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CHAPITRE LXXVI

— LES ENVIRONS DE PARIS

labié forêt enchantée ; chaque arbre semblait transformé en un bouquet de diamants, en une girandole

de pierreries; les cascades roulaient, au milieu des flammes, des eaux étincelantes de milles couleurs; le

ciel était éclairé de feux qui se croisaient dans les airs avec une éblouissante rapidité; le canon de l’artillerie

Vue à vol «l’oiseau du parc et du'cMteau de Saint-Cloud.

impériale se mêlait à cette artillerie artificielle; des orchestres animaient partout les danses et les plaisirs;

une foule immense inondait lesparcset les bosquets... Tout à coup éclate un orage épouvantable; le tonnerre

gronde, la pluie tombe par torrents, et l’éclair qui sillonne la nue est la seule lueur qui survive aux

splendeurs fantasmagoriques de cette fête impériale. La superstition populaire vit dans cette brusque in¬

terruption de la fête un sinistre présage. Elle ne se trompait pas : car, à quatre ans de là, les alliés occu¬

paient la résidence favorite de l’Empereur, et le princ e de Schwartzemberg donnait dans le parc de Sain’.-

Cloud une dernière fête qui est restée, depuis cette funeste époque, tristement célèbre entre toutes.

Gravissons maintenant le parc, et donnons un coup d’œil à ce monument qu’ori appelle la Lanterne de Diogène. M. de Choiseul avait rapporté de ses voyages en Grèce le modèle en plâtre du monument athénien que les archéologues nomment la Lanterne de Démosthène, et qui figure à l'Acropole. On fit une imitation de ce monument, et on le transporta , d’après l’ordre de Napoléon, sur le point Culminant du parc.

Aux joursde fête, les arbres du parc s’illuminent; les orchestres forains retentissent ; les salt mbanques s’égosillent; les monstres s’agitent dans leurs tanières de sapin et de toiles peintes; ils o d ordre de pouss 'r des hurlements f Toces, afin de fasciner plus sûrement la foule. Les boutiques de jouets d’enfants, de macarons, desucre d’orge, mais surtout, mais partout, mais toujours, de mirlitons, ornent leurs de¬

vantures d'un brillant éclairage de quatre chandelles des six. Aimez-vous la danse? voici le bal de l’Etoile

Saint-Cloud. — La grande galerie.

et celui de Morel qui vous ouvrent leurs portes et vous convient à des rigodons échevelés. — Avez-vous

besoin de remonter votre ménage? Prenez des billets à la loterie. Moyennant dix billets de dix centimes

chacun, vous serez bien malheureux si vous ne gagnez pas au moins une petite tasse de cinq sous.

Nous connaissons des gens qui ne s’approvisionnent de vaisselle qu’à la loterie foraine de Saint-Cloud. Cette porcelaine n’est pas précisément de Sèvres; elle est de Saint-Cloud; mais nous avons dit que Saint-Cloud et Sèvres c’est tout un.

Cependantle mirliton fait retentir les airs de toutes les mélopées imaginables, depuis Malbrouck s'en va-t-en guerre , mirliton , ton-ton mirontaine, Lebonroi Dagobert, au Clair de la lune, J'ai du bon tabac, et autres motifs populaires , jusqu’au grand air des Puritains et à l’ouverture de Guillaume Tell. C’est au son de ce formidable pot-pourri que se termine la fête.

En quittant Saint- Cloud et Ville- d’Avray, on arrive à Chaville, et de là à Viroflay, qui a encore le bonheur de couron-

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