‹ Tableau de Paris (volume 2)Chapitre 124 sur 146 · INDÉCENCES DANS LES ÉGLISES · texte numérisé non relu

INDÉCENCES DANS LES ÉGLISES

et ténébreuses de la chicane, seraient à découvert devant la franchise et la loyauté des juges. Le règne de Thonneur reparaîtrait, on serait soumis à d'augustes loi!^, et le lâche serait celui qui esquiverait ou voudrait infirmer les sentences émanées d*un pareil tribunal.

Le doyen des maréchaux de France porte^ par distinction des autres, au côté droit de ses armes^ une épée nue^ et au côté gauche un bâton d'azur semé de fleurs de lis d'or, soutenu et porté par deux mains droites.

Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu et de Fronsac, pair de France, est aujourd'hui doyen des maréchaux de France. Il a pris au bas de ses armes le titre de connétable. C'est chez lui que se tient le tnbuual, et que la compagnie de la connétablie y fait un service des plus assidus. Il est né le 13 mars 1696; et son nom, ses services, son caractère, sa fortune, sa renommée, Pinfluence de son esprit et son âge, lui donnent rang parmi ces hommes peu communs qui piquent la curiosité de leur siècle, et dont le portrait ressemblant ne manquera pas d'être ti*ansmis à la postérité, à qui seule il appartient de les juger en dernier ressort.

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11 aiTive aux bons paysans ou au plus bas peuple de chanter la messe ou les vêpres ; sans l'avoir jamais appris autrement que de l'entendre perpétuellement de la bouche des prêtres; mais comme ces mots latins n'ont point de signification pour les chanteurs ils crient à tue-tête, et c'est ainsi qu'ils se dédommagent de l'ennui de n'y rien comprendre.

On ne rencontre pas dans no^ temples cette décence qui caractérise les églises réformées, soit que la trop grande fréquence des actes religieux affaiblisse infailliblement le respect qui leur

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est dû, soit qu'il en coûte aux Parisiens de conserver un maintien tranquille et respectueux, de sorte que le corps n'ait que les mouvements indispensables, et que Tesprit paraisse détaché des pensées du monde. Une pareille situation devient un état violent pour les Parisiens, et il est nécessaire qu'elle ne soit pas de longue durée. Les caractères dominants de la jeunesse parisienne sont la vivacité et l'impatience ; l'œil est distrait, on regarde les allants et les venants; les loueurs de chaises tourmentent les fidèles, tendant la main, remuant de la monnaie. On traverse les églises comme si c'étaient des places publiques; il n'y a point d'irrévérence proprement dite, mais on marche tête levée ; le maintien n'a pas le rçspect qu'on doit au temple où la créature adore le créateur.

On vient saisir quelques phrases d'un sermon, puis Ton quitte en secouant la tête, comme s'il s'agissait d'un paradeur qu'on écoute un moment et qu'on abandonne.

Les sermons, il est vrai, ne devraient pas durer plus d^une demi-heure. Si l'on y prend garde, l'attention ne peut guère aller au-delà de ce terme. Un sermon court et bien plein sur le devoir de chaque état, aurait plus de force que ces longs discours; la vraie mesure d'un sermon ne doit guère passer l'étendue de vingt à vingt cinq minutes, ou trente au plus. Le grand calme trop continu des objets, la monotonie de la voix qui se fait entendre, l'attention qui suspend les fonctions des sens, les langueurs du recueillement, causent ces accidents vaporeux, communs aux marguiilicrs assis dans l'œuvre, et si contraires à l'édification publique.

Si l'orateur sacré était assez prudent pour n'assembler ses auditeurs qu'à des heures fort éloignées des repas, il ne verrait pas quelquefois les personnes même les plus pieuses succomber sous le travail et les effets de la digestion; il ne les entendrait pas répondre aux phrases tournantes de Torateur par un ronflement propre à scandaliser, quelque involontaire qu'il soit.

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