LES J'AI VU. ET LES JE N'AI POINT VU
Ou tua dans la première un exempt ; dans la seconde, on vola les pains chez les boulangers, et Ton pendit fort mal à propos deux hommes (les première venus), lorsque tout était tranquille el calme. Cruauté froide et inutile! Le récit des causes apparlient à l'histoire. ^
J'ai vu enfin le même roi, qui avait été adoré, ne pas faire couler de larmes à sa mort. Était-ce là le même peuple qui s'était montré enthousiaste de son monarque , qui avait fait retentir les voûtes des temples de sanglots et de gémissements pour obtenir sa guérison, lorsqu'il était malade à Metz? Qu'avait-il fait pour mériter ces premiers transports? Qu'avait-il fait pour exciter des sentiments absolument contraires? Qu'était-il donc, cet homme tour à tour adoré et vu avec indifférence? Ce qu'il était? Voici ma réponse.
On peut peindre une nation, un peuple, un corps, une assemblée; on peut faire le tableau des divers intérêts qui agitent les royaumes; on peut deviner les ressorts de la politique de l'Europe : ces touches hardies, élevées, grandes, majestueuses, sont à notre disposition, et l'on peut rencontrer juste. Mais qui a des instruments assez ôus, l'œil assez pénétrant, pour approfondir le cœur d'un homme, le décomposer et le déûnir?
J'ai vu le caractère du roi dont je parle, analysé, retourné pendant plus dç trente années, et n'être pas encore saisi. Quel homme cependant dont la vie fût plus publique ?
Je ne dirai pas tout ce que j'ai vu : on doute souvent de la vérité de l'histoire, lorsqu'elle nous parle de certains désordres dans les gouvernements. Ces faits incroyables passent pour exagères ou fabuleux. Il faut attendre que plusieurs autorités viennent à l'appui de Thistorien , pour qu'il ose peindre ce qui a clé. Je ne hasarderai donc point ici une peinture qui passerait pour chimérique. Je n'ai point vu Domitien assemblant les sénateurs pour savoir à quelle sauce il mettrait un prodigieux turbot : mais il n'a pas autant surpris le sénat que nous Tima-
ginons. Nous avons vu des choses aussi extraordinaires sans y faire beaucoup d'attention, etc., etc., etc.
Mais j'entends soutenii-, d'un côté, que la France possède assez de numéraire pour toutes ses opérations; et j'entends soutenir de l'autre, que le numéraire manque à la France pour mettre ses finances au niveau de celles d'Angleterre ; que la France a moins de finances que les autres États ; qu'un Hollandais est cinq fois plus riche qu'un Français ; et que tant que nous n'aurons pSiS des billets publics circulants^ nous n'aurons pas les avantages dont nous devrions jouir.
Enfin j'entends vanter la politique des États, qui ont joint des finances ailificielles aux réelles. Le mouvement augmenterait, et l'on saurait par la banque, ajoute-t-on, quel est le fonds de l'espèce qui se trouve dans l'État : connaissance qui nous manque, et qui serait utile au gouvernement, puisqu'il connaîtrait ses facultés et ses ressources.
Voilà les questions que Ton agite vivement au moment que j'écris. Qu'en résultera-t-il, puisque l'opinion publique est une loi commencée? Je l'ignore. Établira-t-on une Banque royale à la suite de tous ces emprunts, et à cause même de ces emprunts^ comme en Angleterre ? Mais l'État en Angleterre est solidaire : tous les citoyens de France se rendraient-ils ou pourraient-ils se rendre solidaires de même? Tout ce que je sais, c'est qu'il y a loin de ces graves disputes à celles qui partageaient la ville, 1 y a cent ans, sur le mérite de deux sonnets*
Amour ûu merTelUens*
Un homme à Londres annonce publiquement que tel jour, à telle heure, à la vue de tout un peuple, on le verra s'enfermer dans une bouteille. Qui fit courir tout le monde à cette ridicule affiche, et payer chèrement les .places? On ne peut accuser les