NOUVELLISTES
ilcxioDS,el les expériences chimiques, fournissent à Tcntrctien.
L'accommodage des hommes est redevenu très-simple; on ne porte plus des cheveux en escalade. Ces hauts toupets, si justement ridiculisés, ont disparu.
Les femmes, même les bourgeoises, ne disent plus qu'elles sont laides à faille peur ; qu'il n'y a rien de plus pitoyable que la manière dont elles sont ajustées : tous ces propos ne sont plus de mode, et nous en avertissons charitablement les dames provinciales qui les emploient encore.
La dame qui ne voulait jouer qu'avec des cartes parfumées^ qui exigeait que ses femmes fussent à la bergamote^ n'offrirait aujourd'hui qu'une fantaisie bizarre et particulière. . L'esprit est toujours commun ; mais le bon sens est encore plus rare. On prend à la volée les connaissances dont on se pare; on raisonne à perte d^ vue, mais Ton se donne rarement la peine d'approfondir.
Le plus difiicile pour un homme de lettres, aujourd'hui, n'est pas de parler d'érudition avec les savants, de guerre avec les militaires, de chiens et de chevaux avec les seigneurs ; mais de riens avec plusieurs femmes^ qui ne veulent plus parler, à Toiemple des élégants.
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Ud gi'oupe de nouvellistes dissertant sur les intérêts politiques de l'Europe forment sous les ombrages du Luxembourg un tableau curieux. Us arrangent les royaumes, règlent les finances des potentats, font voler les armées du nord au midi.
Chacun affirme la nouvelle qu'il brûle de divulguer, lorsque le deiDier venu dément d'une manière brusque tout ce qu'on a débité; et le vainqueur du matin se trouve battu à plate couture à sept heures du soir ; mais le lendemain, au réveil des non-
Yellisles, le conteur de la vejUe restitue à son héros une pleine victoire. Tous les jeux sanglants de la guerre deviennent un objet d'amusement pour cette vieillesse oisive et imbécile, et servent à leurs entretiens.
Ce qui a droit d'étonner un esprit sensé, c'est l'ignorance honteuse où sont plongés tous ces faiseurs de nouvelles, tant sur le caractère que les forces et la situation politique de la nation anglaise.
On ne raisonne pas mieux, il faut Tavouer, dans les salons dorés.Les Français en général traitent l'Anglais, quand il n'est pas présent, avec un ton de supériorité, un ton hautain, un ton de mépris, qui fait déplorer l'aveuglement des détracteurs : rien ne prouve mieux qu'aucun peuple n'est plus soumis aux préjugés nationaux que le Parisien. 11 croit comme article de foi tout ce que lui dit la Gazette de France; et quoique cette gazette mente impudemment à l'Europe par ses éternelles omissions, le bourgeois de Paris ne croit aucune autre gazette^ et il soutiendra toujours qu'il ne tient qu'à la France de subjuguer l'Angleterre : il affirmera que si l'on ne fait pas une des* cente à Londres, c'est qu'on ne le veut pas, et que nous pouvons interdire à cette nation la navigation, même sur la Tamise. Il faut écouter toutes ces impertinences qui se trouvent dans la bouche des hommes les moins faits pour les prononcer. On les entend raisonner assez juste sur d'autres objets; mais quand il est question de l'Angleterre, ils semblent n'avoir ni jugement, ni connaissances, ni lecture. Ils n'ont pas la moindre idée de la constitution de cette république, et ils en parlent à peu près comme un feuilliste, qui ne sait pas un mot d'anglais, parle de Shakespeare. Ces assertions gratuites ne méritent que la risée des hommes instruits; cependant les premiers de la nation, les gens de lettres eux mêmes, sont peuple à cet égard.
Un bourgeois de la rue des Cordeliers écoutait assidûment un abbé, giand ennemi des Anglais. Cet abbé l'enchantait par ses récits véhéments ; il avait toujours à la bouche cette for-