CHAPITRE XLVII
LES EGLISES DE PARIS
avait été fait, et, sur ces ruines nouvelles, l’empereur ordonna l’érection d’un temple de la Gloire. Par édit daté; du camp de Posen, le *2 décembre 1806, Napo-
d’ordre ionique. La nef principale est terminée par le chœur, où sont les stalles, et par un hémicycle, où se trouve le maître-autel. Cet autel consiste en un baldaquin supporté par quatre colonnes de granit oriental , avec bases et chapiteaux en bronze doré, et surmonté d’un couronnement de sculpture dû à M. Elschoëct.
Les deux sacristies, situées à proximité du chœur, sont décorées de vitraux qui sortent de la manufactère de Sèvres.
} Les fonts baptismaux, coulés en bronze par M. Quesnel, sur les dessins de M. Lebas,
| architecte du monument, se composent d’une coupe dont le pied est orné de poissons, et dont le pourtour représente des coquilles et des têtes d’agneaux supportant des guirlandes. Le couvercle se divise en quatre compartiments, dont les milieux sont occupés par des croix dorées, se détachant sur un fond d’écailles. Elle est surmontée d’une petite statue de saint Jean- Baptiste, debout sur une plinthe autour de laquelle on lit celte inscription ; « lu ncrnine Patris, cl i'ilh, et Spirilits sancti. L’inscription, ainsi que la statue et les ornements, sont autant de symboles du baptême.
Comme on voit, il n’y a rien de bien caractéristique pour faire distinguer Notre- Dame de Lorette d’une salle de spectacle ou de tout autre endroit profane. C’est là son principal défaut, et c’est celui de la plupart des églises bâties dans nos siècles de peu de foi.
Malgré sa splendeur, ht Madeleine encourt le même reproche. Destinée à devenir le temple de la Gloire, elle n’a pu jamais se transformer qu’à moitié en église catholique, et 1 on s aperçoit toujours du plan primitif que le fondateur avait en vue. Le temple de la Gloire fut la seule réalisation à peu près complète d’un sanctuaire construit exprès pour ce culte allégorique et panthéistique qui transforma , comme nous l’avons vu , tant d’églises de Paris en temples des Grands Hommes , de la Victoire, de la Jeunesse, du Commerce , etc. A ce titre seul il mériterait une description, si la splendeur et la beauté réelle de l’église de la Madeleine ne suffisaient pas pour attirer nos regards.
ion est vraiment le fondateur delà Madeleine. Cependant, bien avant lui, vers la fin du quinzième siècle, il s’élevait, à la place du magnifique monument d’aujourd’hui, une humble chapelle, sous l’invocation de Marie- Madeleine, pour les habitants du bourg
un monument religieux construit sur le modèle du Panthéon de Rome, et destiné à faire pendant au Palais -Bourbon. La révolution détruisit ce qui
soldats de. la grande armée; 2° des tables de marbre y seront déposées, portant les noms des soldats de la grande armée; ceux des soldats morts au champ d’honneur seront gravés sur des tables d’or massif ; 3° les bas-reliefs extérieurs représenteront les généraux et les colonels de la grande armée, divisés par groupes avec leurs noms ; les statues des maréchaux orneront l'intérieur. On y déposera également les armes, les statues, les dépouilles enlevées en pays ennemi. » Les autres dispositions règlent le budget du monument, les fêtes qui doivent y être données, les conditions du concours, etc. Ce décret est c ominenté par une lettre de l’année suivante, dans laquelle l’Empereur, adoptant le plan de M. Pierre Vignon, contrairement a 1 avis de 1 Institut, parce qu'il veut un temple et non une église, ordonne qu’on n emploie pas de bois, mais seulement de la pierre et du fer, ou même des pots de terre, dans la construction de l’édifice. Le temple doit être décoré intérieurement de gradins et de sculptures en marbre; il n'y faut rien de futile, aucune espèce de meubles, pas même de rideaux, et, en un mot, aucun de ces ornements propres aux salons des fi mines de banquiers de Paris.*
Après la chute de l'Empereur, la Restauration et le gouvernement de Juillet continuèrent cette œuvre impériale, en modifiant toutefois le plan, pour faire une église au lieu d’un temple. M. Vignon étant mort, M. Huet acheva la Madeleine, en 1842.
L’extérieur de ce monument a toute la mâle sévérité, toute la noblesse des temples antiques, dont il offre une admirable copie. Il est entouré de colonnes d’ordre corinthien, de dix-neuf mètres de haut , au nombre de huit sur les faces antérieure et postérieure , et de dix-huit sur chaque face latérale : ces colonnes sont
cannelées et surmontées de chapiteaux d’une richesse remarquable. L’édifice entier forme un parallélogramme de soixante-dix-neuf mètres de long sur vingt et un mètres de large et trente de hauteur, en mesurant sous les coupoles. Dans les bascôtés des portiques et des galeries, en face des entre-colonnements,ont été taillées des niches qui renferment des statues de saints :
ces statues sont au nombre do ving.huit, quatorze pour chaque côté. La façade du midi est ornée des statues de saint Philippe et de saint Louis; celle du nord présente les images colossales des quatre évangélistes : ces statues sont pour la plupart d’uneexécutiori
Une chaise à Notre-Dame de Lorette.
delà 1 i U e-V Evêque,
\ ne intérieure de Notre-Uame de Lorette.
remarquable. ( tnar-
voisin du Paris d’alors; plus tard, mademoiselle de Montpcnsier posa la première pierre d’une nouvelle église qui fut détruite en 1763, afin’de faire place à
léon décréta : « 1° un monument dédié à la grande armée sera élevé sur la place de la Madeleine, portant sur le fronton l’inscription: Ié empereur Napoléon aux
rive sur le parvis de l’église par un grand escalier divisé en deux degrés que sépare au milieu un petit espace plan. Cet escalier est gardé uar une grille en fer. La
TABLEAU UE PABIS
frise qui règne autour de l’édifice est orné d’anges, de médaillons, de guirlandes d’un travail remarquable. La toiture est entièrement recouverte en cuivre et en fer.
Un fronton sans sculpture surmonte le portique du nord. Sur le tympan du fronton méridional sont gravés ces mots en lettres d’or :
I). O. M. sub invocatione sanclæ Magdalenæ.
Au - dessous se déroule le remarquable bas - relief de M. Lemaire, une des plus grandes pages de la statuaire moderne. On y voit le Christ debout , ayant à ses pieds la Madeleine repentante; à droite du Dieu qui pardonne se montrent l’Ange des miséricordes et l'Innocence , soutenue par la Foi et l’Espérance, que suit la Charité, accompagnée de deux pauvres enfants.
Dans le coin de
l’angle, occupé par un Ange qui fait sortir une âme juste du tombeau et lui dévoile les joies éternelles, on lit ces mots : Ecce Lies salutis! en opposition
au verset : \'x impio ! qui se trouve à l’angle opposé , sous une figure que l'Ange des ténèbres précipite dans l’abîme. Tout le reste du ct>té gauche est occupé par
A ne extérieure de la Madeleine.
les figures des Vices, que chasse l’Ange des vengeances loin de la pénitente. Ces divers sujets se distinguent par d’incontestables qualités d’expression et d’exé¬
cution, auxquelles il n’y a pas un reproche à faire.
Une porte en bronze fondu ciselé, représentant des scènes tirées des commandements de Dieu, donne accès dans l’intérieur. L’église est éclairée par des coupoles surbaissées, ouvertes dans le haut, et qu’on ne peut apercevoir du dehors ; elle renferme cinq travées qui toutes, à l’exception de la première, sont surmontées de coupoles entièrement dorées. Les revêtements des murs sont en marbre; les colonnes qui les soutiennent , les galeries des tribunes , celles des petites chapelles, sont également vêtues de marbre et d’or; elles appartiennent à l'ordre corinthien.
M.Zieglerapeint sur les murs de l’abside 1 ’Histoire du christianisme. Six grands tableaux, parmi lesquels on distingue trois sujets de la vie de Madeleine, sa conversion , sa solitude et sa mort, par MM. Couder, Abel de Pujol, et Signol , complètent la décoration intérieure. Par-
Célébration d’un service funéraire à la Madeleine.