‹ Tableau de Paris (volume 2)Chapitre 102 sur 146 · LES PERROQUETS · texte numérisé non relu

LES PERROQUETS

réussit parfaitemenL Combien vous faut-il, dit le grave docteur de la faculté au conservateur de Tespèce canine ? Oh , monsieur, entre confrères, reprit Lyonnais, t7 ne faut rien.

!««• Perroquet*.

Après les airs de chasse que font résonner les apprentis symphonistes, il n'y a rien de plus insupportable que le perroquet qui vous crie et va répétant aux oreilles toujours la même chose. Ce goût pour les stupides répétitions pouiTait se satisfaire dans le monde sans recourir aux perroquets j que d'animaux parlant et redisant bien ce qu'ils ont entendu aux écoles de Droit, de Médecine^ de théologie et au Lycée ! Enfin, une dévote n'avait-elle pas appris à son perroquet à répéter bien distinctement, voilà le bon Dieu qui 'paske, sitôt qu'on entendait de la rue le son de la clochette : elle porta Toiseau vert chez son voisin ; l'animal bavard, parfaitement instruit et éprouvé fut placé à la porte. Le Viatique passe, et le perroquet de dire : voilà le bon Dieu qui passe ! Tout le monde s'extasie , admire, reste à genoux, et est prêt à crier au miracle. On oubliait que c'était aussi aisé à faire dire à un perroquet qu'à un enfant.

Une femme carressait un perroquet chéri d'un ministre dur. Ce perroquet était féroce : elle le savait; mais elle avait ses vues, elle se fit mordre au bras. Le ministre voyant le sang couler, s'émeut. Je voulais me faire saigner j il y a quelques jours, votre perroquet a pris ce soin; elle obtint ce qu'elle voulut.

Un homme de ma connaissance indigné de la courtesse ridicule de la queue des chevaux, avait stylé son perroquet à dire à contrevenant. Laissez la queue aux chevaux ? Je souffre comme lui, quand je vois un cheval maquignonne !

Lxxxvm.

Pctitii nëgreii*

Le singe^ dont les femmes raffolaient, admis à leurs toilettes, appelé sur leurs genoux, a été relégué dans les antichambres. La perruche, la levrette, Vépagneul, Tangora, ont obtenu tour à tour un rang auprès de Fabbé, du magistrat et de Tofficier. Mais ces êtres chéris ont tout à coup perdu de leur crédit, et les femmes ont pris de petits nègres.

Ces noirs africains n'effarouchent plus les regards d'une belle ; ils sont nés dans le sein de Tesclavage. Mais qui n'est pas esclave auprès de la beauté?

Le petit nègre n'abandonne plus sa tendre maîtresse ; brûlé par le soleil, il n'eu paraît que plus beau. Il escalade les genoux d'une femme charmante, qui le regarde avec complaisance ; il presse son sein de sa tête lanugineuse, appuie ses lèvres sur une bouche de rose, et ses mains d'ébène relèvent la blancheur d'un col éblouissant.

Un petit nègre aux dents blanches, aux lèvres épaisses» à la peau satinée, caresse mieux qu'un épagneul et qu'un angora. Aussi a-t-il obtenu la préférence : il est toujours voisin de ces charmes que sa main enfantine dévoile en folâtrant^ comme s'il était fait pour en connaître tout le prix.

Tandis que l'enfant noir vit sur les genoux des femmes passionnées pour son visage étranger, son nez applati, qu'une main douce et caressante punit ses mutineries d'un léger châtiment, bientôt effacé par les plus vives caresses, son père gémit sous les coups de fouet d'un maître impitoyable ; le père travaille péniblement ce sucre que le négrillon boit dans la même tasse avec sa riante maîtresse.

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