CHAPITRE XLV1I. — LES ÉGLISES DE PARIS
deuxième frise de 2 mètres de hauteur, qui surmonte le second ordre, est décorée d’une suite de médaillons.
Pour achever de mentionner ici ce qui se fait remarquer dès l'entrée dans le monument et ce qui concourt à l’effet qu’il produit dès l’abord, nous devons
de Paul montant au ciel au milieu des malades et des enfants qu’il a sauvés et consolés. C’est par ces tableaux transparents, où l’éclat des bordures et l’harmonie des tons se réunissent au plus resplendissant effet de couleurs, que la lumière se répand dans l’é~ glise. Les tribunes sont également éclairées par huit grandes croisées, qui, comme les croisées des chapelles, sont ornées de peintures sur verre représentant de riches mosaïques transparentes composées d’attributs religieux. La couleur d’or nuancée de rouge devant dominer dans les verrières définitives, comme elles dominent dans les vitres provisoires et dans toutes les autres vitres, l’effet des rayons lumineux répandus dans l’église, est toujours et partout d’un ton doré, tel que le produirait un soleil permanent. Ce ton est nécessairement plus ou moins brillant, selon le plus ou moins de clarté du temps, mais il n’offre jamais les différences d’effet que produit la lumière passant à travers des verres blancs, laquelle, tantôt jaune, tantôt rouge, tantôt bleue,
ques chapelles des plus anciennes églises de Paris; il est moins froid que la pierre ou le marbre, et plus propre et plus monumental à coup sûr que le paillasson auquel on est obligé de recourir pour combattre le froid des dalles. Disposés avec goût, ces par-
Bénitier à Saint-Vincent de Paul,
parler de dix grandes verrières posées à la rose du grand portail, à la fenêtre du fond de l’abside ou à la chapelle delà Vierge, et le long des bas-côtés, aux huit chapelles latérales. A droite, ces verrières représentent la Résurrection, saint Denis, sainte Clotilde,
Bénitier à Saint-Vincent de Paul.
quels produisent un aussi bon effet que les plus beaux dallages.
Si nous entrons maintenant dans le détail des dispositions et des ornements qu’un premier coup d’œil n’embrasse pas, nous voyons le chœur séparé, par un
Saint Denis, vitrail de M. Maréchal.
saint Charles Borromée ; à gauche, elles figurent le baptême de Jésus-Christ, saint Martin, sainte Élisabeth et saint François de Saies; à la chapelle de la Vierge, c’est Marie tenant dans ses bras l’enfant Jésus ; au grand portail, dans un vitrail d’or, c’est saint Vincent
tantôt grise ou blanche, colore l’architecture et les peintures des édifices, selon que ces diverses nuances de couleurs prédominent dans ses rayons. Les verrières terminées et posées sont l’œuvre de MM. Maréchal et Gugnon; elles leur font le plus grand honneur.
Enfin, sur le sol de l’église, à l’exception de ce des bas-côtés, plus particulièrement destiné a la circulation, et qui est dallé en pierre, s’étendent de doubles parquets. Les parquets supérieurs sont composés de compartiments formés par des bois de différente nature. L’acajou, l’amarante et le chêne massifs y dessinentde nombreuses subdivisions, dans lesquelles se reproduisent des étoiles, des croix, des chiffres rayonnants et d’autres ornements et attributs religieux. Le parquet avait déjà été employé dans quel-
Saint Martin, vitrail tic M. Maréchal.
riche appui à jour, de la nef, dont il occupe les trois derniers entre-colonnements. Un double rang de stalles richement sculptées, et dont les dix -huit belles figures de saints et de saintes sont l’œuvre de M. Millet, les sépare des bas-côtés. Les stalles qui entourent
l’ABLEAU UE PARIS.
circulairement le sanctuaire, dans la largeur de la nef, et qui, pour les sculptures en bois,sont du même dessin et d’une même richesse que celles du chœur, offrent également, sur les panneaux extérieurs, une suite de vingt images de saints et de saintes exécutées avec beaucoup de soin par M. Derre.
Le maître-autel, élevé sur un double soubassement, présente de chaque côté trois colonnes et un pilastre surmontés d'un arc et couronnés par un fronton triangulaire. Au centre, sculptés en ronde-bosse, figurent le Christ sur la croix, la sainte Vierge et saint Jean; cet autel représente assez le Calvaire transformé en un arc de triomphe.
Le banc de l’œuvre présente dans son motif de dé¬
coration la reproduction modifiée du maître-autel. C’est encore le Calvaire sous la forme emblématique d’un arc triomphal.
C’est entre le cinquième entre-colonnement , à droite dans la nef, qu’est placée la chaire. Réduite aux justes proportions exigées par sa destination, elle est conçue comme un meuble dont l’importance, sous le rapport de la grandeur, ne doit pas nuire à l’objet principal, qui est le prédicateur, mais au contraire laisser celui-ci dominer. La principale décoration, due au ciseau vigoureux et élégant de M. Dusseigneur , se compose de deux anges debout et de cinq bas-reliefs représentant la Charité, la Foi, l’Espérance, saint Jean annonçant la venue de Jésus-
Christ, et Jésus-Christ prêchant la parole de Dieu.
Les fonts baptismaux sont placés dans la chapelle du baptême, située à droite en entrant. Leur forme est celle d’une riche coupe, ornée de coquilles, de croix et de plantes aquatiques, entourée et accompagnée. de guirlandes et de festons de fleurs et de fruits. L’inscription Quemadmodum desiderat cervus ad fontes aquarum , ita desiderat anima mea ad te, Deus, sculptée sur la circonférence de cette coupe, a motivé l’introduction des cerfs au bas du pied. Le couvercle est divisé en quatre parties ouvrantes , qui sont séparées entre elles par des consoles servant d’appui à une boule sur laquelle est placée la figure de saint Jean-Baptiste. Ces fonts baptismaux font le
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plus grand honneur à la fonderie de M. Calla , d’oii sont sorties aussi toutes les autres fontes placées dans 1 intérieur de l'église, telles que les bénitiers, les grilles, les colonnes, les candélabres, et enfin la porle principale.
Les ornements de toute l’église n’étant composés que d'attributs religieux, tels que la vigne, les gerbes de blé, les olives, les lis, les croix, les étoiles, les palmes et les guirlandes d’immortelles, de fleurs et de fruits, les tètes d’anges, les coquilles et autres symboles appartenant au culte catholique , leur emploi, en se combinant avec les grandes lignes architectoniques données par la distribution du monument et par sa forme extérieure, a imprimé à cet édifice une grande unité de style et un caractère éminemment religieux.
C’est ainsi qu’au dehors, la grandeur et la diversité des masses, la richesse des ornements des cymaises supérieures, qui se découpent en nombreuses ondulations sur le ciel, la surélévation des clochers et leur saillie sur la terrasse, comme la forte projection en avant-corps du porche, enfin la retraite de l’étage des tribunes sur celui des chapelles, ont été autant de moyens de produire des effets différents, sans qu'il soit résulte de leur variété la moindre confusion et la moindre infraction à la raison et à la convenance. Ce résultat et l'effet que produit ce monument de sembler plus grand à l’extérieur qu’il ne l’est réellement et de le paraître plus encore a l’intérieur, doivent être surtout attribués a ce que rien dans sa construction n’est caché par aucune décoration postiche. 11 n’y a, en effet, , presque partout, que l’épaisseur des murs
et celle des couvertures qui séparent les contours du dehors de ceux du dedans de l’édifice. Ce parti pris a eu aussi son heureuse influence sur les façades latérales et postérieure, qui, tout en se liant intimement à la façade principale, offrent également, quoique sous d’autres aspects, des masses et des détails non moins intéressants.
Ce monument , qui a pris rang parmi les plus importants de notre époque, a été exécuté dans son ensemble , comme dans tous ses détails, d’après les projets et sous la direction de MM. Lepère et Hittorf, architectes du gouvernement et de la ville de Paris. La mort, qui a enlevé M. Lepère à l’âge de quatrevingt-deux ans, un mois seulement avant le jour où a eu lieu l’ouverture de l’église, laissera à jamais le cruel regret que ce vénérable* artiste n’ait pu assister