CONFESSIONNAL
comparaison de celte femme âgée qui fait contre-poids. Pourquoi donc la confession de la jeune fille est-elle plus longue? Pourquoi !... Qui Tentend? qui Tinterroge? qui se sent assez deforcc, de dignité et de prudence pour ne pas craindre son cœur en scrutant celui d'une jeune personne qui s'agenouille, les yeux baissés, les mains jointes, qui attend son arrêt, et qui ne peut pas pleurer les péchés qu'acné a commis ou fait commettre? Voyez-la sortir du confessionnal : elle est muette^ interdite, pensive : elle fuit vos regards avec une modestie profonde ; mais le remords n'est pas peint sur cette physionomie douce : la rougeur couvre ses joues ; mais celte rougeur, on ne la prendra point pour de la honte.
Quand M. de la Lande lut à FAcadémie des sciences un mémoire sur les comètes, et qu'on crut qu'il admettait la possibilité d'un globe venant heurter notre planète et la réduisant en poudre , comme une comète traversait alors notre tourbillon^ le bruit de la fin du monde se répandit dans tout Paris et plus loin encore; car il pénétra jusque dans les montagnes de la Suisse. L'alarme fut universelle; et Tastronome^ sans y penser, fit plus avec ses rêveries que tous les prédicateurs ensemble. On se précipita dans les églises avec tremblement et frayeur. On vit les confessionnaux des paroisses environnés d'une foule de personnes qui voulaient se munir d'ime absolution; c'était à qui entrerait dans le sacré tribunal. Le grand pénitencier de Notre-Dame, à qui seul est remis le droit d'entendre les cas réserves, fut plus assailli que les autres; autour de sa chapelle erraient des fîgures telles qu'on n'en avait jamais vues, des physionomies pâles et mélancoliques, des hommes qui semblaient sortir du sein des forêts ; leur confession était comme empreinte sur leurs fronts; la crainte elle repentir commencé n'en pouvaient adoucir encore la férocité. Le jour marqué pour le désastre universel fut écoulé sans que la terre eût été choquée : alors tous ces visages effrayants et effrayés disparurent; la foule devint plus rare autour des confessionnaux ; les mains
qui ne pouyaient suiïïre à marquer du signe de la réconciliation tant de têtes tremblantes ou coupables rentrèrent dans une oisiveté absolue.
De eertalnefl ffemmefl»
Si les femmes attaquaient, que deviendrions-nous devant leurs charmes^ devant leur audace passionnée et leurs amoureux transports ? La nature leur a donné la pudeur, qui est une suite du défaut de forces qui leur ont été sagement refusées. Aujourd'hui certaines femmes, par désœuvrement, par curiosité et surtout par ambition, ne s'interdisent point Tattaque : mais le système de la nature n'est pas rompu pour cela ; les hommes ont le droit de refuser, ou en sont quittes pour une passade.
Ce petit chapitre ne sera point entendu dans les pays fortunés où règne encore l'innocence : ailleurs il ne le sera que trop. Je n'ai donc p^s besoin de l'achever. C'est bien à regret que ma plume touche à ces turpides; mais je peins Paris.
Pille* pabllqiiefl*
Elles se donnent après tout pour ce qu'elles sont; elles ont un vice de moins, l'hypocrisie : elles ne peuvent causer les ravages qu'une femme libertine et prude occasionne souvent sous les fausse apparences de la modestie et de l'amour. Malheureuses victimes de l'indigence ou de l'abandon de leurs parents, rarement déterminées par un tempérament fougueux^ elles ne s'offensent ni de l'outrage ni du mépris ; elles sont avilies à leurs propres yeux; et ne pouvant plus régner par les grâces de la pudeur, elles se jettent du côté opposé^ elles étalent l'audace de l'infamie.