ainsi, toutes les catégories qui viennent demander le secours de cet établissement concourent à former son fonds de roulement.
Ce système d’emprunts à terme paraît au premier coup d’œil exposer l’administration à des oscillations dans son encaisse, de nature à entraver ses opérations, et 1 on est tenté de se demander s’il ne serait pas préférable d’avoir une dette constituée, dont la lixité ne ferait pas dépendre ses ressources de l’état de la place. Mais l’expérience a prononcé. Pendant les dix années antérieures à la Révolution et les cinquantecinq qui se sont écoulées depuis la réorganisation de cet établissement, malgré la gravité des situations qu’il a traversées, il ne parait pas avoir été obligé, par la réduction de son encaisse, de refuser aux classes nécessiteuses le secours momentané qu’elles