‹ Tableau de ParisChapitre 72 sur 257 · AB · texte numérisé non relu

AB

zrrr

l.a Icdinv.

s âges sont exercés

grand soin la fatigue, une attention prolongée et une immobilité qui sont contraires à leur organisation, et qui le, deviendraient à leur santé.

On s’est très-bien trouvé de l’epellation chantée.

Vue'géncrale de la salle d’asile.

Ainsi, toute la classe chante l’alphabet en suivant les lettres èt en les chantant comme s’il était question de solfier des notes. Ainsi, sur l’air Ah ! vous dirai-je maman ? au lieu de chanter do, do, sol, sol, la, la, sol, la classe, en suivant la baguette qui lui montre les lettres, chante A, B, C, D,

E, F, G; le plus faible enfant saisit à la fois la note et la lettre, et la leçon est prise ; ou bien, sur l’air d’un accord parfait, soi, si, ré, sol, on indique chaque lettre l’une après l’autre :

je vois un A, je vois un B; et l’alphabet se trouve ainsi enseigné jusqu’à Z. L’éloquence du geste est permise dans ce mode de lecture, comme accompagnement de la voix. On peut, le bras tendu, montrer les lettres du bout des doigts, fermer le poing, battre la mesure, frapper des mains, lire vite, lire doucement, élever la voix, la baisser, le tout à commandement; l’oreille s’habitue à un certain rhythme, le corps est tenu en activité ; le mouvement des bras, celui des pieds, entretiennent la vivacité fie circulation, la plénitude de respiration , la turbulence d'action et la précision d’exécution ; dans tout cet ensemble l’enfant est entraîné, il vit, il oublie qu’il apprend à lire; et en effet la lecture n’est pas, comme

on le voit, le seul résultat de sa leçon. Lorsque ce procédé fut usité pour la première fois par les fondateurs des salles d’asile, à Paris, l’un d’eux s’avisa de

dire un jour au ministre de l’instruction publique (c’était en 1829) : « Monseigneur, nous avons le moyen d’apprendre à lire aux enfants enchantant. —

Pourquoi pas en dansant? repartit le ministre, qui croyait repousser une plaisanterie. — Vous avez raison, monseigneur, répliqua l'interlocuteur, ce serait

encore mieux; nous y penserons. » Depuis ce temps il fut mis en usage de gesticuler et de sauter en mesure, tout en chantant : Je vois un A. Cette méthode, dit le Journal des Salles d’asile, fait la joie de nos petits disciples. Nous n’assurons pas qu’elle soit la méthode sans pareille, la méthode par excellence ; nous n’afficherons pas sur les murailles qu’elle peut procurer une lecture courante en vingt leçons; mais nous affirmerons qu’elle familiarise les enfants des salles d’asile avec la connaissance des lettres, avec celles des sons, avec l’habitude de la mesure, et qu’elle réunit l’utile à l’agréable pour un Age qui a besoin de mouvement autant et plus que d’enseignement.

La mise en rang des enfants avant leur entrée dans 1 1 salle, la prière, la lecture, ont été retracés par le crayon des artistes du Tableau de Paris. Ils ont voulu donner aussi à nos lecteurs une vue générale de l’intérieur de la salle d’asile Cochin, et leur y faire voir jusqu’au lit. de camp sur lequel on étend, durant les exercices, ceux des enfants que le sommeil a gagnés.

Le jury.

Page 1