CHAPITRE XLV11. — LES ÉGLISES DE PARIS
ges et de chapelets doivent faire de belles recettes.
Entre les bonnes traditions qui distinguaient ces anniversaires religieux, les économistes ont signalé l’impulsion salutaire qu’ils donnaient au commerce. Les riches et les puissants auraient eu honte de revenir de la neuvaine autrement que la bourse vide. La reine Catherine de Médicis y dépensait régulièrement son épargne de janvier ; et comme on lui vantait la piété que le duc d’Alençon avait témoignée devant la châsse : « La meilleure dévotion, dit-elle, ce serait d’y laisser son argent, et le moricaud n’en rapporta oncques le moindre joyau. » N’oublions pas qu’au sortir de la cérémonie tout bon chrétien allait voir jouer quelque mystère où sainte Geneviève, après avoir rempli sur la terre son rôle de bergère, était ravie au ciel sous la ligure et dans l’appareil que Giotto prête à ses anges ; aux mains tluettes, aux pieds d’ivoire, et qu’elle s’y voyait reçue par Dieu le Père en habit d’empereur roi main , et par Dieu le Fils en tunique écarlate brodée d’or.
i Aujourd’hui même , le nombre des pèlerins, quand le temps et les chemins ne sont pas trop mauvais, est très-considérable. Les exercices de la neuvaine sont , réglés à l’avance et consignés sur une affiche qui indique les jours et les heures où tel prédicateur prêchera, où telle paroisse de la ville ou de la campagne accomplira son pèlerinage. Des sermons, des processions, des stations au tombeau de la sainte se succèdent pour ainsi dire sans interruption depuis le matin jusqu’au soir.
En effet, les paroisses des environs , où la religion ne paraît pas cependant en grand honneur, ont conservé pour sainte Geneviève une dévotion toute particulière. On a dû, afin d’éviter les encombrements, fixer un jour pour chaque canton :
les paysans viennent les uns après les autres en voiture.
Ces singuliers équipages abondent dans la cour du presbytère de Saint-Étienne, situé rue Descartes, derrière l’église. Curieux spectacle que de voir de grosses charrettes couvertes de toile, des coucous, des tapissières, de mauvaises diligences, des . omnibus, remplis, chargés de pèlerins valides ou invalides de tout sexe et de tout âge LH faut assister au débarquement pour s’en faire une idée. C'est une arche de Noé remplie d’enfants de chœur avec soutanes trop courtes, ceintures déteintes, calottes endommagées; de gros chantres à la voix rauque, à la figure enluminée ; des thuriféraires aux gants déchirés et aux mains sales. Cela mêlé de croix, de goupillons, de serpents, de hallebardes, d’encensoirs, qui se croisent, qui se heurtent, qui se disputent les I honneurs du pas! Les domestiques du curé de Saint- Étienne voient arriver toute cette cohue avec une sorte d’effroi; car, le pèlerinage fini, il faut héberger tout l’état- major des pèlerins. Durant la neuvaine tout entière, la table reste constamment ouverte ici pour les (curés et les vicaires, là pour les chantres, les enfants de chœur, les bedeaux, les suisses, tous ceux qui de près ou île loin aident aux cérémonies. Cette hospita¬
lité vraiment antique et cet empressement des fidèles feraient croire qu’on est à quatre cents lieues de Paris ou à quatre cents ans en arrière dans notre histoire.
Pour entrer dans l'église de Saint-Étienne du Mont, il fallait autrefois passer par une autre église dédiée à sainte Geneviève. L’entrée actuelle date du même temps que la grande reconstruction qui transforma totalement l’ancienne basilique des Saints-Apôtres. Bientôt même Saint-Étienne du Mont fit déserter sa voisine. L’emplacement occupé par cette dernière, et par l’abbaye que fonda Clovis, sert aujourd’hui à former la place du Panthéon, une grande partie du collège Henri IV, et enfin la nouvelle bibliothèque. Cette bibliothèque, composée des débris de celle de l’abbaye, avait été provisoirement établie dans les bâtiments de l’ancien collège Montaigu , qui vient d’être
détruit. 11 en sera de nouveau question, quand nous parlerons de la bibliothèque impériale et des autres dépôts de livres de Paris.
Par édit, daté de 1757, Louis XV ordonna la reconstruction de l’église de Sainte-Geneviève, et confia la direction de cette entreprise au célèbre architecte Soufflet; l’année suivante, le terrain fut bénit par l’abbé de Sainte-Geneviève; mais un accident imprévu retarda l’ouverture des travaux. En creusant les fondements, on découvrit un grand nombre de puits, dont quelques-uns avaient jusqu’à 26 métrés de profondeur. Ces puits comblés, les travaux marchèrent sans interruption, et l'église souterraine fut terminée en 1763. Quelques mois après, l’église supérieure s’élevant déjà à une certaine hauteur, le roi Louis XV vint solennellement poser la première pierre du dôme. Au bout de peu d’années, l’édifice
fut dégagé des échafaudages qui avaient masqué toutes les voûtes, et apparut dans toute sa majesté, excitant une admiration universelle. Malheureusement la joie dura peu : des fractures multipliées sillonnèrent les quatre piliers du dôme, et annoncèrent que le poids de cette masse menaçait d’écraser l’édifice. 11 fallut donc, et sans perdre un instant, recommencer les échafauds, multiplier les étais, et faire appel à un nouvel architecte, M. Rondelet, qui parvint à le consolider sans en altérer le caractère.
En 1791, l’Assemblée nationale ordonna que l’édifice de Soufflot serait transformé en un Panthéon qui recevrait les cendres des grands hommes, à dater de la liberté française ; et elle déféra cet honneur au célèbre Mirabeau. Un décret postérieur accorda la même distinction aux restes mortels de Jean-Jacques Rousseau et de Voltaire. M. A. Quatremère fut
chargé de la direction des travaux nécessaires pour approprier le monument à sa nouvelle destination; au lieu du fronton de Coustou, c’està-dire d’une croix entourée de rayons divergents et d’anges dans l’attitude de la prière, le sculpteur Moitte représenta la Patrie, les bras étendus, et portant des couronnes de chêne. Mirabeau fut expulsé de cet asile funèbre par décret de la Convention , qui remplaça son corps par celui de Marat.
Marat sortit peu de temps après pour être traîné dans les égouts de Paris.
L’empereur rendit au culte l’église de Sainte-Geneviève. On enleva le basrelief de Moitte, et l’on fit disparaître la belle inscrip- Avx Grands Hommes Patrie reconnaissante , qui ornait le fronton. La Restauration chargea l'illustre Gros de décorer l’intérieur de la coupole ; et cet artiste exécuta la magnifique fresque que 1 on y admire encore.
Le monument de Souftlot n’en avait pas fini avec toutes ces métamorphoses.
Une ordonnance du mois d’août 1830 réintégra les grands hommes et l’inscription : L’église redevint Panthéon , pour redevenir paroisse en 1852.
L’édifice a 100 mètres de longueur, en y comprenant le péristyle; sa largeur est de 80 mètres. Au centre s’élève un dôme de 20 mètres. La forme générale est celle d’une croix grecque. Les quatre nefs qui figurent les branches de la croix viennent se réunir à un point central sur lequel le dôme est assis. Ce dôme se compose de trois coupoles concentriques, dont la troisième forme la calotte extérieure; la première est percée à jour, de manière à laisser voir de l’intérieur les peintures qui décorent la coupole intermédiaire. La façade principale, pour laquelle ont été prodiguées toutes les richesses de l’architecture, présente d’abord un perron élevé sur onze marches, puis un porche en péristyle, imité du Panthéon d’Agrippa. On y voit six colonnes de face; elles sont au nombre de vingt-deux pour tout l’ensemble, dont dix-huit, sont isolées et les autres sont engagées. Toutes ces colonnes sont cannelées, et d’ordre corin-
thien. On admire la délicatesse des feuilles d acanthe des chapiteaux.
La hauteur du dôme, qui est très-considérable, puisque la seconde coupole est à trois cent quatrevingts pieds au-dessus du sol, paraît encore augmentée par la finesse des piliers qui le supportent, et par les lunettes évidées avec beaucoup d art dans les voûtes, de manière à donner quelque chose de la légèreté gothique à ces pleins cintres opposés les uns aux autres.
Les ornements intérieurs ont été modifiés suivant les circonstances. Il ne reste de la décoration exécutée en 1 70 1 que deux bas-reliefs situés aux extrémités du porche, et représentant, l’un le Dévouement patriotique, l’autre V Instruction publique. Ces rébus sculpturaux, dont les artistes et les législateurs de la révolution se montrèrent si prodigues, sont figurés, le premier par un jeune guerrier mourant , que soutiennent deux génies, la Gloire et la France; le second par une troupe de pères et de mères, de jeunes garçons et de jeunes filles, qui embrassent la Patrie. Il n’y a rien de plus ingénieux que ces divers sujets ; mais l’inscription explicative qui les accompagne n’est pas inutile pour les faire comprendre.
La Restauration a laissé pour souvenir l’apothéose de sainte Geneviève, peinte par Gros dans l'intérieur de la seconde coupole. Cette fresque, la plus belle peut-être qui soit au monde, se divise en quatre grands tableaux : la Fondation de la monarchie, par Clovis ; le Triomphe de Charlemagne ; le Règne de saint Louis; et, enfin, la Restauration, que personnifie l’image de Louis XVIII , porté sur un nuage entre deux anges répandant des fleurs. Le Génie de la France plane au-dessus des figures des quatre souverains.
Ap rès 1830, M. David, le sculpteur, fut chargé de faire un fronton qui remplaçât la croix rétablie à la place du bas-relief de Moitte, et M. Gérard dut compléter l’œuvre de Gros en décorant les quatre pendentifs du dôme. 11 n’a pas été indigne de son prédécesseur. Le premier tableau se compose de deux groupes : dans l’un, la Mort touche sa victime de la main gauche , tandis que de l’autre elle montre l’âme qui s’élève au ciel ; dans le second groupe, on voit une femme , un enfant et un vieillard qui paraissent effrayés. La Patrie est couverte d’un voile, et se tient debout près d’un tombeau d’où s’élève une Renommée ; un guerrier , un artisan , un jeune étudiant viennent lui offrir leurs services. La Gloire montre dans le ciel Napoléon et l’aigle qui porte sa couronne, et la Renommée à côté pleure son favori ; enfin, la Justice accueille la Vertu et repousse la Vanité , la Calomnie, l’Envie et le Mensonge. L’allégorie domine moins dans le bas-relief de M. David, quoique la figure principale soit la Patrie , couronnée d’étoiles, et distrin uant des couronnes. Aux pieds de la déesse se trouvent la Liberté, couronnant Mirabeau, Lafayette et plusieurs autres, et l’Histoire, inscrivant sur ses tablettes les noms glorieux de Hoche, Bonaparte, Lavoisier, Kléber, etc.
A droite sont les figures militaires : Bonaparte s’élance pour saisir la palme : un grenadier debout et plein d’ardeur, malgré sa fatigue, personnifie la 32e demi-brigade, si fameuse dans les guerres de la République; le tambour Jean Ridelle bat la charge, comme il faisait au plus épais de la mitraille, sur le pont d’Arcole, et, tout à fait à l’angle, quelques jeunes gens, vêtus d’un costume militaire, étudient des problèmes, tandis que l’un d’eux contemple le grenadier avec admiration.
Les illustrations civiles se partagent le côté gauche du fronton : on remarque, par groupes, Malesherbes, Mirabeau, Monge, Fénelon; puis Manuel, Carnot, Laplace ; et, en troisième rang, David le peintre, Cuvier et Lafayette. Voltaire et J. -J. Rousseau sont adossés à un autel chargé de palmes; un jeune homme mourant, Bichat, dépose sur cet autel le Traité de lu vie et de la mort.
Les curieux ne manquent jamais de visiter le Panthéon souterrain, et de s’aventurer dans les caveaux,
sous la conduite d’un guide. La principale curiosité officielle de l’endroit est une peau de bouc, tendue contre le mur, que le cicérone frappe d’une verge : le bruit retentit, et, grâce à l’écho, acquiert l’intensité et les roulements sonores d’un coup de tonnerre. On montre ensuite deux caisses de bois qui renferment les cendres de Voltaire et de Rousseau. Les guides ne manquent pas de faire remarquer le bras muni d’un flambeau, qui sort d’une porte entrouverte , figurée sur le cercueil de Rousseau, et de réciter l’épitaphe : « Ici repose l'homme de la nature et de la vérité. » Ils procèdent de la même manière pour V oltaire ; mais rarement on conduit les curieux vers la belle statue de ce grand homme, due au ciseau de Houdon. Les voûtes de la crypte sont supportées par des murs et par des piliers carrés, correspondants aux colonnes de l’édifice supérieur. Au milieu sont des colonnes également accouplées, et du même ordre. A droite et à gauche se trouvent une infinité de caveaux et de chapelles mortuaires, appartenant à de grands hommes ou à de grands dignitaires honorés de cette sépulture par décret de Napoléon : je citerai seulement le maréchal Lannes, Bougainville, Lagrange, Cabanis et Soufflot, l’architecte du monument.
La dernière métamorphose du Panthéon n’a, jusqu’à présent du moins, nullement altéré ce remarquable édifice. Pour l'approprier aux exigences du culte, on s’est borné à faire disparaître les grandes copies exécutées d’après Michel-Ange, et à contremander les tableaux que le gouvernement provisoire avait commandes ;i M. Chenavard. On a également enlevé le pendule monstre et le cercle de sable, au moyen desquels un physicien distingué démontiait dans des expériences publiques et rendait sensible à l’œil le mouvement de rotation çje la terre. Somme toute, je crois que le Panthéon n’a rien perdu à redevenir église : peut-être n'a-t-il pas une physionomie fort religieuse et fort propre à inspirer le recueillement aux fidèles ; mais enfin le culte catholique a quelque chose de vivant, de positif. Que signifient en définitive ces monuments allégoriques, Panthéons, temples de la Gloire, etc., sans aucune idée religieuse qui s’y rattache, et sans aucune utilité matérielle qui les justifie \
Pour en finir avec le douzième arrondissement, dans lequel se trouvent les deux monuments dont je viens de parler, le Panthéon et Saint Étienne du Mont, il reste à signaler, en peu de mots, trois églises : Saint- Jacques du Haut-Pas, Saint-Julien le Pauvre, et Saint- Médard. Les deux premières, situées aux extrémités opposées de ce quartier, indigent et populeux de toute antiquité, doivent leur origine à des fondations pieuses : elles étaient annexées à des hôpitaux destinés aux pèlerins et aux voyageurs dénués de ressource. Saint-Jacques fut bâti vers 1560 par la confrérie des Frères pontifes, ou faiseurs de ponts, célèbres dans tout le moyen âge : cette église n’offre rien de remarquable. Notons seulement que, pour sa construction, les carriers du voisinage offrirent gratuitement les plus belles pierres, et que les ouvriers donnèrent un jour de travail par semaine. Saint-Julien, qui sert actuellement de chapelle à l’Hôtel-Dieu, est une petite église gothique d’un excellent style : l’hôpital, dont elle dépendait jadis, existait du temps de Grégoire de Tours, qui raconte, dans son histoire, que l’hospice de Saint-Julien lui servait de résidence quand il venait à Paris. 11 faudrait parler brièvement aussi de Saint- Médard, si le souvenir du jansénisme convulsionnaire ne s’attachait au cimetière annexé à cette église. Dans ce cimetière fut inhumé, en 1727, le diacre Paris, mort victime de son zèle pour les doctrines que proscrivait la célèbre bulle Unigenitus ; tout à coup le bruit se répandit dans son parti que la tombe du martyr était le théâtre des plus étonnants miracles. De jeunes filles se dirent saisies de convulsions au contact de cette terre sacrée; des malades et des infirmes se prétendaient guéris de la même manière. Bientôt le charlatanisme s’empara de ces rumeurs, et, s’appuyant sur quelques faits étranges et inexplicables, atteignit
à des proportions extraordinaires. Tout Paris accourut vers le cimetière Saint-Médard : les filles convulsionnaires donnèrent des séances où elles se soumirent, sans souffrance apparente, à des tortures inouïes. Lç récit de tous ces faits miraculeux remplit trois volu-
cle Montgeron. Voltaire et quelques autres attaquèrent ces ridicules supercheries : voici quelques épigrammes du temps :
Un grand tombeau, sans ornement, sans art,
Est élevé non loin de Saint-Médard.
L’esprit divin, pour éclairer la France,
Sous celte tombe enferme sa puissance.
L’aveugle y court, et, d’un pas chancelant, j
Aux Quinze-Vingts retourne en tâtonnant;
Le boiteux vient, clopinant, sur la tombe,
Crie Hosanna ! saute, gigotte et tombe ; l.e sourd approche, écoute, et n’entend rien.
Tout aussitôt de pauvres gens de bien,
O'aise pâmés, vrais témoins du miracle.
Du bon Pâlis baisent le tabernacle.
Et cette autre, de la duchesse du Maine :
Un décrotteur à la royale Du talon gauche estropié.
Obtint par grâce spéciale D’clre boiteux de l’autre pied.
Un édit ayant fermé le cimetière Saint-Médard, où la cohue et le scandale allaient toujours croissant, l’épigramme suivante fut placardée sur la porte :
De par le roi, défense à Dieu De taire miracle en ce lieu !
Dieu, ou plutôt le diacre Pâris garda la défense. Les convulsionnaires furent oubliées : Cagliostro, puis Mesmer et le magnétisme ne tardèrent pas à venir rassassier les intelligences de ce merveilleux dont elles ne peuvent se passer.
Nous retombons en plein gothique , en arrivant à Saint-Severin. Celte église, perdue dans une rue des plus obscures de Paris, sans éclat et sans gloire, n’est rien moins qu’un chef-d’œuvre d’architecture et qu’un cours complet d’histoire. Je n’ai pas la prétention, dans cette revue rapide, de refaire cette histoire écrite sur la pierre, et de retracer dans tous leurs détails les perfections de cette architecture. Disons seulement que, comme plusieürs autres, l’église de Saint- Severin fait remonter sa première fondation aux Mérovingiens : qu’elle aussi a été brûlée parles Normands, et que sa construction actuelle date du quatorzième siècle. Puis, sans parler des fers de saint Martin, que les pèlerins venaient déposer à Saint- Severin avant leur départ et après leur retour pour bénir leur voyage , sans parler non plus ni des sachettes, ni de la justice particulière de l’abbé, passons au monument lui-même.
Le portail de Saint-Severin est orné de deux lions en pierre , emblèmes de la force qui accompagne la justice, et dont on recule l’origine aux temps antérieurs au christianisme. On remarque en outre cette inscription gothique :
Bonnes gens qui par cy passpz,
Priez Dieu pour les trespassez.
La statue que l’on voit dans une niche, à l’angle de la rue, est celle de saint Severin, le patron de l’église.
L’intérieur, malgré les disparates qui ont résulté des embellissements et des restaurations qu’on lui a fait subir, est encore une des plus agréables parmi les diverses églises de Paris. La distribution assez régulière de l’ensemble, l’ordonnance de l’abside éclairée par un double rang de croisées, les culs-de-lampe et les sculptures de toute espèce qu’on y trouve répandues avec profusion aux chapiteaux des colonnes, aux points de jonction et d’arrêt des nervures des voûtes, surprennent le regard et le retiennent longtemps fixé par la grâce, la bizarrerie et même le laisser-