CHAPITRE LXXVI. — LES ENVIRONS DE PARIS
convient certainement au musée qui renferme les portraits ou qui montre les actions mémorables de Turenne, de Condé, de Hoche, de Kléber et de Marceau, mais la gloire nationale de ce triste et lâche Gaston d’Orléans, du cardinal Dubois, de madame Dubarry et de tant d’autres dont les images se voient à Versailles, est au moins douteuse. Cette simple inscription : Muser historique, eût certainement suffi.
Niais ceci vient trop tôt; avant d’entrer dans le musée, jetons un coup d’œil sur l’ensemble du palais.
Nous arrivons devant la grille qui enferme l’ensemble des façades du côté de Paris. Cette grille, partagée en 1 1 travées et surmontée d’un magnifique couronnement par Dufour, et retenue par quatre pilastres servant de piédestaux à des groupes allégoriques, forme l’entrée de la première cour.
A droite et à gauche de la cour sont rangées les statues de Bayard, de Colbert, de Richelieu, de Jourdan, de Masséna, de Tourville, de Du • guay-Trouin, de Turenne, de Duguesclin, de Sully, de Suger, de Lannes, de Mortier, de Duquesne, de Condé, transportées du pont de la Concorde, qu’elles décoraient jadis fort mal, au lieu où nous les voyons et où elles font le plus déplorable effet par leur dimension exagérée, par le caractère théâtral de la pose, et par l’étrange costume d’opéra-comique dont la plupart d’entre elles sont revêtues. Au fond de cette cour, un Louis XIV en bronze et à cheval, de MM. Petito et Cartelier, semble présider à cette mise en scène.
Toutefois cette première impression défavorable une fois passée, la disposition des trois cours diminuant successivement de largeur, et qui se terminent à la façade de brique rouge de l’ancien palais, au fond de la cour de marbre, sorte de sanctuaire autour duquel sont groupés les appartements du souverain, composent une perspective imposante et pittoresque. A droite, s’élève le toit aigu de la chapelle, surchargé, ainsi que les murs, d’une splendide ornementation.
Mais la façade occidentale, celle qui s’étend sur les jardins, est la véritable façade du château. Elle se développe sur une longueur de six cents mètres environ, composée d’un avant-corps de quatre cent vingt mètres faisant saillie sur deux ailes. La décoration rappelle l’ordonnance commune à toutes les façades de ce temps, les dessins de Perrault, c’est-à-dire un soubassement surmonté d'un étage ionique somptueusement décoré (c’est l’étage du roi) de dix-huit péristyles supportant une corniche servant de console à des statues allégoriques de Marsy, le Comte, Mazeline, Masson, Legros et Magnier. Au-dessus de ch premier étage règne un attique qui occupe toute l’étendue des bâtiments, et qui termine d’une façon harmonieuse l’ensemble de cette façade.
La décoration des ailes est semblable à celle de l’avant - corps. Le dessin que nous donnons de la façade du palais du côté de l’orangerie, vue de la pièce d’eau des Suisses, montre un des plus beaux aspects du château, et je doute qu’en aucun pays d’Europe, même en Italie, on puisse rien admirer d’un effet plus majestueux et plus grandiose.
Après ce coup d’œil sur les dehors du palais, nous allons rentrer dans l’intérieur des appartements. Nous n’y ferons qu’une visite rapide; il faudrait des semaines pour parcourir ces immenses galeries, ces innombrables appartements, et des volumes pour contenir seulement une nomenclature raisonnée de tout ce qu’ils renferment.
Le palais de Versailles se divise en trois corps de bâtiments principaux : le corps central, l'aile du sud, et Y aile du nord. C’est par le corps central que nous commencerons.
15 Cent. LA LIVRAISON. — 187« Livr.
Voici d’abord 1 escalier de marbre, qui est devenu l’escalier principal du palais. Le véritable grand escalier, qu’on confond à tort avec celui-ci, n’existe plus; il desservait l’aile droite, et fut détruit par ordre de Louis XIV lui-même. Quand la pensée se reporte aux beaux temps de ^ ersailles, on se figure cet escalier toujours resplendissant de l’éclat des lumières et de 1 éclat des costumes chamarrés de dentelles, de dorures et de rubans; avec les vestibules garnis de boutiques, où de jeunes marchandes avaient le privilège de vendre aux personnes de la cour mille objets de luxe et de fantaisie. A leur place, on a établi un bureau des cannes et parapluies, et un débit de guides de Versailles et de livrets du Musée. Des bourgeois
Vue extérieure de la chapelle du château de Versailles.
comme vous ou moi. d'honnêtes artisans endiman- »
chés gravissent maintenant, les jours où le musée est ouvert au public, en compagnie de quelques officiers de cavalerie, les marches qui ne livraient passage autrefois qu’à des gentilshommes ou à des traitants de la haute volée. Dans cette foule, d’un aspect peu splendide, messieurs les militaires tiennent le premierrang et remplacent du mieux qu’ils peuvent les ducs et les marquis du vieux temps.
On y a placé des bustes et des statues des littérateurs et des artistes des dix-septième et dix-huitième siècles, et parmi eux, au premier rang avec raison, Mansart, Lenôtre el Lebrun. Ce sont eux qui reçoivent les visiteurs et qui font les honneurs de leur palais.
A ue du château du coté du jardin.
Nous arrivons au premier étage, dans l’ancienne salle des Gardes, décoré des peintures de Parrocel et de Vauder-Meulen, représentant des batailles; puis successivement dans celle du Grand-Couvert , ornée de tableaux figurant des épisodes de l'histoire d’Alexandre, par Pictre de Cortonne et de Parrocel; puis, dans les anciens petits appartements de la reine Marie- Antoinette , qu’on a restaurés et remeublés dans le goût de l’époque.
Le salon des Nobles ou grande antichambre, oii nous nous trouvons maintenant, est décoré d’un tableau mythologique de Mignard, dans lequel on voit Louis XIV en Jupiter, Anne d’Autriche en Cybèle, mademoiselle de Montpensier en Diane, Henriette d’Angleterre et des portraits de la famille royale.
Aux bureaux de l'Illustration, rue de Richelieu, 60.
Celte pièce fut construite sur l’emplacement d'une autre oii se trouvait le fameux ÛEil-de-Bœuf,si célèbre dans les chroniques de la cour.
Nous voici maintenant dans le sanctuaire du temple. Cette pièce, située au centre de l’édifice, est la chambre à coucher du monarque. Voilà son lit et l’ameublement qui lui servait, et qui furent exécutés par le fameux tapissier Simon Delabel, et à gauche de la cheminée une table avec un coussin de velours, sur lequel on déposait tous les jours un sac de soie verte contenant une chemise, un mouchoir et une petite épée tout au plus longue de deux pieds. Les tableaux qui ornent cette pièce sont dignes du lieu. Au plafond, un superbe Véronèse, Jupiter foudroyant les Titans, qui ornait auparavant la galerie du conseil des Dix à Venise; le portrait d’Anne d’Autriche, par Van Dyck, une Sainte Cécile, du Dominiquin, et une Sainte Famille, de Raphaël. Après la chambre à coucher du roi, voici le cabinet du roi, sans autre ornement qui mérite d’attention spéciale qu’une pendule à figures de
1 Moraux ; puis la chambre où mourut Louis XV ; le cabinet des pendules, avec la pendule, haute de sept pieds, de Passemant, qui marque le cours des astres, les quantièmes, les mois et les années. Arrêtons-nous devant les portes de ce salon; elles ont été dessinées par Poussin; leur ornementation, d’un style plus sévère que tout ce qu’on voit à Versailles, mérite qu’on la remarque. Tout le monde sait qu’il ne fut pas donné à Poussin de faire des travaux importants de décoration; Lebrun ne l’eût pas permis.
Traversons maintenant le cabinet des Chasses, la salle du Déjeuner, la salle des Bijoux, l’ancien salon des Porcelaines pour arriver à la bibliothèque. La bibliothèque, où Louis-Philippe se proposait de mettre une collection de tous les ouvrages relatifs à l’histoire de France, ne mériterait pas une attention spéciale, si l’on ne se rappelait que là fut découvert le fameux Livre rouge.
Nous voici maintenant dans la petite salle à manger de Louis XV, puis bientôt dans la salle des Croisades, une pièce nouvellement créée, sur un emplacement qui dépendait jadis de la comédie de Marie- Antoinette. Jusqu’à présent nous n’avons pas encore vu, à vrai dire, le musée moderne. Les pièces que nous venons de traverser ont bien été disposées, autant que faire se pouvait, de manière à offrir une suite de peintures historiques;, mais ces peintures datent de Louis XIV pour la plupart. La salle des Croisades est, en quelque sorte, la première salle du musée. L’architecte, M. Fontaine, lui a donné une décoration
gothique. Du gothique, et quel gothique ! direz-vous, dans le palais de Mansart !
Quoi qu’il en soit, cette salle, qui contient de grands tableaux de MM. Blondel, Gallait, etc., et de plus petits de MM. Philippoteaux, Karl Girardet, vous montre un des chefs-d’œuvre de Delacroix, l’Entrée des Croisés à Constantinople , dont le voisinage de peintures médiocres et d’une décoration criarde à tirer les larmes des yeux, ne peut diminuer l’aspect saisissant et poétique, et la prodigieuse couleur.
Après, voici encore une salle moderne, la salle des États-Généraux, oii se voit un tableau de M. Alaux, les États Généraux sous Louis XVI, qui obtint, il y a quelque dix ans, un grand succès à l’exposition du Louvre.
Entrons maintenant dans le salon d’HcrcuIe, une merveille de magnificence architecturale, d’un goût grandiose et sévère, dont le plafond, le plus grand de tous ceux qui aient jamais été exécutés en France , est le chef-d’œuvre de l’infortuné Lemoine, qui mourut fou de ses fatigues et des dédains de Louvois. Si
PARIS. TVP. 1 S F1RMIN DIDOT, 66, RUE JACOB. 20 C. par la poste.
cette magnifique peinture n’a pas toute la puissance de couleur d’un tableau vénitien, elle n’en est pas moins digne d’admiration pour son harmonie suave et argentine, pour r audace, la grâce et l’abondance pittoresque de la composition.
Le Salon d' Hercule sert d’antichambre aux Grands
Appartements , longue enfilade de pièces, la plupart décorées avec cette somptuosité en quelque sorte magistrale dont on voit encore tant de restes à Versailles, et où, comme dans les précédentes, on trouve des peintures allégoriques, des tableaux de batailles, des bustes, des statues de Van der Meulen, de Rigaux,
de Lebrun. C’est dans cette partie de l’édifice qu’est située la célèbre galerie des Glaces, la plus magnifique de toutes les salles du palais, avec les pilastres corinthiens en marbre de couleur, aux chapiteaux dorés, et dont l’immense voûte en berceau, partagée en cartouches encadrés de reliefs dorés, aux formes
Musée de Versailles Prise de Rome
contournées, a été tout entière exécutée par Lebrun. Cette série de compositions, un des plus vastes poèmes que la main d’un peintre ait jamais retracé sur la voûte d’un palais, représente, en une multitude de compositions allégoriques, l’histoire ou plutôt l’apothéose de Louis XIV. Nous retrouvons là Lebrun avec
tous ses défauts, mais aussi avec cette prodigieuse imagination, cette entente de la décoration et cette incroyable audace que nul n’a jamais surpassées!...
Après la galerie des Glaces, la salle des Gardes de la reine, et enfin la salle du Sacre de Napoléon. Ici nous voilà de nouveau en face de la peinture du dix-
neuvième siècle, représentée par des maîtres célèbres. Voilà d’abord ce tableau si grotesque, malgré d’incontestables qualités qui révèlent le génie du peintre, de la Distribution des aigles, par David, et du même, le beau tableau du Sacre de V Empereur , d’une si grandiose ordonnance, où, à force de talent, David est par¬
venu
n faire supporter le costume de la cour impé- ,aje> a côté de ce chef-d’œuvre, en est un autre, la "Ifaille d’Aboukir, de Gros, qui est peut-être lapins Mie toile de ce grand peintre.
puis vient la salle de 1 792. Encore des tableaux moderneS, et parmi eux, une composition trop peu épi-
Nous cassons ePart des enrôlés volontaires. de gouaches et m °US Sll!3nce d’autres salles remplies les batailles ri I Tf!Uarelles> od sont figurées toutes 2 Va Ü ' Pl,bliqUe juSC'U’à 1800’ PO«r arri-
ufi es salles plus spécialement consacrées
aux campagnes de 1793 à 1795, en regrettant que trop rarement le talent des peintres se soit tenu à la hauteur de ces immortelles batailles.
Nous redescendons l’escalier de marbre, au bas duquel on rencontre plusieurs vestibules où se voient les statues de Descartes, de Poussin, de Corneille et de
°taire. Ces vestibules nous conduisent à une séiie e pièces où sont exposés les portraits des amiraux de rance, des connétables de France, et ceux des matM aUX' eusuite la galerie Louis XIII, avec des L ‘eaux représentant des batailles du temps de °U1S Xlv> puis d’autres salles où se continue la sé-
Tablean (te M. Horace Vernet.
rie des maréchaux de France el des guère, ers cé-
'è Franchissons un autre vestibule le
Louis XV, appelé maintenant
• ,,rwn (vdlection de tableaux représentant
bre de ses toiles, et il ne faut pas passer sans remarquer les peintures de Crepin, un peintre ignoré aujourd’hui, qui peignit avec beaucoup de talent, dans la manière de Joseph Vernet, les combats de nos escadres sous la République et sous l’Empire.
Nous voici maintenant dans Y aile du sud. Un autre
escalier, moins somptueusement décoré que l’escalier de marbre, V escalier des Princes, nous conduit dans une enfilade de douze pièces formant la galerie de Napoléon, et remplies de peintures, exécutées pour la plupart sous l’Empire, représentant les principales victoires de nos armées depuis 90 jusqu’en 1809. l ne galerie parallèle, celle des sculptures, bordée dans toute la longueur (100 mètres) de statues et. de bustes de généraux de la République et de l’Empire, nous ramène à l’escalier des Princes, (pie nous gravissons jusqu’au premier étage.
Là, nous trouvons la grande Galerie des Batailles, longue de 120 mètres, large de 13, formée et décorée sous Louis-Philippe, comme on ne le voit que trop aux peintures du plafond, de M. A. de Pujol. Les murs sont couverts de grandes toiles représentant les batailles les plus célèbres de notre histoire. On y voit des tableaux de toutes les renommées officielles de l’art contemporain ; celui qui représente la bataille de Taillebourg , de M. Delacroix, se distingue des autres autant par l’audace et l’étrangeté de la composition
que par des qualités de couleur qu'on ne rencontre guère dans les œuvres de ses voisins.
C’est dans cette partie du palais (pie se trouve la Satie de 1830, dont l’appellation indique les sujets des compositions (pii la décorent. M. E. Devéria s’est tiré, avec une grande habileté de palette et une remarquable adresse d’exécution, desdifficultés de la tâchequi lui était échue, celle de représenter Louis- Phi lippe, prêtant, serment de fidélité à la charte devant les Chambres.
Nous trouvons là une seconde galerie de sculptures, pareille à celle du rez-de-chaussée, représentant, soit par des bustes et des statues originales, par des moulages ou par des œuvres modernes, les Français célèbres qui vécurent de 1500 à 1790.
Dans l’attique, auquel on arrive par \} escalier du pavillon d’Orléans, se trouve une autre collection de portraits représentant les personnages célèbres de la politique, de la magistrature, de l’administration, des sciences et des lettres, depuis 1790jusqu’à nos jours.
L’aile du nord est la dernière que nous ayons à vi¬
siter. On y pénètre, au rez-de-chaussée, par le vestibule de la chapelle. Avant de continuer notre promenade dans le musée, entrons d’abord dans la chapelle, la merveille de Versailles, le chef-d’œuvre de Mansart.
Cette partie de l’édifice, commencée en 1699, fut la dernière création de l’illustre architecte, et il est facile de reconnaître, en pénétrant dans l’intérieur, que les prodigieux travaux qu’il avait exécutés dans le palais n’avaient ni fatigué son génie, ni épuisé son imagination. Rien de plus simple que le plan, malgré les splendeurs de l’ornementation; rien non plus d’un effet plus imposant et plus majestueux que l’ordonnance générale, formant deux étages distincts. Un rezde-chaussée en arcades supporte un portique décoré de colonnes corinthiennes, avec une balustrade qui circule autour de la nef. Comme dans le reste de l’édifice, cet étage, qui correspond à l’étage royal du château, et d’où Louis XIV et madame de Maintenon assistaient au service divin dans deux tribunes qui existent encore, est le plus magnifiquement décoré. Au-dessus du portique, un riche entablement reçoit la retombée
Salie de 1792. — Le départ des enrôlés volontaires, tableau de M. Vinehon.
des voûtes, divisées en plusieurs compartiments par les méandres contournés d’une ornementation splendide. Le centre de la voûte, la coupole du cœur, décorés de peintures exécutées par Lebrun, Jouvenet, les deux Boullogne, Antoine Coypel, Lafosse ; la somptuosité de l’orgue, l’éclat, de la gloire rayonnante qui domine l’autel, les bas-reliefs de Poirier, de Coustou, d’Adam; le pavé de marbre de couleur, tout concourt à saisir et à émerveiller le visiteur, parce que le luxe le plus inouï, par tout ce que l’imagination féconde et inventive des grands artistes (pie je viens de nommer a pu créer de merveilles. Et ce qui ajoute à l’impression, c’est (pie tous ces éléments de richesses se confondent et se relient dans un ensemble d’une harmonieuse et imposante unité. Un comprend, en entrant dans la chapelle de Versailles, que les amples périodes de Bossuet, les périphrases élégantes et un peu sonores de Massillon se trouvaient là en quelque sorte plus à l’aise que sous les arceaux mystiques de Notre- Dame, ou de tout autre édifice du moyen âge.
En sortant de la chapelle , nous entrons dans une
galerie formant une suite de onze pièces pleines de tableaux représentant des sujets historiques, depuis le baptême de Clovis jusqu’à la bataille de Lauwfeldt, gagnée par le maréchal de Saxe. La galerie de sculpture, parallèle à ces appartements, contient les statues et les bustes des rois, princes et princesses, depuis Clovis jusqu’au (ils de François Ier.
Le premier étage renferme la deuxième galerie de l’histoire de France, et se rattache à l’histoire contemporaine. On y voit force peintures modernes et de l’Empire, plusieurs toiles de Gros, entre autres un portrait équestre de Charles X , qui montrent la défaillance de ce maître illustre , à côté d’un de ses chefs-d’œuvre, Louis XVI ! I abandonnant les Tuileries en 1814, puis cet immense et ennuyeux tableau du Sacre de Charles X, de Gérard.
Les dernières pièces de ce musée sont consacrées au règne de Louis-Philippe : c’est là qu’une foule nombreuse se presse les jours où le musée est ouvert au public pour admirer les immenses toiles où Horace Vernet a représenté les principaux faits d’ar¬
mes de notre conquête d’Algérie et de la campagne d’Anvers.
M. Horace Vernet est le peintre du Versailles do Louis-Philippe, tout comme Lebrun fut celui du Versailles de Louis XIV. Ce serait ici le cas de faire un parallèle que le lecteur se chargera d’établir tout seul, car il connaît déjà notre opinion à ce sujet. Je dirai seulement que, si M. Vernet s’est montré inférieur à sa tâche presque partout où il a eu à retracer des compositions prises dans le passé de notre histoire , là oii nous le voyons maintenant, il brille dans toute sa gloire; et sa gloire est de bon aloi. A quoi serviraient d’ailleurs les éloges ou les critiques à côté des gravures que nous donnons ici?
Jusqu’à présent, l’histoire des faits contemporains qui se sont accomplis depuis la charte de la royauté constitutionnelle n’est représentée à Versailles que par un seul tableau ; c’est encore M. Vernet qui est l’auteur de cette page gigantesque, qui représente un épisode du siège de Rome.
L’attique de l’aile du nord est occupé dans toute