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LES ÉCOLES

École d’état major, — Le manège. — La chambrée. — F.cole polytechnique. — Historique de l’École. — École des ponts et chaussées. — Programme des cours, — École des mines. — Règlements intérieurs. — École centrale. — Conservatoire des arts et métiers. — Les cours gratuits.— Les galeries d’exposition. — École des beaux-arts. — Description du monument. — Les peintures.

— Les grands prix. — École gratuite de dessin. — École des chartes. — École des jeunes de langues. — École des langues orientales vivantes. — Conservatoire de musique et de déclamation. — Les lauréats du Conservatoire et les professeurs. — Collège Chaptal. — Son utilité. — Institution des jeunes aveugles. — Système d’instruction des jeunes aveugles. — Institution des sourds-muets. — Séminaire de Saint-Sulpice. — Les séminaristes. — Concile provincial tenu au séminaire de Saint-Sulpice.

Entré dans le chapitre des écoles de Paris, nous commencerons par l’École d’état-major , la seule école militaire établie à Paris.

Ecole d’état nwjor. — Les guerres de la Révolution et de l’Empire, en signalant à l'un des meilleurs officiers généraux de Napoléon , le maréchal Gouvion Saint -Cyr, une lacune importante dans l’organisation de nos armées, lui donnèrent l’idée heureuse de la combler, si jamais il se trouvait à la tète des affaires. Le maréchal , homme d’une instruction profonde, s’était aperçu du peu d’intelligence qui présidait souvent au choix des officiers chargés du service des états-majors. Ces officiers étaient tirés de tous les corps de troupes; ils deman-

es

Élèves de l’École d’état-major. — Petite tenue.

liaient à y entrer, les uns parce que leurs blessures mettaient hors d’état de suivre leurs régiments , les autres parce qu’ils espéraient obtenir plus d’avancement, d’autres enfin parce que, tils ou neveux de généraux en faveur . ils étaient sûrs, en se faisant attacher à la personne de leurs parents, de parcourir rapidement la carrière; mais pour aucun d’eux on n’avait égard aux conditions d’aptitude et d’instruction indispensables pour ce service. Ceux qui possédaient les qualités nécessaires étaient admis dans les états-majors, non pas a cause de ces qualités, mais par tout autre motif. Nous ne voulons pas dire pour cela que les états-majors sous la République et l’Empire ne lussent composés que d’officiers de faveur, inhabiles à lemplii les fonctions d aide de camp ou d’officier

d’état-major, mais il résultait une foule d’inconvénients de cette manière de recruter une certaine classe de militaires qui n’étaient pas même constitués en corps. Ainsi , par exemple, ces officiers n’étaient pas façonnés la plupart du temps au genre de service qu’on leur demandait; ils n’avaient souvent aucune instruction première , encore moins spéciale. Naturellement favorisés par les généraux auprès desquels ils se trouvaient employés , ils passaient pour les privilégiés de l’armée.

Le maréchal Gouvion Saint-Cyr résolut de faire cesser ces inconvénients, et de doter l’armée française d’une pépinière d’officiers aussi instruits qu’intelligents, capables de rendre les plus grands services en temps de paix et en temps de guerre.

Il créa donc le corps spécial d’état-major, et pour le recruter fonda l’école d’application à Paris.

Ce nouveau corps était destiné, dans l’opinion de Gouvion Saint-Cyr, à fournir par la suite à nos armées des généraux capables; mais, pour cela, il fallait le soustraire aux influences du favoritisme; il y parvint en faisant adopter pour base unique de recrutement le mérite et l’instruction prouvés par des conditions d’admission uniformes et sérieuses.

L’ordonnance du (> mai 1818 parut , et constitua le corps d’état-major et son école.

Les dispositions les plus importantes de cette ordonnance sont que, seuls, les officiers du corps spécial d’état-major pourraient désormais remplir les fonctions de leurs grades dans les états-majors ou auprès des généraux comme aides de camp; que pour entrer dans ce corps il faudrait avoir suivi les cours de l’École militaire, et pendant deux ans au moins ceux de l’École d’application, avoir satisfait aux examens de sortie de l’École militaire, à ceux de passsage de deuxième en première division , et de sortie de l’école d’application , et avoir servi pendant deux ans au moins avec le titre d’aide-major dans les deux armes de l’infanterie et de la cavalerie. Différentes ordonnances vinrent modifier les dispositions de l’organisation première du corps d’étatmajor. Nous ne nous en occuperons qu’au fur et à mesure qu’elles auront trait au sujet que nous voulons traiter, l’école d’application»

L’École d’application d’état-major, créée par l'ordonnance du 6 mai 1818, est établie à Paris presque à l’extrémité de la rue de Grenelle-Saint-Germain , entre le ministère de la guerre et l’hôtel des Invalides, dans les bâtiments de l’ancien hôtel de Sens. Cette école est commandée par un officier général. Un colonel ou lieutenant-colonel commandant en second et

directeur des études , un chef d’escadron chargé de

l’équitation et avant sous ses ordres un officier de cavalerie, deux ou trois capitaines chargés des détails du service intérieur, tous du corps d’état-major, composent le personnel du commandement. Une quinzaine de professeurs ou d’adjoints, choisis après de sévères examens parmi les officiers des armes spéciales de l'armée qui se présentent au concours des places vacantes, forment le personnel du corps enseignant. Cinquante sous-lieutenants, partagés en deux divisions égales par le nombre, composent le personnel des élèves de l’école.

Pendant longtemps l'École d'application fut alimentée par deux seuls canaux, trois élèves de l’École polytechnique et les vingt-deux premiers sujets sortants de l’École de Saint-Cyr; mais, en février 1833,

du corps, donna une nouvelle base au recrutement de l’école. Les vingt-deux places données annuellement aux vingt-deux premiers élèves de l’École militaire furent mises au concours. Les trente premiers élèves de l’école spéciale furent appelés avec un nombre égal de sous-lieutenants d’infanterie et de cavalerie , âgés de moins de vingt-cinq ans, à passer des examens devant une commission créée acl hoc pour l’entrée ii l’école d’application.

Ce mode de recrutement a toujours été suivi depuis cette époque; seulement, comme les jeunes officiers de l’École spéciale militaire se sont aperçus dans ces dernières années qué ce corps d’état-major, traité si longtemps de privilégié, ne donnait guère d’autre

une ordonnance royale , en modifiant l’organisation

Élèves île I Ecole tlVtat-inajor. — Grande tenue.

privilège que celui de forcer les sujets les plus distingués de l’armée à rester dans les grades subalternes un tiers de temps de plus que leurs camarades de promotion, il en est résulté un grand refroidissement pour i* aiguillette d etat-major. Le nombre des sujets est devenu même si rare que l’on a été obligé d’étendre la mesure du concours non plus seulement aux trente premiers élèves de Saint-Cyr, mais aux promotions tout entières. Puisse cette mesure obligée, pronostic fâcheux , appeler sur la création du maréchal Gouvion Saint-Cyr une attention sérieuse, et puisset-elle surtout faire adopter enfin des améliorations capables de sauver de la décadence et de l’anéantissement un corps destiné, si l’on fait jamais une guerre importante, à rendre à la France et à l’armée les ser-

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