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LA SAINTE-CHAPELLE

Voyons la Sainte- Chapelle, fondée par saint Louis, pour remplacer l'oratoire de Louis le Gros.

Nicolas Boileau-Despréaux, placé si mal à propos au rang de nos grands hommes, y est enterré précisément sous le lutrin qu'il a chanté.

De grands vitraux, qui ont plus de six cents ans, et qui ont été vus par la reine Blanche, amante d'un beau cardinal, font un très-bel effet, et rappellent le siècle des Croisades. Les idées singulières qui régnaient alors, reviennent en foule à notre mémoire.

Dans ce même siècle, l'empereur Baudouin ayant besoin d'argent, engagea avec un regret infini les reliques de sa chapelle ; et le dévot Louis, roi de France, dans la joie de son âme, crut faire une excellente acquisition, en payant deux millions huit cents mille livres de notre monnaie, un morceau de la vraie croix, le fer de la lance dont le côté adorable de Jésus-Christ fut percé, une partie de l'éponge qui servit à lui donner du vinaigre, et un fragment de la pierre du Saint-Sépulcre, etc. Puis il retira, pour une somme à peu près pareille, la couronne d'épines, qui était en gage chez les Vénitiens. Rien n'égala son ivresse extatique, quand il put rassembler dans une châsse ces précieuses conquêtes.

La nuit du 10 mai 1575, une main sacrilège déroba le morceau de la vraie croix : quelle désolation ! On mit des gardes aux portes ; on fouilla tout le monde ; on fit une procession générale pour demander au ciel le recouvrement de la relique; on ne retrouva point les voleurs nile vol : on publia que la reine-mère, avide d'argent, avait vendu cette relique aux Italiens, qui cependant en revendaient alors à toute l'Europe.

Pour consoler la douleur publique, on puisa dans le coffre un second morceau de la vraie croix, mais hélas ! bien

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