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CHAPITRE L. —SYNAGOGUES ET TEMPLES PROTESTANTS

Le Roscliachana, cérémonie religieuse du renouvellement de l’andée juive.

cées autant de petites croisées fermées par des vitraux de couleur. C’est dans ce lieu que sont renfermés les livres sacrés et les objets du culte israélite. L’entrée du tabernacle est fermée par une porte bronzée en cuivre. Cette porte est toujours recouverte d’un rideau dont la richesse varie selon les fêtes. Dans les principales cérémonies, ce rideau, d'une grande magnificence, est couvert d’éclatantes broderies d’or.

La décoration du temple est d’une extrême simplicité. Elle se compose uniquement de lignes et de teintes plates ; mais telle est l’harmonie de ces teintes et de ces lignes, qu’elle donne à l’intérieur un aspect gracieux, sans nuire au caractère austère du lieu. Les détails d’ornementation sont traités avec infiniment

porche, deux escaliers conduisant aux tribunes des hommes. La partie du porche, en contre-bas de deux marches et de plain-pied avec la nef, prend jour sur celle-ci par trois ouvertures surmontées de trois arcades qui symbolisent les trois Prophètes.

La nef, divisée dans sa longueur par six arcades de chaque côté, formant bas-côtés, et représentant par la somme des deux côtés les douze tribus, est éclairée dans sa partie supérieure par vingt-quatre vitraux. A l’extrémité de la nef se trouve le sanctuaire, dont le sol est élevé de quatre marches, et séparé par une grille en fonte dorée fermant l'entrée du sanctuaire. Dans l'axe du sanctuaire, à l mètre 50 centimètres de la grille, s’élève la théba , ou autel, sur laquelle

se fait la lecture des livres saints. Dans la partie à droite sont les stalles des deux rabbins en tête des membres du consistoire ; dans celle à gauche est placé le clavier de l’orgue surmonté de son buffet. En avant, près de la grille, sont les stalles réservées aux administrateurs du temple.

A la suite de la théba, et dans l’axe de sa partie circulaire, est l’entrée du tabernacle, en marbre blanc, élevée au-dessus du sol du sanctuaire de six grandes marches en marbre blanc, flanquée de deux piédestaux également en marbre, et supportant deux magnifiques candélabres. L'intérieur du tabernacle, de forme demi-circulaire, est décoré de colonnes supportant des arcades dans l'axe desquelles sont per¬

de goût. Les travaux de marbrerie font le plus grand honneur à M. Séguin. Les appareils d’éclairage sont disposés avec un soin particulier, et présentent des combinaisons très-heureuses pour la diffusion de la lumière. Citons encore les beaux candélabres placés à l’entrée du sanctuaire : ces deux magnifiques pièces sortent des ateliers de Denières, et ont été offerts au temple par M. le baron James de Rothschild.

La façade extérieure du temple offre un mélange piquant du style oriental et byzantin. Elle présente deux plans successifs, dont le premier sert à masquer les dépendances du temple, et manque à un certain degré de caractère. Le second, au contraire, a un style monumental et rappelle vaguement l’architec¬

ture orientale. Des refends colorés impriment à cette façade un caractère particulier. Le couronnement , terminé par les tables de la loi, est d’un effet simple et grave comme le culte qu'il rappelle. En somme, si on tient compte des difficultés inévitables que présentait la configuration du terrain, de la nécessité d’utiliser d’anciennes constructions, et des ressources bornées que l’administration consistoriale avait mises à la disposition de l’architecte, on sera étonné du merveilleux parti que M. Thierry a su tirer d’éléments aussi ingrats. Sans modèle, sans données historiques, il a dû reconstituer, par sa seule inspiration , un mode d’architecture dont on n'a plus de traces. Sa sagacité lui a suggéré que les errements de cette ar¬

chitecture devaient se trouver dans les traits primitifs du style oriental, dépouillé de cette surabondance de détails que le génie arabe a semés à profusion dans les monuments de l’Orient. C’est là une induction rationnelle, et, pour notre compte, tout nous porte à croire qu’elle est fondée.

L’année religieuse des juifs commence le 27 septembre, et i’ère juive date du commencement du monde. Leurs grandes fêtes sont :

Le jour de l'an (Iioschachana, création du monde), premier jour de Tibri, mois de septembre, dix jours avant le grand jeûne: sa durée est de deux jours;

Le grand jeûne (Kippour, fête du grand pardon, jour des expiations), qui a lieu dans le mois de

établis près de Châlons, obtinrent cette chapelle et les terrains environnants pour y établir un hôpital, où ils recevraient les malades et les pauvres passants.

La seule partie caractéristique du costume de ces religieux était un petit scapulaire ou billeite, qu’ils portaient sur leurs habits : le peuple s’habitua dès lors à les nommer frères Billettes. Il appelait de même leur communauté, le couvent où Dieu fut bouilli. Après diverses vicissitudes, le couvent et l’église des frères Billettes, rebâtie en 1754 sur les dessins d’un dominicain appelé Claude, devinrent la propriété des Carmes, qui en furent dépouillés en 1 790. La ville, ayant racheté le temple en 1808, le céda l’année suivante.

L’église de la rue Chaucbat, dont le fronton porte cette inscription : Église évangélique de la Rédemption, a été bâtie sur une partie de l’ancienne halle de déchargement .

Le temple de l’Oratoire conserve le nom et le souvenir d’une des institutions religieuses qui ont fait le plus d’honneur à la France; nous voulons parler de la congrégation des oratoriens. Cette congrégation fut fondée par M. de Bérulle, qui pensa que le moyen le plus efficace de régénérer le clergé serait de former des jeunes ecclésiastiques instruits, capables d’enseigner et de prêcher dans les collèges et dans les séminaires sous la direction des évêques. Son projet fut approuvé par Henri de Gondi, archevêque de Paris, et reçut son exécution en 1611. M. de Bérulle, assisté de cinq prêtres aussi vertueux que lui, s’établit d’abord au faubourg Saint- Jacques, là où se trouve actuellement le Val-de-Grâce, et il fonda cette congrégation, dont les membres ne furent astreints à aucun vœu. En 1616, il acheta de la duchesse de Guise l’hôtel du Bouchage, bâti par le duc de Joyeuse, et qui avait appartenu à Gabrielle d’Estrées.

U autres acquisitions augmentèrent cet emplacement, et, cinq ans après , la première pierre de l’église était posée.

Elle fut terminée en 1630.

Malgré les services rendus à l’instruction publique par cette congrégation célèbre, la révolution ne l’épargna pas ; elle employa leur église aux assemblées du district et de la section du quartier. Plus tard, par une décision de Napoléon , cette église fut affectée au culte réformé, au lieu de Saint- Louis du Louvre , qu’on lui avait d’abord cédée, et qu’il fallut démolir pour les déblais de la place du Carrousel. Les bâtiments du couvent ont été successivement occupés par la Conservation générale des hypothèques, le Conseil impérial des prises maritimes , et par plusieurs sociétés littéraires.

On y a établi aujourd’hui les bureaux de la Caisse d’amortissement, et de la Caisse des dépôts et consignations , qui vont faire place au prolongement de la rue de Rivoli.

Citons aussi le temple de Sainte-Marie, situé tout près de l’Arsenal, et qui occupe l’emplacement de l’ancien hôtel de Cossé.

septembre : cette fête dure vingt - quatre heures ;

La fête des Tabernacles (Souccoth, tente), en mémoire du passage dans le désert : le quinzième jour de Tisri (octobre), neuf jours;

La Pâque (Pessaeh), en souvenir de la sortie d’Égypte : le quinzième jour de Nissan (avril), neuf jours;

La Pentecôte (Schebouth), en l’honneur des lois données par Dieu à Moïse sur le mont feinaï, au mois de Siwan (mai), deux jours.

Il faut ajouter la fêle du Sort (Pourim), au mois d’Adar ( février ) , anniversaire de la délivrance des Israélites persécutés par Aman, et la Hanoueka, fête commémorative du rétablissement du temple après la victoire de Judas Maehabée, et aussi de la délivrance de Béthulie par Judith. Autrefois la loi religieuse ne permettait aux Juifs les divers jeux de cartes que pendant les huit jours de la Hanoueka.

Il existe à Paris environ vingt-cinq mille habitants qui appartiennent aux divers cultes dissidents de la religion luthérienne; les deux principales communions, la communion chrétienne et la communion calviniste, sont seules régulièrement organisées. Le petit nombre de chrétiens qui ne font partie ni del une ni de 1 autre ne possèdent aucun édifice officiellement ouvert à leur culte et reconnu par l’Etat : il y a cependant quelques édifices religieux particuliers, tels que la chapelle du rit Wesleyen, rue Royale-Saint-Honoré , et l’église royale épiscopale d’Angleterre, qu’on peut considérer comme une dépendance de l’hôtel de l’Ambassade anglaise. Nous ne connaissons aucune mosquée ni aucun temple ouvert aux fidèles des religions qui ne se rapportent pas à la nôtre.

Le culte luthérien possède le temple de la Rédemption évangélique, situé rue Chauchat, où est le consistoire central. Le temple des Billettes, dans les environs du marché Saint-Jean, appartient également à ce culte. Les calvinistes ont leur consistoire à l’Oratoire du Louvre, avec deux succursales, le temple de Sainte-Marie et le temple de Penternont. Ces monuments religieux, qui sont presque tous d’anciennes chapelles de couvents, méritent quelques détails historiques ou descriptifs.

L’église des Billettes fut donnée, en 1809, aux luthériens.

L’origine de cette église et de l’hôpital , aujourd’hui supprimé , dont elle faisait partie, est des plus curieuses. Le 12 avril 1290, un juif nommé Jonathas commit un sacrilège en plongeant une hostie consacrée dans un vase rempli d’eau bouillante. Le peuple , furieux, envahit la maison et se saisit du juif, qui fut condamné à être brûlé vif et exécuté. Sa propriété, ayant été confisquée, fut donnée par le roi à un bourgeois nommé Reinier Flaming, qui fit construire sur remplacement qu’elle occupait une chapelle dite Chapelle des Miracles. Plus tard , les frères hospitaliers de la Charité Notre-Dame,

Temple de la Rédemption évangélique.

'Oratoire.

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