CHAPITRE XXXIX
LE LONG DE LA SEINE ( Suite
avec des cases pour les effets des baigneurs, six salles i pour les pensions, et six autres salles à l’étage supérieur. Les galeries sont garnies d'un tapis de laine. Indépendamment de tous ces lieux ouverts au public.
Entrée des bains Deligny, quai d’Orray.
on a réservé trois cabinets avec onze cents cases numérotées pour le dépôt des objets précieux, une salle pour les leçons à sec, et une chambre de secours, munie des appareils nécessaires pour rappeler les noyés à la vie : et je ne parle pas des pièces de service, du salon de coiffeur et du salon de pédicure.
Le fond d un des deux bassins a été dragué pour faire disparaître toutes les aspérités du sol : l’autre bassin est muni d’un fond en bois, long de trente mètres, dont la profondeur va de soixante centimètres à deux mètres. Devant le bateau-divan se trouve un escalier en spirale à deux paliers, dont le second s'élève à six mètres au-dessus de l’eau. Celte montée, d’une construction élancée, est entourée de fdets: un mât et une flamme lui donnent un aspect pittoresque. Les plongeurs donnent à cet appareil qui leur est destiné le sobriquet de perchoir. Ils ont aussi, sur le pont qui joint les deux • galeries, des gradins d’où ils peuvent prendre leur élan.
Les bains Deligny sont le prototype du genre: je me suis étendu sur leur description pour donner une idée du modèle de tous les établissements analogues. On ne trouverait ailleurs rien que des améliorations insignifiantes, et souvent moins de commodités et de confort réel. On assure que le devis des réparations faites par MM. Burgh monte à plus de trois cent mille francs.
Plusieurs établissements à quat1 sous s'élèvent aux environs des somptueuses écoles de natation auxquelles les bains Deligny servent de modèle. Ces bains, plus modestes, se sont ressentis du voisinage de leurs opulents confrères, et ont ouvert leur porte à quelques améliorations et à un certain confortable relatif. Sans doute que les nageurs peu fa-
possession de l’école de natation et entreprirent de la régénérer. A cet effet, ils achetèrent et dépecèrent les charpentes qui avaient servi aux funérailles de l’empereur Napoléon : sous leur direction, les anciens baraquements furent jetés à bas, et leeole s’éleva telle que nous la voyons.
Elle est formée par l’assemblage de plusieurs bateaux. Un bateau d'entrée contient le bureau de recette, la lingerie, le logement du gérant, et des cabinets dans sa partie supérieure. Un bateau-rotonde, placé à la tête de l’école, contient le café, sa cuisine et son divan; en aval, au bas de l’école, est un autre bateau-rotonde. Dix bateaux, rangés sur deux lignes, dans l’ordre d’un parallélogramme , achèvent l’enceinte de l’école. Ajoutons le bateau séchoir, qui sert de logement au gardien, et la I uanderie flottante. Cet ensemble est décoré' avec beaucoup de goût, de luxe, et atteste la logé: été, la fantaisie élégante, les teintes vives, les nuances variées et les découpures de l’architecture orientale. Le divan est à lui seul un kiosque délicieux, et dans lequel la lumière du jour ne pénètre qu’à travers des verres de couleur qui en adoucissent l’éclat.
Trois cent quarante cabinets régnent le long des galeries du rez-de-chaussée et du premier étage : chacun est meublé de glaces, de patères, de tapis, de chaises en frêne couvertes en canne. Il y a, en outre, six salons particuliers, loués à l’année, sept salles communes,
Vue intérieure tics bains Deligny.
vorisés de la fortune n’y trouvent ni tapis épais, ni cabinets richement meublés, ni restaurants somptueux : la planche de sapin s’y montre presque toujours dans toute sa nudité, et rien ne dissimule les filets de cordages, et les fonds grossiers qui servent à protéger les amateurs. Pourtant les pro-
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priétaires se sont décidés à établir un vestiaire où l’on dépose ses vêtements en toute sûreté, et un magasin qui loue, au plus juste prix, les caleçons, voire même les peignoirs et les serviettes. Et si l’on y consomme moins de poulets sautés, de vins étrangers, de liqueurs fines que dans l'éiablis-
Aux bureaux de l’Illustration, rue de Richelieu, 60.
sement aristocratique de Deligny et de Petit, en revanche la race des habitués s’y montre fidèle aux traditionnels déjeuners composés d’une saucisse, d’un petit pain et d’un petit verre d’eau-de-vie. Les divers bains à vingt centimes qui se succèdent entre le Pont-Royal et le pont d’Iéna voient affluer surtout
29 C. par la poste.