‹ Tableau de ParisChapitre 136 sur 154 · FILLES PUBLIQUES · texte numérisé non relu

FILLES PUBLIQUES

T lles se donnent après tout pour ce qu'elles sont; elles *^ ont un vice de moins, l'hypocrisie : elles ne peuvent cau- *. ser les ravages qu'une femme libertine et prude occasionne souvent sous les fausses apparences de la modestie et de l'amour. Malheureuses victimes de l'indigence ou de l'abandon de leurs parents, rarement déterminées par un tempérament fougueux, elles ne s'offensent ni de l'outrage ni du mépris ; elles sont avilies à leurs propres yeux; et ne pouvant plus régner par les grâces de la pudeur, elles se jettent du côté opposé, et elles étalent l'audace de l'infamie.

Mais il y a encore des degrés dans cet abîme de corruption ; l'une se livre tout à la fois aux plaisirs et à l'argent ; l'autre est une brute qui n'a plus de sexe, et qui ne sent pas même la dérision qu'elle inspire.

Nous n'offenserons pas ici les oreilles chastes, ni les yeux de l'innocence, en leur présentant les scènes de la débauche et de la crapule ; nous tairons les fantaisies du libertinage, les saillies et les fougues de cent cinquante mille célibataires voués à trente mille prostituées. Elles vont à ce nombre.

Un peintre qui a du génie, M. Rétif de la Bretonne (1) en

(1) Romancier extraordinairement fécond, étrange et pervers, Auteur de Monsieur Nicolas ou le cœur humain dévoilé. (\ 734-1806.)

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