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SUR MERCIER

L'âne (Mercier) chargé de balais, pelles, plumeaux, soufflets,

(articles de Paris), pousse devant lui La Brouette du Vinaigrier

et donne des ruades à la Religion et aux Classiques.

tait son talent : « Il existe, écrivit-il, une requête de Mercier qui serait son meilleur ouvrage, s'il l'avait fait, où il plaide devant le roi Louis XV contre les comédiens e£ les gentilhommes de la chambre. On trouve dans ce morceau une érudition bien appliquée et bien entendue, une diction pure, une discussion nette, une bonne logique, un ton de sagesse et de modération, tout va au fait sans écart et sans verbiage ; les vérités y ont de la force sans emphase ; en un mot, il y a là ce qu'il n'y eut jamais nulle part. Aussi n'en aurait-il pas écrit une page. C'était l'ouvrage d'un avocat fort estimable, mais qui pourtant était loin d'être au premier rang. »

On s'explique la fureur de Mercier contre le Quintilien français, qui avait remporté la plupart des prix de poésie

et d'éloquence. Il se vengea, dans cette même préface de Néologie, far ces phrases virulentes : « Qu'ai-je de commun avec le pédagogue La Harpe, ce fakir littéraire, qui a passé sa vie à regarder les cirons au bout de son nez ? Ce petit juge effronté des nations, qui ignore la langue de Milton et de Shakespeare et qui ne sait pas même la sienne ? » Ceci ne convainquit pas le public et n'empêcha pas la sympathie générale de défendre La Harpe au détriment de fauteur du Tableau de Paris.

C'est à cette époque que Rivarol, dont les écrits demeurent bien au-dessous de sa réputation d'homme d'esprit, écrivait : « Ma vie est un drame si ennuyeux que je soutiens toujours que c'est Mercier qui l'a fait. »

Mais Mercier devait avoir des compensations aux attaques dont il était l'objet. La Révolution, pour son contentement secret, réalisait ses prophéties ; les grands, qu'il avait si bien flagellés, n'étaient plus que des victimes et cette Cour de Versailles, sur laquelle il écrivit de si cinglantes pages, avait troqué sa morgue toute puissante contre l'effroi et les larmes. Rentré à Paris durant les émeutes, on lui confia la direction des Annales Politiques et, plus tard, la Convention le reçut comme député de Seine-et-Oise. Son rôle, dans cette Assemblée fut digne bien qu'un peu effacé. Sans qu'on pût l'accuser d'avoir montré, dans son passé, aucune indulgence pour le caractère trop faible de Louis XVI, il osa ne pas suivre ses confrères dans leurs accusations lors du procès du roi. La sévérité des juges lui devenait parfois odieuse et il prenait en pitié cette triste épave royale, ce fils de saint Louis, victime des fautes d'une dynastie trop orgueilleus&iet tropipuissante. La Terreur continuant son œuvre de sang et de carnage il osa encore parler contre les plus fanatiques et réfuter leurs doctrines, présentées alors

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