‹ Tableau de Paris (volume 2)Chapitre 82 sur 146 · CÉRÉMONIAL · texte numérisé non relu

CÉRÉMONIAL

Un aumônier du roi leur apporte, tous les ans^ une Semaine sainte, et un aumônier dé la reine une autre.

Les princesses ont chez la reine le même service que les princes chez le roi.

Les princes servent aussi la reine, à Texceplion delà chemise.

On les traite d'altesse sérenissime en leur écrivant, les ducs comme les autres.

Ils passent devant les grands et les ducs en les reconduisant.

Dans les actes^ ils prennent la qualité de très-haiU, très-puiS' sont et très-excellent prince, pourvu que le roi ou M. le dauphin n*y stipulent point. Dans ce cas, ils ne sont plus excellents ; ils ne prennent que la qualité de très-haut et très-puissant jprince.

Ils épousent par procuration une princesse étrangère, destinée à être reine ou dauphine.

Ils ont le cordon bleu à Tâge de quinze ans.

Leurs fiançailles se font dans le cabinet du roi.

On les annonce chez la reine.

Les honneurs particuliers qu'on rend aux princes du sang, sont : qu'au sermon le prédicateur leur adresse la parole ; qu'ils ont un tapis de pied et un prie-Dieu où personne ne se met avec eux ; qu'on leur porte la patène et TËvangile à baiser.

Au parlement, ils ont entrée et voix délibérative à Tâge de quinze ans.

Us passent au travers du parquet.

Le président, dans ce qu'on appelle les séances de conseil, en prenant les avis, leur fait une profonde inclination, le bonnet à la main, sans les nommer.

La préséance des princes du sang sur tous les autres pairs, tant au parlement qu'à la cour, est annexée au droit du sang.

Que d'observations à faire sur le cérémonial ! La gravité du sujet m'a gagné malgré moi, et je n'ai pu rassembler que quelques traits épars, laissant aux amateurs le soin de s'enfoncer dans ces curieux détails.

Ce protocole, imité et répandu chez les gens de qualité^ leur a servi de barrière pour éloigner une multitude d'importuns ; et un triste conseiller d'État a autant de formules dans son salon qu'il en règne k la cour.

L'étiquette, dira un prince^ est une chose puérile et dont je ris tout le premier; mais c'est le seul rempart qui me sépare des autres hommes. Otez-laje ne suis plus qu'un gentilhomme. L'opinion fait tout ; les hommes rivent de formes, sont plongés dans les formes; chaque état a les siennes : mais la hase de Topinion repose sur les fondements les plus légers^ et il faut traiter arec les hommes comme avec des enfants que Textérieur frappe.

C'est outrer le raisonnement, comme on a outré l'étiquette. Sans doute, il faut connaître le lever et le coucher du soleil : les rois ont leurs occupations; ils ne peuvent être visibles à toutes les heures. 11 est bon qu'on soit instruit de celles où il est permis de les approcher^ et de la manière de parvenir au pied du trône. Mais devait-on en abuser, au point de charger d'étiquette toutes les minutes de l'année, quand on pouvait n^asservir à ce ridicule esclavage qu'une certaine quantité de joui*s de l'année ?

Henry III est l'auteur du cérémonial, tel à peu près qu'il s'exécute aujourd'hui. Il fit un règlement pour ceux qui devaient entrer dans sa chambre et dans son cabinet, et à quelles heures. Il prescrivit un ordre pour le service de sa bouche. Quant aux cuisiniers, marmitonSi ils datent du siècle de Loiusle-Grand.

Lxvn.

Mme heore* da Jow*

Les difiTérentes heures du jour offrent tour à tour, au milieu d'un tourbillon bruyant et rapide, la tranquillité et le mouve-

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