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LES CHEMINS DE FER

Les grandes lignes de chemins de fer. — Le chemin de Saint-Germain et Versailles, rive droite. — Ligne de Rouen et du Havre — Embarcadère de la rue Saint-Lazare. — Entrepôts et ateliers de la ligne du Hâvre. — La gare des Batignolles. — Chemin de fer d’Orléans. — L’embarcadère. — Les salles d’attente. — Les docks du chemin de fer d’Orléans et Bordeaux. — Les industriels vivant par le moyen des voyageurs en chemin de fer. — Chemin de fer de Sceaux. — Les courbes de ce chemin de fer. — Système Arnoux. — chemin de fer de l’Ouest. — Chemin de fer de Strasbourg. — chemin de fer du Nord. — Ligue de Lyon. — chemin de fer de ceinture. — Les actionnaires de chemins de fer. — Les trains de plaisir.

Paris est relié à la province par ces grandes lignes de fer qui, d'ici à quelques années, sillonneront la France dans toutes ses parties. Des palais industriels se sont élevés tout autour de la capitale sous le nom . d’embarcadères. La première gare, nous voulons dire la plus ancienne, est celle de Saint-Germain , qui est devenue le point de départ des chemins de fer de Rouen, du Havre et de Versailles.

Dans le principe, MM. les administrateurs du chemin de fer de Saint - Germain avaient pris pour devise ce proverbe trop souvent appliqué : « Charité bien ordonnée commence par soimême! » Ils s’étaient fait construire, dans la rue Saint- Lazare, un vaste et bel hôtel, et pendant près de dix années ils ont laissé les voyageurs exposés dans la gare à toutes les intempéries de l’atmosphère. Vous arriviez dans une voiture à l’embarcadère de la rue Saint Lazare; votre billet pris, on vous introduisait dans de belles salles ornées d’un nombre considérable de colonnes, où vous vous reposiez quelques instants sur de larges banquettes de velours bien rembourrées. Mais, l’heure du départ arrivée, les portes ouvertes, il vous fallait, quelque temps qu’il fit, par le soleil de midi, par la pluie, par le vent , par la neige, gagner à pied, sur un trottoir humide ou brûlant, le convoi qui devait vous emmener, et qui était presque toujours fort éloigné du palais de MM. les administrateurs. Aussi les réclamations ont-elles été nombreuses et vives; si nombreuses et si vives, que la compagnie de Saint-Germain a dû se décider enfin à faire couvrir sa gare, dont elle loue l’usage commun aux compagnies de Versailles et de Rouen.

Par suite de traités nouveaux passés entre les compagnies de Saint-Germain et de Rouen, cette dernière, qui n’avait, dans le principe, à son service que trois voies et un seul quai, possède aujourd’hui six voies et deux quais d’embarquement. Audessus des quatorze voies de la gare et des quatre grands quais, règne une magnifique charpente en fer, soutenue par des colonnes en fonte, qui s’étend presque jusqu’au pont de Stockholm. De son côté, la compagnie de Rouen n’est pas restée inactive pour ses aménagements particuliers et pour ceux que nécessitait l’introduction des voyageurs du Hâvre dans sa gare.

1 out le long de la rue d Amsterdam se sont élevées des constructions dignes de servir de modèle à toutes

les compagnies de chemins de fer. Là tout se passe à couvert ; nulle part le voyageur ou ses bagages ne sont exposés aux intempéries des saisons : il n’est pas jusqu’au wagon de lait qui ne vienne se décharger à couvert, et qui nous le donnerait pur, si, avant son départ, il n’avait reçu le baptême du bon chrétien. Les grandes halles sont couvertes par un sys¬

Embareadère du chemin de fer du Havre.

tème de charpente qui est aussi simple que hardi.

La façade du monument qui donne sur la rue Saint- Lazare est en pierre, d’un bel aspect. Elle se compose d’un corps principal, élevé de deux étages et précédé d’un grand perron: sur chaque aile s’avancent deux pavillons de même style, au niveau de la rue. Cette entrée principale fait face à la rue du Hâvre; mais les constructions les plus importantes,

Tunnel de l’embarcadère du chemin de fer du Havre.

l’entrée des salles diverses pour les marchandises, pour les bureaux, etc., se trouvent dans la rue d’Amsterdam. Au sortir d’un petit tunnel et d’une tranchée, qui traversent la plaine Monceaux et la ville de Batignolles, on arrive aux entrepôts et aux ateliers du chemin de fer.

Cet immense établissement occupe une surface de

14 hectares de terrain ; il est destiné à recevoir, à concentrer le trafic des marchandises des lignes de Rouen et du Havre. Il faut, pour se faire une idée de l’espace que nécessitent les mouvements de marchandises, voir ces vastes hangars, ces quais nombreux, ces voies qui se croisent et s’entremêlent , ces milliers de wagons pesamment chargés, ces camions sans nombre ,

ces locomotives et ces chevaux, entendre ce bruit, ces cris, visiter en détail, en un mot, la gare des Batignolles, où tous les ans passent 200 à 300 mille tonnes de marchandises; et quand on aura examiné avec conscience, on jugera que le chemin de fer se prête mieux qu’un canal , qu’une rivière, au transport des marchandises. Du reste, la rude concurrence que fait la Seine au chemin de fer n’empêche pas ce dernier, comme nous l’avons dit, de transporter 230 mille tonnes chaque année.

Cette gare se trouve en quelque sorte au centre d’une grande ville; de tous côtés, si l’on en excepte la plaine Monceaux, elle est entourée de rues commerçantes, de quartiers vivants et peuplés. Se rattachant au boulevard par la rue Tronchet, au quartier d’Antin et au faubourg Saint-Honoré par la rue Saint-Lazare, elle n’a pas, comme celles que nous allons visiter, le privilège d attirer à son ombre une population spéciale de restaurateurs, de limonadiers, de détaillants de toute sorte, à l’affût du voyageur. Il n’en est pas de même si nous nous transportons de l’autre côté de la Seine, derrière le Jardin des plantes, ou au delà des barrières du sud. Là, les gares de chemin de fer forment le noyau des villages importants, presque des cités naissantes, qui tendent à se rejoindre à Paris. Prenons donc cette direction.

L’embarcadère du chemin de fer de Paris à Orléans, servant de tête à la ligne de Bordeaux, situé boulevard de l’Hôpital, présente à l’œil un monument d’une grande, noble et élégante simplicité.

Rien n’a été donné à l’embellissement; cependant tout y est beau, et ce ne sera pas un des moindres bienfaits des chemins de fer d’avoir donné de nobles édifices et la vie à plusieurs quartiers de Paris, qui, sans eux, seraient encore inhabités. Lorsqu’on arrive par le boulevard, ou aperçoit d’abord la maison de l’administration du chemin de fer d’Orléans, faisant l’encoignure du boulevard et de la rue de la Gare. Le développement de la façade de l’embarcadère est sur cette dernière; une grille et une es-

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