‹ Tableau de ParisChapitre 135 sur 154 · FAUX CHEVEUX I · texte numérisé non relu

FAUX CHEVEUX I

yeux deviennent rouges et animés : qu'importe ! on étale

l'édifice dont on est idolâtre. J\\ t

Indépendamment des faux cheveux, il entre dans cette coiffure un coussin énorme, gonflé de crin, une forêt d'épingles longues de sept à huit pouces, et dont les pointes aiguës reposent sur la peau. Une quantité de poudre et de Q\ pommade, qui admettent dans leur composition des arom^îesT^eTqui contractent bientôt de l'âcreté, irritent les L^^j^S^ nerfs. La transpiration insensible de la tête est arrêtée, et elle ne saurait l'être dans cette partie du corps, sans le plus grand danger.

Si un fardeau venait à tomber sur cette belle tête, elle risquerait d'être criblée et percée par tous ces dards d'acier dont elle est hérissée, (K q^

Pendant le sommeil, on comprime encore et la fausse s^ Uo chevelure, et les épingles, et ces substances étrangères et~HaJ colorantes, à l'aide d'un triple bandeau. La tête ainsi empaquetée acquiert un triple volume, et s'enflamme sur l'oreiller. ^

Les maux d'yeux, la maladie pcdiculaire, l'inflammation du cuir chevelu, naissent de cette complaisance outrée , y) , pour une coiffure bizarre. On ne la quitte point pendant ^ les heures du repos ; et le coussinet, base essentiel] e de\ l'édifice, n'est quelquefois changé que lorsque la toile est j détruite (l'oserai-je dire !) par la crasse infecte qui séjourne y r sous ce brillant diadème. u

La plupart des femmes ne se donnent pas le temps d'enlever tout le superflu de la tête, parce que les heures du plaisir sont précieuses, et que la journée entière est consacrée à la table, au jeu et à la danse. On ne peut plus se coucher qu'à deux ou trois heures après minuit, et il faut recommencer le lendemain la même vie.

La santé se dérange ; on abrège ses jours ; on perd le peu de cheveux qu'on avait ; on est affligé de fluxions, de douleurs de dents, de maux d'oreilles, d'érysipèles ; tandis que la villageoise, lapaysanne, qui se tient la tête propre et nette, qui ne se~sert"qûe de Imgërbtanc eTT5ïelï les'stveT' quTusëTd'une pommade sans aromates et d'une pou

sans odeur, ne ressent aucune de ces incommodités, conserve ses cheveux jusque dans sa vieillesse, et les étale aux yeux de ses arrière-petits-enfants, lorsque l'âge les a blanchis pour les rendre plus vénérables encore.

Au reste, l'art du perruquier dans l'emploi de ces cheveux artificiels, est parvenu au plus haut point de perfection, et la perruque ou le tour imite aujurd'hui le naturel à s'y méprendre de près comme de loin.

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