ENFANTS DEVANT LEUR PÈRE
Ce cordon déchu leur sert de bandoulière. Ainsi les marques de dignité périssent ou retournent à leur véritable emploi.
Mais sortons des boulevards, où une foule de travailleurs Tient, comme Ta dit un poète :
De cette belle route i grands coups de musne, Eo cailloux incrustés parqueter retendue.
LVni.
Enfante devant leur père.
Rien n'étonne plus un étranger que la manière leste et peu respectueuse avec laquelle un fils parle ici à son père. Il le plaisante^ le raille, se permet des propos indécents sur Tâge de Tauteur de ses jours^ et le père a; la molle complaisance d'en rire le premier : la grand'mère applaudit aux prétendues gen* tillesses de son petit- ûls.
On ne saurait distinguer le père de famille dans son propre logis : on le cherche ; il est dans un coin, causant avec le plus humble et le plus modeste de la société. S'il ouvre la bouche, son gendre le contredit, ses enfants lui disent qu'il radote, et le bonhomme qui aurait envie quelquefois de se fâcher, ne l'ose pas devant sa femme : elle semble approuver les impertinences de ses enfants.
Un père appelle son fils monsieur^ ne le tutoie point ; et le petit bourgeois a Timbécillité d'imiter en ce point le grand seigneur.
Ce singulier et déplorable abus vient de la coutume de Paris. Elle a ôté aux hommes ce que le droit Romain leur attribuait : les femmes en vertu de la loi deviennent presque maîtresses. La source de tout le mal, si Ton y prend garde, est donc dans nos lois civiles , et dans notre coutume qui accorde trop aux femmes.
Qu'un homme se marie, qu'il perde son épouse, le voilà ruiné : les enfants viendront demander le bien de leur mère, poursuivront leur père en justice, le réduiront à la mendicité : les lois consacreront les indignes poursuites des enfants, et personne ne trouvera extraordinaire ce mépris de Fautorité paternelle. Comment a-t-on pu annuler à ce point le pouvoir du chef de la famille ?
Souvent donc la vie d'un bourgeois se passe à être tyrannisé par sa femme, dédaigné par ses filles^ bafoué par son flls, dé* sobéi par ses domestiques : nul dans sa maison, il est un mo« dèle de patience stoique ou d'insensibilité.
be lA lani^e da monde*
La langue du monde est la langue des compliments ; mais on y oublie celle qui exprime quelque sentiment. Les mots y sont bien, on les prodigue même ; mais ils n'ont point de sens. On parle enfin comme on s'habille, avec un certain luxe agi^éahle, mais vide et superflu.
Les indifférents sMpuisent tellement en protestations, en assurances de services, que l*ami se trouve réduit à ne dire qu'un mot, pour n'être pas confondu avec eux.
Le monde pdlit plus qu'il n'instruit. 11 ne faut point être dans son tourbillon, pour bien le connaître et surtout pour l'apprécier. Voulez-vous être spectateur? placez-vous à une certaine distance. C'est ainsi que pour bien voir la marche d^un régiment, il né faut point porter lé fusil, mais être sur la iighe ou il déQle.
Dans le monde il n'y a que deux classes d'hommes. Les uns songent à leurs affaires, et les autres à leurs plaisirs : les uns se tuent à travailler, les autres à jouir.
Les gens du monde, quand ils voient qu'ils ne peuvent avoir