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CHAPITRE LU. —LES CIMETIÈRES ET LES CATACOMBES

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prairial an XIII, exige que chaque inhumation ait lieu dans une fosse séparée ; il détermine et fixe à plusieurs décimètres les distances qui doivent séparer les cercueils. Il s’occupe delà dimension des fosses; il veut qu’elles soient profondes de 1 mètre 20 c. à 2 mètres, et soient, immédiatement après les funérailles, comblées de terre bien foulée ; il règle enfin qu’avant le terme de cinq ans nul bouleversement de sol ne doit avoir lieu dans les champs de repos, et par conséquent il exige que les cimetières aient au moins cinq fois l’étendue nécessaire aux inhumations d’un an.

Ce décret n’a pas été, et ne peut pas être abrogé. La loi, non moins que la morale, la religion, l’hygiène publique, est donc violée de toutes façons : par la communauté des obsèques, par le contact des cercueils, par l’exfodiation, la dispersion des restes, bien avant le terme prescrit. Triple scandale ! — Si la légalité nous tue, comme le prétendait un des grands excentriques du dernier règne, l’illégalité nous enterre. La même nous exhume ensuite, et fait de nous de la base à noir animal. Voila le lot. après une vie de labeurs, de fatigues et de privations si souvent mortelles, de la population la plus intelligente et la plus imposée de France !

A quoi tiennent pourtant et ce sacrilège et ce mépris de la loi? Quoi! le monde n’est plus assez grand pour donner, pour prêter aux habitants de Paris quelques années d'une paisible et convenable sépulture? 11 en faut bien peu à un homme pour dormir. Est-ce donc que l'empire de la mort aurait eu son Malthus comme la vie terrestre? et les funèbres profondeurs du sous-sol fossile seraient-elles menacées du même encombrement dont on s’épouvante icihaut? Rien qu’une telle excuse, rien que le manque complet de terrains propres aux sépultures pourraient justifier, atténuer du moins cette violation flagrannte de la loi écrite, comme de la loi naturelle. Mais ce palliatif, cette défaite, ne peuvent plus être invoqués. En 1850, la ville de Paris a consacré 400,000 fr. à l'agrandissement de ses trois cimetières, dont les superficies actuelles suffisent amplement pour rendre exécutable le texte de la loi qui assure à chacun une fosse particulière d 'une durée quinquennale.

Que reste-t-il donc à attendre?

Hélas! Il nous faut signaler, comme explication possible et présumable du retard , non pas seulement une dernière illégalité manifeste , mais une véritable exaction pratiquée au profit de la caisse municipale sur les familles des défunts.

La ville de Paris n’est en droit d’accorder, à titre onéreux, que des concessions 'perpétuelles. Aux termes de la loi en vigueur, elle doit une sépulture quinquennale à tout inhumé, riche ou pauvre. Ce court délai , ce temps légal forment pourtant la base de concessions dites temporaires, à raison desquelles on exige des familles une rétribution assez élevée et abusive. L’exécution littérale du décret de prairial an XII fermerait, il est vrai, pour la ville, cette source de revenus peu avouables; mais elle n’en est pas, quelles que soient ses charges, à dépendre de ce profit illégitime. Le fût-elle, il faudrait encore y renoncer, et se hâter. Il y a de l’argent qu'il n’est pas bon de toucher. Le mot de Vespasien, le grand fermier des boues et des immondices de Rome, n était. ni juste ni honnête. Cet avide César n’eût cependant jamais osé frapper d’un octroi frauduleux l’entrée du dernier asile.

Assez sur ce chapitre. Que la fosse commune, cette banale et sinistre nécropole, soit à jamais fermée, purifiée, comblée : rien ne s’y oppose; au contraire,

Le sculpteur de cimetière.

d’immortelles, les images et les statuettes votives, y fait retentir le triste concert de ses plaintes et de ses prières. Et ces plaintes, ces prières ne sont pas moins vives, pas moins sincères, quoique rien de matériel ne serve à les faire naître.

Les cultes dissidents et les israélites ont un cimetière particulier, adjacent à celui qui recèle les morts catholiques. Les tombes des israélites se distinguent par leur simplicité et leur modèle uniforme; on y voit entassés au lieu de couronnes, des cailloux et d’autres objets pris au hasard. Cette singularité tient a un usage peu connu. Lorsqu’un Israélite prie sur le tombeau d un des siens, il doit tenir dans sa main un objet quelconque, qu il dépose sur la pierre, avant de se retirer. Ainsi le nombre de ces objets indique le nombre de prières qui ont été dites.

Parmi les cimetières de la banlieue de Paris, je ne citerai que celui de Saint-Mandé, oii s’élève le tombeau d’Armand Carrel.

Le nombre des industries que la mort alimente est encore plus considérable qu’on ne l’imagine. Rien entendu, je parle sans épigramme, et je ne fais aucune allusion a la Faculté de médecine et à ses nombreux adhérents. 11 y a d’abord les conservateurs, gardiens, fossoyeurs et autres employés des cimetières; puis les marbriers, les marchands et fabricants de tombeaux, de grilles en fer, d’entourages de toute sorte, les tailleurs de pierre, tourneurs en marbre, etc., qui travaillent sons leurs ordres. Viennent ensuite les jardiniers, qui entretiennent la verdure sur les tombeaux, moyennant une rente débattue entre les familles et les marbriers. Il faut citer encore l’administration des pompes funèbres, comprenant les entrepreneurs, les employés de tous grades, porteurs de morts, cochers, etc., et enfin les agents publics qui surveillent, sous la dépendance de la police, du ministère de l’intérieur et de la commune , tout ce qui a rapport au service des inhumations et des exhumations.

Rien n’est pittoresque, par une belle journée d’été, ou par une de ces échappées de soleil qui dissipent parfois les brouillards de l’hiver, comme les avenues des cimetières, où les marbriers se disputent leur clientèle funèbre, en embellissant à l’envi leurs étalages de fleurs et de tombeaux : vous y voyez sur le second plan tous les modèles imaginables, temples renaissance, temples antiques, chapelles gothiques et autres, cippesavec ou sans urnes et sarcophages, colonnes découronnées de leurs chapiteaux ou brisées au milieu du lût , pyramides et obélisques en miniature, alternant avec le simple entourage de bois et de fer, avec la modeste table de marbre, incrustée de trois larmes noires en forme de houppes, qui attend son inscription tumulaire en lettres d or. (.a et la, sur des piédestaux, des anges de pierre ou de plâtre, les ailes déployées, des génies renversant leurs flambeaux, des femmes agenouillées, dans 1 attitude de la supplication; des Temps, avec la faux classique; puis une infinité de figurines moulées, représentant un enfant accroupi , que 1 on m a assure etre autant de réductions de la statue du duc de Reichstadt de Canova. Ces figurines sont l’ornement le moins coûteux dont on puisse faire hommage à un mort chéri ; les marchands les désignent sous le titre peu respectueux de petits singes. Tout cela est entremêlé de couronnes d’immortelles, en forme de rouleaux, disposés par tas énormes, et couvertes d’inscriptions dont les caractères sont découpés sur une feuille de papier noir; il y a aussi d’autres couronnes de buis, de cy-

tout y invite, tout y force. Nous aurions de la peine à comprendre que les hommes sensés et loyaux composant la commission municipale de Paris ne prissent pas à cœur, ne tinssent pas à honneur d’attacher leur nom à cette œuvre. Le droit à la tombe et le droit à la vie sont solidaires et sacrés. Si, à travers les vices et les incertitudes de notre milieu social, on ne peut pallier qu’inefticacement les ravages de la misère, si elle est et longtemps encore demeurera inévitable, il est du moins facile , et il est nécessaire, il est urgent de vaincre, d’abolir et d’éteindre le paupérisme dans la mort !

Les cimetières ont aussi leurs jours de solennités : la fête des Morts est celle où chaque sépulture s’anime et prend un air de fraîcheur et de nouveauté peu ordinaire. Aux approches de ce jour, les boutiques des marbriers et des marchands d’emblèmes se parent de toutes leurs fleurs , de toutes leurs guirlandes, de toutes leurs couronnes; les jardiniers, les

gardiens sont sous les armes pour recevoir les visiteurs des morts. L’afiluence qui se presse dans la paisible enceinte se compose de quelques curieux, il est vrai, mais aussi de beaucoup de parents, d’amis, de gens réellement affligés, qui ne songent qu’à porter à une tombe chérie l’hommage de leurs regrets et de leur bon souvenir. En dépit d’une ostentation trop souvent déplacée, Paris a le culte des morts en grande vénération; ce n’est pas comme en Angleterre où la dépouille d’un homme est méprisée et laissée de côté, parce qu’en mourant l’homme perd toute sa valeur. 11 n’y a rien de touchant comme l’aspect que présente, à ce funèbre anniversaire , la grande croix qui domine le centre des trois cimetières de Paris : cette croix est un hommage complexe rendu à la mémoire des défunts qu’on n’a pu retrouver dans le capharnaùm de la fosse commune, et qui ne laissent aucun souvenir autre part que dans la mémoire de leurs amis et de leurs parents. La foule se presse autour du piédestal de la croix, y entasse les couronnes

près, etc. Puis les pots de fleurs , les saules pleureurs, les plantes grimpantes, les images encadrees dans des cadres d’ébène, les modèles des diverses écritures, avec le tarif des prix; en un mot, le mélangé le plus confus de toutes les choses que vous allez revoir disséminées et mises à leur place dans Pinteneur du

champ de repos. .

Les marbriers occupent directement un certain

nombre d’ouvriers, descendants dégénérés des sculpteurs, qui taillent ou qui scient la pierre tendre et la pierre dure, au choix, pour confectionner, au plus juste prix, les tombes que demandent les familles peu aisées. Us emploient également les tourneurs en marbre pour fabriquer les urnes, les colonnettes et les divers objets de forme ronde qui doivent surmonter les sépultures. Mais , parmi leurs subordonnes , la classe la plus curieuse, c’est celle des commis. Le commis est l’individu chargé de relancer les attaires, et de mettre la famille du mort en relation avec e marbrier entrepreneur de sépultures. A eit i et, commis, de noir tout habillé, se rend de bonne heure dans l’antichambre des mairies : il épie les personnes qui sortent du bureau îles naissances et des décès, et tâche de deviner à leur physionomie s’ils viennent de faire enregistrer un événement heureux ou malheureux. Dans ce dernier cas, ils s’adressent au parent infortuné, et lui tout

sieurs classes, différenciées par le nombre et les ornements des voitures de deuil ; il y a loin du modeste corbillard du pauvre à cette longue suite de voitures surmontées de panaches , drapées de lugubres draperies , encombrées d’amis en grand deuil , avec leurs chevaux caparaçonnés de noir , avec leurs cochers couverts de crêpes et de galons, qui marche â la suite des funérailles des grands du monde. Pourtant le convoi de dernière classe n’est pas encore le degré le plus bas de l’échelle ; il faut moins de pompe encore pour inhumer les débris humains qui restent dans les hôpitaux, après avoir exercé le scalpel des étudiants en médecine, et pour porter en terre les cadavres de la Morgue, ou ceux qui se rencontrent dans les lieux isolés. Alors la cérémonie funèbre 11’existe plus, même à l’état d’intention : à peine le prêtre vient- il prononcer les prières de l’église sur ce corps; et encore le mort n’y aura-t-il aucun droit si l’on n’a pas constaté que ce corps était animé par une âme catholique, et (pie la mort n’a pas été volontaire. C’est tout simplement une mesure d’hygiène et de salubrité publique.

ne demande pas d’intelligence, les croque-morts songent fort peu à leur besogne en elle-même; ils n’estiment les cercueils et ce qu’ils contiennent qu en raison inverse du poids et en raison directe du pourboire liien ne les empêche, leur travail achevé, d’être de bons pères, de bons époux, de bons citoyens, et, en un mot, de mériter tous les éloges dont les épitaphes se montrent si prodigues; comme aussi rien ne s’oppose à ce qu’ils aillent boire non-seulement leurs bonnes aubaines, mais encore le prix (le leurs journées, chez les divers marchands (le vins qui peuplent les barrières. Le cabaret de la Mère aux Chiens, à l’avenue du cimetière Montparnasse, est le plus fameux de ce genre. C’est là que se rendait, et que se rend encore, si toutefois il n’est pas allé rejoindre ses vieux habitués, Pierre Bug-Jargal, le doyen des croquemorts, dont M. Champfleury nous a raconté la véridique histoire. Pierre Bug-Jargal, ainsi nommé à cause de son enthousiasme démesuré pour le roman de M. Victor Hugo, était enfant trouvé; après avoir reçu de la munificence de l’État une instruction supérieure celle de ses confrères, il s’était dévoué

leurs offres de service, lui glissent une

carte d’adresse, en employant toutes les circonlocutions qu’ils croient nécessaires. Pour éviter un excès facile a concevoir , l’administration a décidé que chaque commis parlerait à son tour : de la sorte, les commis des diverses maisons prennent leurs rangs et leurs numéros d’ordre dans leur salle d’attente, et les particuliers n’ont à subir que les politesses intéressées et les offres d’un seul. Cette singulière profession est assez avantageuse pour les Gaudissart funèbres , habiles dans 1 art d enjôler la pratique.

Les employés des cimetières n’offrent rien de très-caractéristique; la seule corvée des gardiens consiste à surveiller chaque tombe riche , pour prévenir les vols et les profanations; ils doivent empêcher ([ne l’on n’emporte des fleurs, et délivrer des laissez-passer aux personnes (pii emportent quelque souvenir recueilli de nuit sur le tombeau d’un proche. Us se relèvent pour exercer cette surveillance, qui doit être incessante. Les fossoyeurs et les conservateurs , indépendamment de leurs occupations habituelles, ont le soin des exhumations. D’après l’abus que nous avons signalé plus haut, les concessions que fait la ville

corps et âme à son métier, et avait fini par acquérir une certaine prépondérance sur ceux qui l’entouraient. Sa conversation était des plus curieuses; il avait la mémoire remplie de souvenirs terribles ou touchants, d’anecdotes sentimentales ou piquantes, qu'il racontait dans un style pittoresque, émaillé de métaphores et d épithètes d’une excellente couleur locale. Le chef-d’œuvre de Bug-Jargal, c’était l’hymne mental, en prose mesurée, qu il adressait aux enfants morts dont il avait transporté la biérette sous son bras ; à moins que l'on n’aime mieux son ode, espèce de danse macabre, qu’il composa sur l’air de Larijla :

« Brrr! Brrr! La froide fille ! »

Disait 1111 joyeux drille, Sentant près de ses draps Claquer ses maigres bras, etc.

Les croqu ’ morts.

peuvent être quinquennales ou perpétuelles ; or, une famille ayant un de ses membres primitivement inhumé dans la fosse commune ou dans une concession quinquennale, peut désirer de lui donner un asile plus sur : elle doit alors s’adresser au ministère de l’intérieur, qui autorise l’exhumation. Ce travail se fait ordinairement de nuit, et l’on n’admet que les employés et les membres de la famille. Une exhumation ne peut avoir lieu que dans le cas de translation du cadavre dans une autre localité, ou pour lui assurer une situation préférable à celle où il se trouve. Ainsi on exhumera un corps pourvu d’une concession de cinq ans pour le mettre dans un terrain perpétuel, jamais pour le jeter en fosse commune.

L’entreprise des pompes funèbres est une administration privée, qui doit son existence à une adjudication au rabais, et qui est tenue de se conformer aux règlements de la police. Elle se charge d’inhumer les morts, moyennant un tarif fixé à l’avance, et réglé d’après le plus ou moins d’éclat que la famille veut donner au service funèbre. Les convois sont de plu-

II nous reste à parler du croque-morts, qui doit une certaine célébrité à des caprices littéraires de quelques hommes d’esprit, caprices que nous n’avons pas a discuter ici. Quand la mode se tourna jadis à l’horrible et au dégoûtant, il est naturel que le fossoyeur et son confrère le croque-morts aient trouvé des prôneurs et des chantres de leur gloire. Ce n’était pas assez de la fameuse scène de Hamlet, il fallait encore des drames entiers, des romans, des physiologies, pour remettre à sa place le digne émule des questionnaires, des truands et des malandrins du temps passé. Béranger lui-même a chanté la fille du croque -morts, lui qui avait, longtemps avant, fredonné ce joli refrain : Je ne veux pas d’un croqu’ morts. Qu’en est-il résulté? On a fait le croque-morts et ses confrères beaucoup plus fantastiques, beaucoup plus terribles que la réalité. Je ne connais pas beaucoup de fossoyeurs capables de philosopher avec les crânes et les ossements qui se rencontrent sous leur pioche; je n’en ai guère vu qui méritent la réputation que leur a faite M. Petrus Borel, dans les Français peints par eux-mêmes. Comme tous les ouvriers employés à un travail fatigant et qui

Mais c’est là une physionomie particulière et isolée. Je ne sais pas si beaucoup des confrères de Bug-Jargal seraient en état de trouver, et même de comprendre la plupart de ses bons mots, tel que celuici, en voyant une plantation de jeunes arbres : « Bon ! voilà des cercueils qui poussent! »

Après les morts modernes et le dernier asile que leur a ménagé la prévoyance administrative et municipale, parlons aussi de l’immense nécropole où dorment les anciennes générations, ravies aux cimetières des églises et au charnier des Innocents. Entrons donc dans les catacombes.

Le sol sur lequel Paris est bâti se compose de couches superposées de nature et d’épaisseur différentes. Bien qu’elles varient un peu de distance en distance; que les brouillages, forages, criblages, selon le langage de carriers, et autres accidents causés par l’action des eaux, en interrompent partiellement les lignes, cependant l’ordre général est le même, et les grandes masses subsistent toujours dans la même distribution. Aussi ce sont elles que nous allons indiquer, telles qu’elles se trouvent sous Paris et vers la plaine de Montrouge.

A la surface existe une couche de terre végétale, de sable d’atterrissement et de terres de transport dont l’épaisseur varie de 2 à 3 mètres; au-dessous, et sur une épaisseur un peu plus faible, des marnes eoquillières très-fréquemment gypseuses; plus bas, des marnes, calcaires, spathiques, quartzeuses, gypseuses, qui ont plus de 8 mètres de profondeur, et qui reposent sur du calcaire marin (pierre à bâtir) dont l’épaisseur, beaucoup plus considérable , dépasse sou vent 10 mètres. Ce calcaire est divisé lui-même en près de 13 couches de diverses natures dénommées

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