‹ Tableau de ParisChapitre 32 sur 154 · BAGNEUX · texte numérisé non relu

BAGNEUX

CE joli village, où je me promène quelquefois, me rappelle, malgré moi, ce Cardinal de Richelieu, ce visir mitre, qui sacrifia tout à son ambition ; mais qui, au dire de bien des gens, soutint la France ; cette France qui, quinze ans avant son ministère, touchait au moment de faire la loi à l'Europe; cette France qui renfermait Hans son sein un Sully qu'il n'employa pas.

Ce n'est pas une histoire con trouvée que le cabinet des oubliettes. Le caractère du Cardinal, la tradition, nombre d'hommes qui disparurent, tout atteste une foule d'exécutions secrètes et sanglantes.

Rueil faisait le pendant de Bagneux ; le ministre y attirait, par des caresses et par des marques d'amitié, ceux qu'il voulait immoler à sa cruelle politique ; puis il les faisait passer par un petit appartement, au milieu duquel était une bascule, que la main du prélat faisait jouer ellemême. L'on tombait alors dans un puits de cent pieds de profondeur; et l'on a trouvé, il y a cinquante ans, l'ouverture de ce puits abominable; dans le fond on a reconnu les ossements de plusieurs cadavres, avec les débris de leurs vêtements, montres, bijoux, argent. Quand on rapproche ce cabinet des oubliettes des scènes qui se sont passées à Rueil, et que l'histoire elle-même confirme, on ne peut révoquer en doute que le Cardinal n'ait disposé de la vie des citoyens en despote sanguinaire.

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