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ANCIENS RACOLEURS

êtes d'une riche taille ; et je ne doute point qu'il ne vous prenne à son service, pourvu que vous soyez docile à ses ordres.

Tout étant bien disposé, l'on s'achemine gaiement à la ville ; on entre dans un hôtel, où un soldat, sous la robede-chambre d'un seigneur suzerain, accueille le prosélyte d'un air dédaigneux et presque menaçant : il s'adoucit ensuite ; et lorsque les humbles propositions du rustre tremblant sont acceptées, il lui fait signer un enrôlement militaire, au lieu d'un engagement domestique.

Le gouvernement a détruit ce brigandage. Quelques racoleurs ont été punis du carcan ; mais quelques autres, qui s'étaient distingués par leur habileté dans le métier, ont été élevés au grade d'officier dans différents régiments qu'ils n'ont jamais vus, quoiqu'ils en portent Y uniforme.

Le quai de la Ferraille est encore le champ de Mars où les successeurs de ces habiles se promènent, avec de hautes plumes sur la tête ; mais toute violence leur est interdite, ainsi que les ruses trop prononcées.

Et c'était ainsi qu'on recrutait les armées du roi de France, il y. a trente ans.

Le racoleur, ancien et moderne, à l'exemple du bas peuple, appelle crachat, la plaque du Saint-Esprit que portent les chevaliers de l'ordre. Le bas peuple ne sait pas cependant que le roi de Maroc crache sur ses favoris, et que c'est à qui attrapera cette faveur.

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