COURTISANES
ON appelle de ce nom celles qui, toujours couvertes de diamants, mettent leurs faveurs à la plus haute enchère sans avoir quelquefois plus de beauté que l'indigente qui se vend à bas prix. Mais le caprice, le sort, le manège, un peu d'art ou d'esprit mettent une énorme distance entre des femmes qui n'ont que le même but.
Depuis Faîtière Laïs qui vole à Long-Champs dans un /k^ brillant équipage (que sans sa présence licencieuse on attribuerait à une jeune duchesse), jusqu'à la t -accrocheuse qui se morfond le soir au coin d'une borne, quelle hiérarchie dans le même métier ! Que de distinctions, de nuances, de noms divers, et ce pour exprimer néanmoins une seule et même chose ! Cent mille livres par an, ou une pièce d'argent ou de monnaie pour un quart d'heure, causent ces dénominations qui ne marquent que les échelles du vice ou de la profonde indigence.
On peut placer les courtisanes entre les femmes décemment entretenues et les filles publiques. Un auteur les a très-bien définies. « On les prendrait, dit-il, pour Jes^ « femelles des courtisans; elles ont effectivement tous les «""mêmes vices, emploient lesTnïêmes ruses et les mêmes
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« moyens, font un métier aussi désagréable, ont autant de
« fatigues, sont aussi insatiables ; en un mot, leur ressem-
« blent beaucoup plus que les femelles de certaines espèces
« ne ressemblent à leurs mâles. »